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Ibn Badis: La culture au service de la décolonisation

Posted by chams on 31 December 2007

 

Nombreux sont ceux qui ont lutté contre la colonisation, la plupart d’entre eux ont axé leurs luttes dans les champs politique, syndical et militaire. Un champ a été souvent négligé par de nombreux militants : « la décolonisation culturelle ».Abd Al Hamid Ibn Badis fut le leader de cette lutte dans le contexte algérien. Nous allons au cours de cet article présenter les aspects les plus importants de la vie de ce personnage tout en montrant l’efficacité de son approche « se cultiver pour se libérer »

La crise culturelle algérienne après la colonisation :

Au début du 19ème siècle, l’Algérie était parmi les états les plus civilisés de l’empire ottoman, le taux d’analphabétisme était plus bas qu’en France. Ceci était acquis grâce aux mosquées et aux écoles coraniques qui jouaient un rôle culturel et éducatif très important.

Lorsque la France a mis les pieds en Algérie et devant les difficultés militaires que trouvaient ses forces pour envahir le pays, les dirigeants français étaient conscients que la colonisation culturelle pourrait faciliter la tache aux militaires.

C’est pour cela qu’elle s’est attaquée en premier lieu aux écoles coraniques et aux centres éducatifs, de nombreux d’entre eux ont été fermés, et l’enseignement de la langue arabe a été prohibé, seules les écoles francophones étaient autorisées à diffuser le savoir.

En conséquence, le taux d’alphabétisme a chuté rapidement pour atteindre les trois pour cent à la fin du 19ème siècle et le maraboutisme s’est répandu de façon très significative.

Naissance et éducation

Ibn Badis est né à Constantine en 1889. Il a reçu un enseignement traditionnel, et a éprouvé depuis son enfance une passion pour le savoir.

A l’age de 19 ans, il se rendit à Tunis pour poursuivre ses études dans l’école prestigieuse de la Zitouna, là il fut diplômé après quatre ans d’études.

De retour en Algérie, il commença à donner des cours à la mosquée de Constantine, mais de nombreux obstacles l’ont empêché de continuer. En effet, les responsables de culte de la ville de Constantine étaient jaloux et mettaient les bâtons dans les roues afin que ses cours ne se passent pas dans des meilleures conditions.

En 1917, il se rendit à la Mecque pour faire le pèlerinage et il décida de ne plus revenir chez lui car l’acquisition et la diffusion de savoir et beaucoup plus aisée à la Mecque qu’en Algérie.

Mais quatre ans plus tard, il décida de revenir chez lui afin de contribuer à la libération de son pays. Il rencontra juste avant de rentrer Al Béchir Al Ibrahimi et les deux hommes se sont mis d’accord sur une stratégie de libération de l’Algérie.

Ibn Badis l’éducateur

De retour en Algérie, Ibn Badis se consacra à la diffusion du savoir. Il donnait des cours tout au long de la journée ; cela va des sciences éducatives telles: la littérature, l’histoire, la géographie aux disciplines civiques et religieuses. Son action pédagogique ciblait aussi bien la jeunesse, garçons et filles, que les adultes.

Son but au départ était de former un corps enseignant pouvant l’aider à diffuser le savoir dans toute l’Algérie.

Une fois ce corps enseignant prêt, il passa à la deuxième étape de sa stratégie : la création des écoles.

Ibn Badis créa en 1926 la première école primaire arabophone en Algérie. En 1930, il créa l’association de l’éducation et de l’enseignement islamique qui avait pour but de diffuser les connaissances et l’éthique islamique dans la société Algérienne. L’association a fait un travail énorme de formation des jeunes algériens. En 1930, le nombre d’écoles faisant partie de l’association a atteint les 70 écoles et le nombre d’étudiants a atteint les 30000 étudiants.

Ibn Badis le journaliste

Ibn Badis créa en 1925 un journal intitulé « al muntakid » -Le Censeur-, qui avait pour but de montrer les aspects négatifs de la société Algérienne afin de les remédier. Il s’est attaqué dans pas mal d’articles au maraboutisme qu’il considéra en contradiction avec les valeurs musulmanes authentiques.

Il n’a pas hésité dans certains articles de critiquer la politique colonialiste française et d’appeler les algériens à s’unifier contre la colonisation. A cause de cela, le journal a été censuré en 1926.

Il créa un autre journal « achihab » -Le Météore-. Dans ce journal, Ibn Badis a évité de parler de politique, mais mettait en avant ses idées réformistes afin de libérer les algériens des idées mortes qu’ils ont reçus et de rectifier leurs fois. A travers son journal, il a entrepris une vigoureuse défense de la langue arabe et de la liberté du culte.

Ibn Badis : Le réformateur religieux

Ibn Badis a subi l’influence du mouvement salafi réformiste musulman prônant le retour à un Islam purifié de toutes les déformations qui l’ont dénaturé. Ce mouvement a trouvé son inspiration dans la pensée de Jamal Eddine Al Afghani, Mohamed Abdou et Mohamed Iqbal.

Il appelait au retour aux sources de l’islam, tout en évitant le traditionalisme, ceci sans rompre avec les réalités et les défis de son époque.

Cette influence s’est concrétisée par la réforme de la pratique religieuse en Algérie en combattant les pratiques obscurantistes d’un certain nombre de confréries soufis.

Grâce à son talent d’orateur, à son action journalistique, à sa pédagogie, à son esprit d’ouverture et à son contact permanent avec toutes les classes du peuple algérien, Ibn Badis avait plus de succès que ses prédécesseurs : ses idées réformatrices se sont propagées rapidement dans les milieux populaires et le maraboutisme a pratiquement disparu dans les villes vers la fin des années trente.

Ibn Badis et la libération de l’Algérie

Bien qu’oeuvrant loin du champ politique, la contribution d’Ibn Badis à la libération de l’Algérie était très importante.

En luttant pour sauvegarder la personnalité algérienne et éliminer les déformations maraboutiques qui défiguraient l’islam et en faisaient un instrument au service de la domination coloniale, il forma une génération d’hommes bien attachés à leur culture, à leur religion et à leur patrie, conscients des défis de leur époque. Cette génération constitua le noyau dur de la révolution algérienne qui s’est déclenchée cinq ans après son décès.

Paroles d’Ibn Badis:

La nation algérienne n’est pas la France, ne peut pas être la France et ne veut pas être la France.” (Echihab – Avril 1936)

Le peuple musulman, imprégné de principes démocratiques islamiques, ne peut suivre une doctrine qui ne préconise l’évolution humaine que par l’hégémonie d’une race sur les autres. Les principes islamiques sont basés sur l’égalité de tous les êtres humains.” (Déclaration faite le 3 avril 1937 au journal “La Lutte sociale”,organe du Parti communiste algérien).

L’indépendance est un droit naturel pour chaque peuple de la terre. Plusieurs nations qui nous étaient inférieures du point de vue de la puissance, de la science, de la force potentielle et de la civilisation ont recouvré leur indépendance. Nous ne sommes pas des devins et ne prétendons pas – à l’image de ceux qui déclarent que l’ Algérie demeurera éternellement ce qu’elle est – partager avec Dieu la connaissance de l’avenir, De même que l’Algérie a changé à travers l’histoire, de même il est possible qu’elle continue à se transformer.” (Echihab – Juin 1936).

L’islam a libéré l’intelligence de toutes croyances fondées sur l’autorité. Il lui a rendu sa complète souveraineté dans laquelle elle doit tout régler, par son jugement et sa sagesse“.

“(…) Et nous aimons l’humanité que nous considérons comme un tout et nous aimons notre patrie comme une partie de ce tout. Et nous aimons ceux qui aiment l’humanité et sont à son service et nous détestons ceux qui la détestent et lui portent tort.” (El Mountaquid – juillet 1925)

 

Référence: Site officiel d’Ibn badis http://www.binbadis.net

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