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Le monde à l’émergement de l’Islam

Posted by youfes on 31 December 2007

Dans la perspective de mettre en exergue le plus apporté par la civilisation arabomusulmane à l’Humanité, il était d’une évidence de commencer par faire une étude préliminaire des conditions dans laquelle étaient les différentes sociétés vivant ou non sous la tutelle d’un empire à l’apparition de l’Islam notamment au 6ème et 7ème siècle. Ce diagnostic s’avère très vite indispensable si on veut faire une appréciation objective de l’apport de notre civilisation au monde.

Sans vouloir être excessif, on peut dire que le monde à cet épisode de l’histoire de l’Humanité, vivant le déclin de la civilisation gréco-latine était un monde qui souffrait les affres de la mort. En effet les empires alors gouvernant le monde à savoir Romain, Byzantin et Perse étaient frappés, ce dernier néanmoins à un degré moindre, par les signes de déliquescence les plus sombres.

A Rome, c’est à cause de quelques Basileus ignorants stimulés par le fanatisme religieux que non seulement l’empire fut précipité dans un gouffre infini mais ont de plus constitué un véritable danger pour le trésor du savoir de l’antiquité qui a frôlé l’extinction. En effet, c’est par l’Édit du 28 février 380, dit l’Édit de Thessalonique que les empereurs Théodose Ier, pour l’Empire d’Orient et Gratien, pour l’Empire d’Occident, tous deux catholiques, élèvent le christianisme au rang de seule religion officielle et obligatoire. Les suites de l’Édit sont catastrophiques pour les tenants de l’ancienne religion romaine et pour la culture gréco-romaine. Les rôles sont drastiquement renversés: ce sont maintenant les païens et leurs oeuvres qui sont interdits, traqués, exterminés. Toutes les oeuvres et manifestations jugées païennes sont progressivement interdites, et en 415, une émeute fomentée par des moines cénobites, à Alexandrie, et tacitement encouragée par l’évêque Cyrille avec l’agréation de Théodose II (408-450) alors empereur romain d’Orient à Constantinople, aboutit au lynchage d’Hypatie, mathématicienne et responsable de la fameuse Bibliothèque d’Alexandrie. Selon Socrate le Scolastique, son corps mis en pièces est porté au sommet du Cinâron pour y être brûlé, tandis que les émeutiers se dirigent vers la Bibliothèque pour l’incendier. Il est à noter qu’il existe une autre hypothèse qui impute la destruction de la bibliothèque au calife Omar (que Dieu l’agrée) qui aurait donné en 642 l’ordre de détruire la bibliothèque à son chef militaire ‘Amr Ibn al-‘As qui n’aurait d’ailleurs obéi à ses ordres qu’à contrecœur, aidant secrètement les bibliothécaires pour qu’au moins les textes d’Aristote puissent être sauvés. Mais à présent, plusieurs données archéologiques récentes ont permis d’infirmer de manière sérieuse cette calomnieuse légende car on sait maintenant que la bibliothèque n’existait plus depuis déjà un certain temps lorsque la conquête arabomusulmane a commencé. Ce fanatisme marié à une corruption qui telle une épidémie s’est répandue parmi la classe politique dirigeante, accabla les populations et souilla la société par d’innombrables vices.

Byzance, quant à elle ne vivait pas une meilleure situation puisque avec la montée en puissance du fanatisme religieux plusieurs problèmes surgirent, la religion elle-même ne sut en échapper : c’était en effet à cette époque qu’un conflit éclata à Byzance au sujet de la nature du Christ et que fut soutenue une rude polémique sur les attributs de cette nature. En outre, l’acharnement sur l’héritage de la civilisation grecque continu. C’est ainsi que Zénon, empereur Byzantin (430-491), décida en 489 de fermer la fameuse Ecole d’Edesse d’oû depuis le IIème siècle la langue syriaque et les connaissances grecques rayonnaient sur l’orient. Justinien, empereur byzantin (527-565), à son tour clôture en 529 la non moins célèbre Ecole Platonicienne d’Athènes ainsi que les Ecoles d’Alexandrie.

La situation à cette époque dans l’empire Sassanide était un peu moins sombre. Sous le règne de Khosrow I Anushirvan (531-579), appelé Chosroès par les Grecs, des réformes mettent en place un nouveau système d’impôts, qui fut plus tard repris par les Arabes. L’empire s’étend sur l’Arabie méridionale, permettant le contrôle du commerce entre Byzance et l’Extrême-Orient (Inde, Chine). Les victoires qui mettent fin à la domination des Hephtalites, entraînent également une expansion importante vers l’est, jusqu’à l’Oxus. Ce même empereur réalise de grands travaux publics, comme des canaux d’irrigation, ou la fondation à Jund-i Shapur d’une école médicale fondée sur les théories grecques. C’est également sous son règne que sont accueillis à la cour les moines nestoriens d’Edesse et de Nisibie ainsi que les philosophes d’Athènes et d’Alexandrie persécutés par l’Eglise et les autorités byzantines. Sous la protection des Sassanides, ces savants continuèrent à traduire des ouvrages scientifiques et philosophiques. Et c’est grâce à leurs travaux, que les Arabes lors des conquêtes arabomusulmanes de la Perse et de Syrie retrouvèrent une partie importante du patrimoine grec. Néanmoins, à cause de la décomposition des principes, de la disparité des castes et la propagation des doctrines bancales, cette nation n’a pu éviter la dégradation. Entre le symbolisme de Zoroastre qui a posé les bases de la religion mage et le nihilisme de Manès qui a interdit le mariage pour accélérer l’extinction de l’espèce humaine, en passant par l’existentialisme de Mazdak qui considère que les hommes doivent mettre en commun leurs biens et partager leurs femmes, nous entrevoyons une situation sociale putride et un système politique maladif sur la base desquels aucune autorité ne pourrait persister. Une nation émiettée et une anarchie qui ne s’achèvera qu’avec les conquêtes arabomusulmanes.

Ainsi Byzance, appelée à perpétuer la tradition d’Athènes et de Rome, avait failli à sa mission. Non seulement elle n’avait pas su garder les trésors de la culture dont elle était la dépositaire, mais s’était rendue coupable de la destruction d’un grand nombre d’ouvrages scientifiques et de monuments artistiques de l’antiquité. Cet héritage de la connaissance humaine qui n’a pu être sauvé, préservé et enrichi que grâce à l’intervention des conquêtes arabomusulmanes comme nous le verrons dans de prochains articles.

Un prochain article sera également dédié à la situation de la péninsule arabe à l’aube de l’Islam. Ce cas mis à part étant donné qu’une étude plus approfondie serait plus judicieuse.

Références :

  • « Défense du dogme et de la loi de l’Islam contre les atteintes des orientalistes », traduction du livre de Sheikh Muhammad Al-Ghazâlî, Difâ` `an Al-`Aqîdah Wash-Sharî`ah didd Matâ`in Al-Mustashriqîn, éditions Nahdat Misr, deuxième édition, janvier 1997.
  • « Apport des musulmans à la civilisation », livre de Haidar Bammate, éditions Tawhid, Lyon, 1998.

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