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Archive for the ‘Culture’ Category

Un mode de vie

Posted by Chedly on 13 January 2008

Souvent on trouve dans les CV une rubrique “hobbies” où on indique nos passe-temps, et il existe sans doute une panoplie de réponses possibles, mais certains répondent: “la lecture”. Et là, je m’étonne! Est-ce possible pour un musulman de dire: mon passe-temps est de manger ou de boire de l’eau?! Non, parce que ce sont des nécessités, et non pas des passe-temps. De même, je pense que la lecture est une nécessité pour tout être humain. Nous ne devons pas se contenter de lire un livre ou deux, et de le faire un jour par semaine ou quelques mois par an… Mais nous devons considérer la lecture comme un “mode de vie”: pas un jour qui passe sans lire quelque chose. Et je vise ici la lecture utile bénéfique et pas n’importe quelle lecture (on peut bien sur préférer un sujet par rapport à un autre).

Si on regarde la biographie du Prophète, paix et salutation sur lui, on trouve une attention particulière à la lecture. Par exemple, je vous invite à réfléchir sur la première révélation: “Lis!”. La révélation aurait pu commencer par n’importe quel autre mot, mais ce coran révélé sur 23 ans a commencé par le mot: “Lis!”. Bien que le Prophète, paix et salutation sur lui, était illettré, bien qu’il a des milliers de vertus et de qualités avec lesquelles le Coran aurait pu commencer, mais la révélation lui a dressé un ordre clair et direct qui englobe un mode de vie de la Nation de l’Islam: “Lis!”.

Etant donné que le Prophète, paix et salutation sur lui, était illettré, il a répondu: “je ne sais pas lire”, en pensant que cette réponse est suffisante, mais l’archange Gabriel a répété deux fois le même mot avant de lui dire Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé(1) qui a créé l’homme d’une adhérence(2) Lis! Ton Seigneur est le Très Noble(3) qui a enseigné par la plume [le calame](4) a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas.(5)“.

Cette histoire entre le Prophète, paix et salutation sur lui, et l’archange Gabriel s’est passée avant que ce dernier explique qu’il est un ange, que le Prophète, paix et salutation sur lui, est le messager de Dieu, que ces paroles sont le Coran, et que c’est le début d’une nouvelle religion: l’Islam… Ceci ne constitue-t-il pas un message fort à la nation de l’islam?! Est-il concevable que les premiers mots du Coran parlent d’un passe-temps que certains apprécient et d’autres n’aiment pas? Le Coran contient plus de soixante dix-sept mille mots et des milliers de commandes: prière, aumône, pèlerinage… et parmi tout ceci, le premier mot était: “Lis!”. Et ce n’est pas que le premier mot, mais les cinq premiers versets parlent de la lecture. On peut alors se demander: Pourquoi est-ce que nous lisons?

Dieu l’a expliqué dans ces premiers versets: nous lisons pour apprendre. Toutefois, Dieu n’a pas commencé le Coran par: “apprentissage”, mais par: “la lecture”. Sans doute il y a de nombreux moyens d’apprentissage, comme l’audition et la vision… Mais la lecture reste le moyen le plus important.

Dieu tout-puissant nous définit, dans ces cinq premiers versets, deux principes importants:

“Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé”: il faut lire au nom de Dieu, donc on ne lit pas ce qui fâche Dieu mais on lit pour apporter du profit à la terre et aux êtres humains.

– Jamais la lecture ne doit nous faire oublier la modestie, mais rappelons nous toujours que c’est Dieu qui nous a permis de lire: “Lis! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume [le calame]” et que c’est lui qui a “enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas”. Jamais nous ne devons oublier que quel que soit le haut degré de connaissance que nous pouvons atteindre, c’est Dieu Tout-Puissant qui nous l’a appris. Le Tout-Puissant dit: “Et craignez Dieu. Alors Dieu vous enseigne” et il dit : Et on ne vous a donné que peu de connaissance”. Ce principe est lié à un autre défini par Dieu. Il s’agit bien entendu de l’intention «enniya». En effet, le Prophète, paix et salutation sur lui, dit dans un hadith: “من طلب العلم ليماري به السفهاء، أو ليباهي به العلماء، أو ليصرف وجوه الناس إليه، فهو في النار. Chacun d’entre nous a donc intérêt à penser à l’intention avant de commencer chaque lecture.

En passant en revu la biographie du Prophète, paix et salutation sur lui, un événement étrange attire notre attention, compte tenu de l’époque et de la situation. Il s’agit du moment où le Prophète, paix et salutation sur lui, Mohamed a demandé aux prisonniers de la bataille de Badr, en contre partie de leur libération, d’apprendre à dix musulmans à lire et à écrire! C’est une demande très étrange: Si on regarde les musulmans à l’époque de Badr, nous les trouvons en manque d’argent, ayant besoin de garder leurs prisonniers pour les échanger contre les prisonniers musulmans… mais le Prophète, paix et salutation sur lui, paix et salutation sur lui, savait que la lecture, l’écriture et l’apprentissage sont des pré-requis pour toute nation qui veut le développement, le progrès et la prospérité…

On voyait aussi que les compagnons avaient un estime particulier pour ceux d’entre eux qui savent lire et l’exemple en est Zaid ben Thabet. Ce jeune compagnon (de treize ans !!) qui a occupé une place si convoité. Regardons ensemble, Zaid Ben Thabet, parmi le grand nombre de compagnons, était devenu en permanence avec le Prophète, paix et salutation sur lui, paix et salutation sur lui, parce qu’il maîtrise la lecture et l’écriture. Il est devenu même un de ceux qui écrivent la révélation (le Coran), un rédacteur des lettres du Prophète, paix et salutation sur lui, et un traducteur de la langue syriaque et de l’hébreu.

Nous connaissons tous Abou Hourayra, qui était le compagnon qui mémorise le plus les paroles du Prophète, paix et salutation sur lui. Mais malgré cette prestigieuse distinction, il considère que Abdullah Ben Amr Bin Al Aas est mieux que lui. Pourquoi? Il dit: “je suis celui qui raconte le plus les citations du Prophète, paix et salutation sur lui, sauf Abdullah Ben Amr, il sait écrire et je ne le sais pas”

Ces attitudes – et d’autres – ont mis l’amour de la lecture dans les cœurs des musulmans. Les bibliothèques de l’histoire islamique ont été pendant des siècles les plus grandes bibliothèques du monde: les bibliothèques de Bagdad, Cordoue, Séville, Grenade, le Caire, Damas, Tripoli, Jérusalem… Une très longue histoire de la culture, de la civilisation et de la science…

Telle est l’importance de la lecture dans l’équilibre islamique. Et telle est l’importance de la lecture dans l’histoire des musulmans.

Avec toute cette histoire et toute cette importance, toutefois, la Nation de l’islam, malheureusement, souffre aujourd’hui d’un taux élevé d’analphabétisme! Les derniers chiffres (du 7-1-2008: source) parlent de 100 millions analphabètes, d’un taux de 29,7% qui atteint 46,5% chez les femmes!! Ce chiffre concerne l’analphabétisme clair, mais ce n’est pas le seul analphabétisme dont souffre notre nation. Un autre analphabétisme est le manque d’organisation de nos lectures, l’ignorance dans des domaines indispensables. Un analphabétisme qui existe parmi des gens qui savent très bien lire et écrire, et qui pourraient même avoir terminé leurs études universitaires, mais qui ne sont pas au courant de beaucoup d’importantes choses dans ce monde où nous vivons.

Certains ont un analphabétisme religieux. On peut trouver un professeur d’université, un médecin ou un avocat qui ne connait pas les fondements de sa religion, qui ne sait pas comment faire les ablutions, comment prier… Il se produit également pour les femmes qui doivent apprendre les commandements à suivre pendant la période des règles, chose importante et de laquelle dépend leur prière et leur jeûne. Ceci se produit avec la prière, le jeune… les piliers de l’Islam! Que dire alors des autres points !!

D’autres ont un analphabétisme politique; ils ne savent pas ce qui se passe autour d’eux, ni comment les choses évoluent. Ils ne savent pas ce qui se passe en Palestine ou en Iraq, ni ce qui se passe en Amérique ou en Europe… Ils ne savent même pas ce qui se passe dans le pays où ils vivent !!

Il y a des gens qui ont un alphabétisme lié à la loi, ils ne savent pas quels sont leurs droits et quels sont leurs devoirs…

Et on pourra énumérer toutes les sciences possibles. Beaucoup sont ceux qui aujourd’hui ne lisent pas ce qui leur assure une vie saine, ne parlons pas du savoir, des lectures spécialisées, de la culture générale …

La clé de la création de cette nation est le mot: “Lis !”. Il ne peut y avoir une nation sans lecture … et c’est pour ça que ça a été dit: “Nous ne craignons pas telle nation, car c’est une nation qui ne lit pas”.

Nous voyons donc que beaucoup de personnes passant du temps à la lecture, ne savent pas choisir leurs lectures. Nous ne sommes pas contre le divertissement mais contre l’abus de divertissement. La question qui se pose: qu’est ce qu’on retient après des heures de ce genre de lecture ? La lecture est d’une grande importance, mais l’objet des lectures est aussi important.

Donc, nous avons des problèmes majeurs:

La première: que certaines personnes n’ont pas l’habitude de lire, s’ennuient rapidement, et à chaque fois où ils commencent à lire, leur motivation disparait rapidement. Ils ont donc besoin de méthodes qui leur aident à lire.

Le deuxième problème: c’est que certaines personnes effectivement lisent, et passent de longues heures en lecture, mais ne le font pas pour un objectif précis, et n’ont pas une stratégie pour que leur lecture devienne utile et efficace. Ils ont donc besoin de propositions de lectures intéressantes.

La réponse à ces deux problématiques se trouve au lien suivant (rédigé en arabe par Dr Ragheb ElSergany en attendant de faire une traduction).

 

Remarque: Cet article est une traduction (avec des modifications minimes) de l’article du lien ci-dessus.

 

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La civilisation islamique: une civilisation d’idées

Posted by chams on 15 August 2007

Chaque culture a sa nature, ses spécificités et ses racines. La littérature populaire peut être révélatrice de quelque unes de ces caractéristiques.

En examinant l’histoire de deux symboles de la littérature arabe et occidentale, on peut se rendre compte des différences fondamentales entre ces deux cultures.

Deux personnages, se sont trouvés seuls, isolés du monde humain, et face à ce vide cosmique, ils ont agit différemment. Il s’agit de Robinson Crusoé et Hay Ibn Yakdhan.

Le personnage de Foé remplit son emploi du temps en construisant des outils lui permettant de survivre et de vivre plus confortablement. Tout son intérêt était tourné vers le monde des choses. Le personnage d’Ibn Tufail passe son temps à méditer et à réfléchir sur des questions existentielles et sur les phénomènes qui se passent dans son environnement.

On peut élaborer à partir de ces deux exemples le constat suivant: la civilisation islamique est une civilisation d’idées alors que la civilisation occidentale est une civilisation de choses. La 1ère est née suite à une révélation, une idée, l’autre est née suite à une révolution technique, industrielle.

Nous allons essayer de montrer dans cet exposé la centralité de l’idée dans la culture islamique.

L’environnement culturel pendant l’ère préislamique dans la péninsule arabe était riche. La poésie était très évoluée et avait une certaine influence sur l’individu de l’époque. Cependant, cette richesse culturelle n’a pas crée une civilisation. Bien au contraire, elle n’a cessé de créer les subdivisions au sein des tribus arabe. La raison est à mon avis que cet univers culturel se concentrait sur les choses et les idoles. Le poète de l’époque n’avait pas d’autre message à transmettre que pour glorifier un bien-aimé ou flatter un homme au pouvoir. Ainsi, l’univers des idées est resté inerte, jusqu’au jour ou dans une grotte, une voix a déclenché sa naissance: « lis, lis au nom de ton seigneur qui t’a crée… »

C’est la révélation du coran qui a crée un nouvel univers : l’univers des idées. Cet univers était centré autour d’une idée maîtresse : l’unicité de dieu. « tawhid ».

La dynamique qu’a crée la révélation du coran dans le monde des idées s’explique ainsi : le croyant n’est pas appelé seulement à travers le coran à croire à cette idée, mais il doit l’imprimer dans son cœur et sa conscience par la méditation et la réflexion afin qu’elle puisse transformer le sens de sa vie. Cette réflexion porte sur les 3 axes suivants : l’homme, l’espace et le temps. Les références coraniques sont nombreuses, on va se contenter ici de citer quelques unes :

“Dans leurs récits il y a certes une leçon pour les gens doués d’intelligence. Ce n’est point là un récit fabriqué. C’est au contraire la confirmation de ce qui existait déjà avant lui, un exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour des gens qui croient.” (1)

“N’ont-ils pas médité en eux-mêmes ? Dieu n’a créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux, qu’à juste raison et pour un terme fixé. Beaucoup de gens cependant ne croient pas en la rencontre de leur Seigneur.” (2)

“Certes la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens, dans l’eau que Dieu fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents, et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela il y a des signes, pour un peuple qui raisonne.” (3)

“Cela ne leur a-t-il pas servi de direction, que Nous ayons fait périr avant eux tant de générations dans les demeures desquelles ils marchent maintenant? Voilà bien là des leçons pour les doués d’intelligence.” (4)

Une idée née et entretenue suite à une réflexion permanente autour de ces trois axes a pu transformer brutalement les passions des croyants de l’époque du prophète sur lui bénédiction et salut. Le monde des choses ne représente plus rien par rapport à la grandeur de l’idée qu’ils défendent. Allahou akbar « allah est le plus grand » avait un sens profond dans leurs cœurs.

C’est la force de cette idée qui a permis à un compagnon du prophète , Bilel Ibn Rebeh, soumis à d’atroces tortures de défier de son index, en le levant témoignant de l’unicité de Dieu, toute la Djahiliya. Elle a permis aussi à un autre compagnon de refuser l’offre de l’empereur de Rome de se convertir au christianisme, à l’encontre de la moitié de son royaume.

Les idées étaient si imprimées dans les coeurs qu’elles mettaient leur note sacrée dans toutes les idées exprimées, dans toutes les attitudes, dans tous lieux aboutissant à des changements sociaux radicaux dans la 1ère société islamique : celle de Médine.

Les tribus arabes longuement déchirées par les guerres les plus sanglantes, se sont réunies autour de l’idée islamique. Ils ont oublié toutes leurs rivalités lorsqu’ils ont répondu au message de l’islam.

La hiérarchie sociale basée sur la richesse et le pouvoir a été remplacée par une société ou la richesse matérielle et le pouvoir représentent des devoirs supplémentaires et non pas des faveurs.

Les discriminations raciales et ethniques ont soudainement disparu : « Il n’y a pas de différence entre un arabe et un non arabe ni entre un blanc et un noir si ce n’est par la piété. »(5)

Après la mort du prophète sur lui bénédiction et Satut, le message de l’islam a été transmis de génération en génération et l’idée fondatrice du tawhid était restée imprimée dans les cœurs des musulmans pendant un certain temps. D’ailleurs, les musulmans ne se sont pas contentés de consommer les connaissances religieuses qu’on leur a transmises. Ils n’ont pas hésité pour comprendre l’essence du message de l’islam de créer de nouvelles sciences religieuses: la jurisprudence, l’exégèse du coran, la science du hadith…

L’apogée de la civilisation musulmane a été atteinte grâce à une génération d’hommes qui ont su imprimer l’idée du tawhid dans leurs cœurs et l’exprimer de la meilleur des façons : par la science.

Le mystique à travers son expérience personnelle transmet son propre cheminement vers la connaissance et l’amour de son créateur. Le philosophe transmet son cheminement intellectuel vers la vérité. L’historien transmet les enseignements des histoires des autres peuples offrant une réflexion par rapport au temporel. L’astronome, le géographe transmettent leurs recherches et réflexions par rapport à l’espace confirmant l’unicité divine.

Cette harmonie dans le monde des idées a duré quelques siècles, après lesquelles l’idée fondatrice a commencé à s’effacer des cœurs et les musulmans se sont contentés de consommer les travaux de leurs prédécesseurs, ce qui a conduit à une décadence progressive de cette civilisation.

On a vu l’univers culturel se réduire au 19ème siècle à des Zaouïas, des magiciens, des chefs religieux. C’est le retour au monde des choses et des idoles qui a marqué le maximum de décadence du monde musulman et son retour au stade pré civilisé.

Bien que l’ère des Zaouïas soit dépassée aujourd’hui, l’idée de l’unicité divine “tawhid” n’est pas encore bien imprimée dans les cœurs des musulmans. Le musulman se trouve déchiré entre deux mondes : le musulman pratiquant qui fait ses prières à la mosquée et sort de là pour devenir le musulman pratique plongé dans un autre univers….

Références:

(1) Sourate Joseph verset 111

(2) Sourate les romains verset 8

(3) Sourate La vache verset 164

(4) Sourate Taha verset 20

(5) Hadith rapporté par Ahmad

 

 

 

 

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Les glaives de l’esprit (2/2)

Posted by chams on 12 July 2007

On s’est interrogé lors de la première partie sur la source de la passion des livres chez les arabes au Xème siècle que Sigride Hunke considéra parmi les évènements les plus étonnants de l’histoire des civilisations.

Nous allons au cours de cet exposé essayer d’apporter quelques éléments de réponse à cette question.

La tradition islamique insiste sur la recherche de la connaissance, un mot qui revient à plus de 800 reprises dans le Coran. A cela s’ajoute une somme importante de références faites par le Coran aux phénomènes célestes et à la question de la création de l’univers.

Toutes ces références traduisent clairement une formule simple : « Plus tu sais, mieux tu crois ».

Cependant ceci ne semble pas expliquer directement la passion des livres chez les musulmans de l’époque. En revanche la raison idéologique la plus profonde de cette passion est me semble-t-il traduite par ce hadith du prophète sur lui bénédiction et Salut: « Nul d’entre vous n’atteindra les hauts degrés de la foi que si sa passion soit conforme à mon message ».

لا يؤمن احدكم حتى يكون هواه تبعا لما جئت به

Ce hadith traduit l’aspect « civilisateur » du message de l’Islam capable de transformer les passions des hommes en forces motrices du développement de la cité…

Etant donné que la science est parmi les bases du message de l’Islam, on peut dégager d’après ce hadith une nouvelle formule : « plus tu crois, plus tu aimes la science ».

En reliant cette formule avec la formule précédente (« Plus tu sais, mieux tu crois »), on peut comprendre le cheminement intellectuel (et spirituel) des musulmans de l’époque:

SAVOIR —->AUGMENTER SA FOI —-> AIMER LE SAVOIR —->SAVOIR

 

En outre, d’autres raisons ont bien contribué à cette passion :

* La langue arabe qui s’est forgée et qui s’est imposée comme un instrument de communication internationale : ce qui a facilité l’échange intellectuel et la transmission du savoir;

*Une société multiculturelle et de droits : ce qui a permis aux non musulmans et aux non arabes de contribuer à cette richesse intellectuelle surtout par la traduction des ouvrages perses, grecs et latins.

* Une volonté politique : qui s’est manifesté par l’encouragement des savants et des traducteurs et par la création des bibliothèques et des foyers scientifiques.

En conclusion, on pourrait estimer que les sources de la passion des livres chez les arabes du Xème siècle sont nombreuses et que leur étude est très importante non pas seulement pour la valorisation de notre patrimoine mais aussi car elle nous permet de nous rendre compte des causes profondes de la paresse intellectuelle qui nous envahit depuis quelques siècles.

 

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Présence islamique au Royaume-Uni

Posted by racine on 22 May 2007

Dans le cadre de ses activités culturelles, EMF Bordeaux a organisé le 28 Avril 2007 la journée de la diversité. Des représentants de différentes communautés dans le campus ont exposé quelques aspects de leurs cultures.
Nous allons vous faire partager l’intervention de Mr Omar Nour un étudiant anglais ERASMUS à Bordeaux, nous transmettons intégralement le texte que nous a proposé Mr Omar.

Je voudrais parler aujourd’hui de la présence islamique au Royaume-Uni parce que la culture musulmane anglaise est, en effet, une mélange de différentes cultures elle-même. Je propose, aussi, de parler de questions qui se posent autour de l’Islam en Grande-Bretagne de nos jours, et les problèmes qu’ils suscitent pour nous les croyants là-bas.
Je vais commencer cette présentation par l’histoire l’islam en Angleterre.Il me semble important de signaler au début que la présence de l’islam en Angleterre ne date pas de la deuxième guerre mondiale comme pense la plupart des gens; en effet, l’Islam a tracé ses liens avec la Grande-Bretagne dès le 8eme siècle, quand le roi de Mercia (qui était un royaume anglo-saxon existant à la fois) a décidé de battre les pièces avec une inscription islamique pour faciliter le commerce avec l’empire musulman en Espagne.
Puis, au Moyen Age, les textes musulmans (surtout ceux de médicine) étaient bien connus parmi les savants anglais – le livre médical de Ibn Sina, par exemple, était une référence pour les étudiants de médicine jusqu’au 17eme siècle.
Un certain John Nelson était le premier anglais enregistré avoir converti à l’islam au 16eme siècle. Deux cents ans après, on apprend du premier grand groupe de musulmans arrivés en Grande-Bretagne; ils furent partie de “The East India Company”/”L’entreprise Est Inde” en tant que marins. Pourtant, ces communautés n’étaient que temporaires (même si la première mosquée au Royaume-Uni a été construite à Cardiff en 1860) .La première communauté qui s’est installée de une façon permanente, peu après 1900, était composée des marins yéménites qui sont arrivés aux ports à Swansea (en Pays de Galles), Liverpool et Newcastle (en Angleterre). Certains d’entre eux ont migrés aux cités intérieures comme Manchester, Birmingham, et Sheffield.
Apres la deuxième guerre mondiale, le Royaume-Uni avait besoin d’ouvriers pour la reconstruction des grandes villes quasiment détruites par le Luftwaffe; comme d’habitude, le problème était celui d’argent. Les autochtones demandaient des salaires moyennes (une demande qui semblait juste), mais étant donné la grandeur des taches et la faiblesse de l’économie de l’époque, c’était tout simplement impossible. La solution était évidente au gouvernement qui avait au bout des doigts un vaste réseau des citoyens du Commonwealth attirés par une apparente amélioration de la qualité de vie, une autonomie économique qui n’était pas possible chez eux, et (le plus important) qui séraient content de travailler pour un salaire plus bas (par rapport à ceux des autochtones). Ceux qui arrivaient, étaient notamment d’origine Sud Asie et des Iles Caraïbes. Evidemment, on est plus intéressé aux communautés Sud Asiatiques – ceux qui, aujourd’hui, font la base de la communauté musulmane. On dirait que jusqu’à 60% (voire 65%) de la population musulmane est originaire de cette zone, alors que le 40% restant se compose des autochtones convertis , somaliens, nigérians, soudanais, malaisiens, bosniaques, albanais, et une communauté de plus en plus forte des kurdes. Récemment, il y avait une croissance étonnante de la population arabe, surtout à Londres et à Manchester, venue principalement de la Libye et l’Egypte, J’espère que ça vous a donné une meilleure idée de la composition de la présence musulmane en Angleterre.
Passant maintenant à la vie quotidienne pour les musulmans en 2007, et plus précisément aux deux sujets dont je voudrais parler. Le radicalisme et les difficultés d’être musulman en Angleterre.
Ca serait très simpliste d’entamer cette partie avec les événements du onze septembre, et surtout ceux du sept juillet, mais la vérité est que le radicalisme a les racines plus profondes. Disant que depuis environ vingt ans, on a témoigné, comme dans le reste de l’Europe, à un changement de génération. L’événement symbolique de ce changement a été chez nous l’affaire Rushdie en 1988, qui a marqué l’insertion dans la vie politique de la génération issue de l’immigration dont j’ai parlé tout à l’heure. Avant, la question de l’islam ne figurait même pas dans le débat politique intérieur, encore moins dans le débat public. Les images passées le plus souvent à la télévision montraient un islam réactionnaire sans aucune profondeur intellectuelle. Heureusement, c’était facile d’écarter ces gens comme une minorité folle, même si après on a dépensé beaucoup de temps et d’efforts pour restaurer l’image de l’islam. Néanmoins, le terrain était préparé pour les radicalistes et les islamophobes de la même façon, de nos jours.
Les attentats de l‘onze septembre et sept juillet n’ont servi qu’à aggraver le situation, car ces fois-là, on ne pourrait pas justifier les événements, quelque chose qui nous a rendu toujours à la défensive et ouvert aux assauts des islamophobes. De leur part, les radicalistes ont profité de la liberté d’expression et des medias qui sont toujours prêts à rapporter les histoires les plus choquantes pour montrer leurs messages de haine et pour transmettre un islam tordu. Par exemple, le Hizb-ut-Tahrir (dont je vais montrer une vidéo prochainement) ; un certain nombre de musulmans ont demandé au gouvernement britannique d’interdire cette organisation, une demande à laquelle il n’a pas répondu. Il y a deux thèses a l’intérieur des communautés musulmanes : i) qu’il s’agit d’un jeu du gouvernement avec ces partis-là pour justifier sa politique sécuritaire , ou, ii) qu’ils font partie du champ légitime et qu’il faut qu’ils puissent s’exprimer. Je comprends que, en tant que pays de refuge pour les activités politiques, c’est difficile d’arrêter quelqu’un ou une groupe préventivement, mais ces groupes font énormément de bruit au champ public qui est souvent montrer comme exemple de l’islam en Angleterre aujourd’hui, non seulement par les medias anglais, mais aussi par les medias internationaux, comme cette extrait de la télévision française.
Le problème, comme toujours, est celui d’argent. Ces groupes sont souvent financés de l’argent saoudite, et, qu’il est évident avec l’affaire de la vente des armes à l’Arabie saoudite l’année dernière (quand Tony Blair était accusé d’avoir profité directement, quelque chose qui est bien sur interdite pour les chefs d’état) ce pays est capable d’exercer beaucoup d’influence au niveau économique, donc il est vu comme un allié (et est ainsi protégé) plutôt comme un ennemi, et donc, le flot d’argent n’est pas interrompu.
L’autre problème principal, c’est que le problème susmentionné du radicalisme mette en pleine vue, ou plus précisément, sous l’inspection minutieux, les vies quotidiennes de la majorité des autres musulmans, du coup d’une suspicion dans la société britannique, même s’il y a de la part des autorités des précautions pour distinguer entre les individus dangereux et les communautés musulmanes pacifiques. Les cibles pour ces suspicions sont évidements ceux qui sont le plus évident et le plus facile à cibler ; malheureusement, ça veut dire nos sœurs. Nous avons déjà entendu des affreux exemples des sœurs qui ont été rejetées aux entretiens a cause de la voile, et, encore pire, d’une sœur qui a subi une agression sexuelle il y a deux mois dans un jardin public (en Ecosse) pour la simple raison qu’elle était musulmane. Le prochain clip que je vais montrer est la première instance qu’une telle histoire a tient le niveau national. Il avait lieu il y a trois ans.
Je ne sais pas quoi est le plus inquiétant ; le fait que l’accusée est une femme, ou le fait qu’elle est noire (un peuple que l’on attend de la compréhension de notre situation, ayant été persécuté lui-meme pendant 300 ans). De toute façon, j’espère que ça vous a montré la mesure et la profondeur à laquelle la société britannique se méfie de la communauté musulmane.

Je voudrais conclure en disant que l’avenir pour les musulmans en Grande-Bretagne peut encore être un avenir plein des espoirs. Nous attendons la mois prochaine la démission des responsabilités de Tony Blair, et il est probable que Gordon Brown, un homme qui a déjà dit qu’il voudrait s’éloigner des Etats-Unis et qui a visité l’Afrique pour les raisons humanitaires (quelque chose que M. Blair n’a jamais fait), serait le successeur. On espère que M. Brown a une meilleure compréhension des besoins de la communauté musulmane et sa volition de vivre et faire partie d’un Royaume-Uni paisible.

Omar Nour

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Les glaives de l’esprit

Posted by chams on 23 March 2007

Tout au long de l’histoire, la passion prédominante des hommes était celle de posséder les biens matériels et de gouverner. Mais pendant l’age d’or de la civilisation islamique (9ème et 10ème siècle), une nouvelle passion est apparu et s’est propagée telle une course automobile : la passion des livres. Le niveau économique et social ne se mesurait plus par la fortune et le pouvoir qu’on détient mais en fonction des livres qu’on possède. Les bibliothèques sortaient de la terre comme des champignons. On comptait au Caire une centaine de bibliothèques contenant pas moins de 2 millions de volumes.

Cette passion fut partagée par toutes les classes sociales.

D’abord les hommes au pouvoir étaient parmi les plus fous des livres : le prince fatimide Al-Assis possédait six millions de volumes. Un certain vizir ne partait jamais en voyage sans emmener avec lui trente charges de chameaux uniquement constituées de livres.

Alors qu’on déposséda généralement le vaincu de ses richesses matérielles et de ses armes, les califes arabes de l’époque se sont intéressés plutôt aux richesses et aux armes intellectuelles : Harun al-Rachid, après la conquête d’Ankara n’exigea rien de plus que la livraison de tous les manuscrits grecs anciens.

Les plus passionnés étaient sans doute les intellectuels qui ont bien profité de ces richesses et de la multiplication des foyers scientifiques qui a crée une réelle émulation entre les différents groupes de savants et développant entre eux des liens multiples (échanges de lettres et de livres, visites, coopération autour d’un projet). L’époque a connu par conséquent l’apparition d’une génération de scientifiques polyvalents qu’on qualifierait d’encyclopédistes tel Ibn Sina, Al Kindi et Ibn Hazm, Abou Bakr al razi, al Tabari, Al Farabi, Jâbir Ibn Hayyan

On peut affirmer d’après ce qui a été rapporté (et qu’on a du mal à imaginer) que le moins chanceux parmi aurait lu des milliers de livres. Par exemple, le fameux médecin de Kairouan Ibn Al Jazar se vit dans l’obligation de refuser l’offre du sultan de Boukhara de venir à sa cour parce qu’il a fallu 400 chameaux pour transporter l’ensemble de sa bibliothèque !

Les amateurs de livres ne constituaient pas une petite élite car on en trouva parmi les gens de toutes les classes. Tout homme instruit qu’il soit commerçant ou charbonnier, Cadi ou Muezzin fréquentait les librairies. Sigride Hunke(1) rapporte que la bibliothèque moyenne d’un particulier contient plus d’ouvrages à elle seule que toutes les bibliothèques de l’occident réunies !

On peut s’interroger maintenant sur la source de cette passion pour un peuple qui n’avait pas à l’époque d’héritage scientifique et culturel énorme par rapport à celui des romains, des perses et des grecs…

A suivre

(1)Orientaliste allemande née en 1913.Elle a écrit un ouvrage très intéressant sur l’apport de la civilisation islamique intitulé « le Soleil d’Allah brille sur l’Occident »

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‘Tout a été créé pour aboutir à un livre’

Posted by islem on 13 March 2007

une téléonomie, une existence.

Parfois on passe notre temps à lire un livre, à compter ses feuilles en attendant de découvrir la fin du cheminement des idées de son écrivain pour rencontrer lors d’un long trajet de réflexion et de l’imagination une phrase qui pourrait détourner notre vie: des mots dont la combinaison paraît insensée dés la première lecture. Une phrase multidimensionnelle qui pourra clore dans notre esprit des idées différentes, innovatrices, n’ayant jamais changé notre façon de réfléchir ou l’ayant chatouillée sans jamais l’enflammer.

“Tout a été crée pour aboutir à un livre” fut la phrase que j’ai retenue lors de ma lecture de l’œuvre philosophique de Condillac sur “L’animal et l’homme”. Une phrase que j’ai interprétée et comprise peut être différemment à ce que voulut dire l’écrivain. A la première lecture de cette phrase, vous pouvez constater qu’un livre présente la téléonomie de l’existence humaine.

Un livre est un malstrom d’idées qui se présentent suivant une logique propre à l’auteur et compréhensible par le lecteur, c’est une combinaison de différentes voix, parfois aigues, qui peuvent réussir à nous transpercer en cherchant au fond de nous toute sorte de mutilation qui nous empêche de se mouvoir et la plus part de temps de réagir à l’égard d’un monde qui se mutile.

Ce dernier pourrait nous conduire à l’enfer ou au paradis puisqu’une idée pourrait prendre notre main vers la voie de la vertu et la foie et autre pourrait nous détourner de la lumière d’ Allah (Dieu) dont la connaissance t’inonde de plaisir, de sérénité et de joie immense… D’un sentiment inexpiable. En effet, le sacré livre d’Allah dédié aux musulmans et à l’humanité entière (le Coran) essaie de soigner au fond de nous une existence mutilée, sans âme, sans couleurs, sans lumière, sans conscience…

D’autre part, un livre se présente comme étant le centre de l’égocentrisme de l’homme aussi de l’échocentrisme de sa propre existence puisqu’il est l’écho de ses pensées. C’est pour cette raison, je me suis interrogée sur le fait que toutes nos actions sont mémorisées dans un livre et un autre jour nous allons lire tous ce que nous avons fait de bien ou de mal durant notre vie à partir de ce livre.

(قال لله تعالى: ” اقرأ كتابك كفى بنفسك اليوم عليك حسيبا”)

Un livre qui va déterminer pour chacun de nous son éternité… Un livre qui résume une existence en des mots. “Ecrire pour exister” fut le nouveau film de Hilary Swank inspiré d’une histoire vraie dont le titre est analogue à la pensée descartienne “je pense donc je suis” mais avec deux simples substitutions : (pense à écris) et (suis à existe).

D’est dés la première imagination, cette idée pourrait sembler inconcevable, mais il faut tout simplement fouiller dans les livres de l’histoire pour se rendre compte de la réalité que chaque civilisation s’est bâtie sur la qualité des livres (le côté innovateur) que ses contemporains produisaient: un livre est un miroir des peuples et des civilisations qui ont tracé l’histoire de l’humanité. En effet, durant le royaume Abbasside en Iraq, il y avait à peu près 200 bibliothèques uniquement à Bagdad!! Et le nombre de livres écrits par les savants musulmans était fantasmagorique. A titre d’exemple, Ibn Akil (ابن عقيل) a écrit l’encyclopédie :”Al Founoun” qui comprend 800 livres!! Et c’est la plus énorme encyclopédie qui existait depuis l’existence de l’homme, Annéwèwi (celui qui a écrit ” Jardin des vertueux < رياض الصالحين >) a écrit 500 livres et on a assisté grâce à Ibn Rajab (ابن رجب) à l’émergence de 2000 livres (ce qui revient à une moyenne de 9 livres par jour durant sa vie!!!).

Chacun de nous a la capacité d’écrire. Chacun de nous a des idées, sa propre conception de la vie, une réflexion sur un tel sujet ou un autre. Chacun de nous peut écrire son propre livre dans lequel il met tous ce qu’il veut, tout ce qu’il pense, tout ce qu’il sent, tout ce qu’il imagine dans un domaine qu’il aime. Il combine toutes sorte d’idées qui lui bercent l’esprit en visant créativité et innovation. En fait, ce n’est pas difficile de trouver une idée nouvelle: il suffit de “créer un bloc entre deux univers qui ne se sont jamais croisés“.La créativité est une source intarissable car “le monde fourmille d’idées nouvelles: il suffit de regarder autour de soi.”

Et parmi les moyens de susciter la créativité au fond de nous est de s’ouvrir au monde secret et intime des livres de différentes cultures. Si nous voulons voir cette vérité à travers notre histoire, on pourra remarqué que durant l’époque Abbasside, les savants musulmans lisaient des livres multinationaux (l’inde, la Corse, ..) dans des domaines différents (l’astronomie, la physique, les mathématiques, la musique, les arts, la cryptographie…) et après ils commençaient à réfléchir sur des problèmes posées non résolus, à leurs chercher des solutions. Ils ont réussi par ce qu’ils ont voulu le faire. Et nous aussi, on pourrait le faire.

Nous avons le droit d’écrire un livre (pas n’importe quoi) et le devoir de l’écrire, mais à la fin je peux dire qu’il n’y a pas de “n’importe quoi”. Un livre scientifique, quasi-scientifique: qui présente des réflexions dans différents domaines de la science, la politique, l’histoire, l’avenir, la psychologie, la religion, la sociologie, l’art …

Vous pouvez penser à écrire dans le domaine qui vous passionne, qui vous séduit et pourra t’apporter des idées différentes et innovatrices.

On a besoin des livres: on a besoin de reconstruire “Beit Al hikma” en faisant les premiers pas vers une continuité avec un passé innovateur, une continuité qui montrera au monde entier que nous sommes pas une civilisation mutilée… Je croix que pour écrire il faut penser: peut être “tout a été dit” (mais pas dans notre époque) (mais il y a toujours de la créativité) comme disait l’un des écrivains français, mais c’est l’identité de celui qui dit et la façon de dire qui est la plus importante parfois que l’idée elle même. En effet dans le Coran, il y a un verset dans Sourat Annahl (النحل):

ادع إلى سبيل ربك بالحكمة و الموعظة الحسنة و جادلهم بالتي هي أحسن

” Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon.”

Deux personnes peuvent posséder la même idée mais la façon de la présenter et de l’exprimer rend sa propagation dans le monde possible ou non. Si moi, toi et lui écrivons des livres différents dans des domaines différents (qui seront des miroirs de nos réflexions), on contribuera inchallah à l’éveil d’une civilisation qui reste depuis des siècles enfouie sous les cendres d’un passé brûlé et d’un présent qui se brûle….On a commencé par écrire un article et on pourrait aboutir à un livre… On changera le monde, j’ai toujours eu la foie dans les livres (puisqu’ils constitue un moyen de propagation de l’information comme les médias) plus que les politiciens de changer le monde et le Premier entre eux reste le Coran, qui transformait en un siècle la destinée d’une communauté entière.

Il faut toujours croire que “L’un des principaux moteur de la création: le plaisir“. Cherchez le plaisir pour le créatif que vous seriez inchallah. Par conséquent, on pourrait conquérir le monde avec notre culture (dans l’histoire et celle qu’on va reformuler). Pour écrire, il faut lire (car une idée fusionnée avec une autre peut engendrer une idée différente). Celui qui émerge de notre histoire “Al Kindi” (les méthodes de cryptanalyse) mais avec réincarnation dans la réalité, dans tous ce qu’on vit. Essayons de guérir les mutilations dont souffre sur le plan de la conscience, de la réflexion et de l’action le monde arabo-musulman, par une idée, par un livre.

La plupart des livres qui sont d’actualité, ayant innové le monde, sont rédigés par des non musulmans généralement (comme ceux de Dan Brown). Pourquoi pas nous? Même dans ce domaine, qui ne demande qu’un stylo et du papier ou un clavier et un écran. Mais d’écrire un livre qui pourrait être utile pour les générations qui nous succèderont et pour l’humanité entière.

Finalement, on peut dire qu’en dépit de toute sorte d’oppression ou agression mentale ou physique dont nous souffrons on possède encore le droit de réfléchir et d’exprimer ses pensées d’une manière ou d’une autre. En plus, personnellement je conçois que celui qui a passé par le chemin le plus court qui soit bien qu’il nous semble parfois le plus long et qu’on appelle “Vie” sans laisser un livre (ou une œuvre qui reflète ses idées, sa perspective dans un monde multidimensionnel) que fût l’importance de son passage par ce chemin?? Si on n’a pas le droit de crier, on peut encore crier à travers les feuilles d’un livre: car tout oppressé possède le droit de Crier. Et vous pouvez toujours colorier votre existence par des mots que vous transmettriez aux autres inchallah.

Tout homme sur cette terre a des idées à présenter au monde. Alors qu’en est-il de Oummat al Islam? Celle dont le premier verset qui a été récité par l’archange Gabriel: “Lis” (اقرأ)(la lecture nous fournit une information) en contre partie nous sommes censé faire propager cette information et toute sorte d’information qui pourrait être utile à notre Oummah et à l’humanité entière. Cherchez à vous identifier dans un livre et à refléter au monde une image de notre civilisation “non amputée”. Et sachez que “Tout a été crée pour aboutir à un livre”.

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Une première approche de la civilisation musulmane

Posted by wajdi on 6 March 2007

Une fois j’ai lu dans un article écrit par un auteur Français (Jacques Trémintin) la phrase suivante «Alors que l’occident voue une véritable culte au progrès, l’islam considère que toute innovation ou évolution tend à éloigner de la pureté, de l’authenticité et de la vérité des origines…l’islam a été toujours tiraillé entre la tradition et la modernité de son époque». Ceci en fait n’est pas le point de vue d’une seule personne mais aussi de plusieurs autres qui ne cessent de traiter l’islam de passivité et de fatalisme, s’ils ont dit que les musulmans d’aujourd’hui sont passifs et non créatifs on peut comprendre cela mais le fait de critiquer l’islam en tant que religion est injuste.
En effet jamais dans l’histoire une religion ne s’est autant préoccupée du savoir que l’islam et je ne vais pas citer les versets du Coran qui incitent à rechercher le savoir, font l’éloge des savants et appellent les gens à apprendre et à transmettre leur savoir mais je vais simplement présenter d’une façon générale l’apport des musulmans à la civilisation humaine.

L’islam créa une communauté supranationale qui englobait des peuples de différentes races et langues. Ces peuples ont contribué à l’apogée de la civilisation musulmane surtout les arabes, si nous comprenons sous ce vocable tous les peuples de langue arabe et non seulement les les natifs de la péninsule arabique, qu’on peut considérer comme étant les promoteurs de cette civilisation en l’ayant portée au plus haut degrè du rayonnement .

Ceci se décèle à travers les propos d’un écrivain non musulman «Philip.K.Hitti»qui dit «Pendant toute la première partie du moyen âge ,nul peuple n’ apporté au progrès humain une contribution aussi importante que celle des arabes…Du neuvième au douzième siècle, L’arabe a produit plus d’oeuvres philosophiques, médicales, historiques, religieuses, astronomiques et géographiques que toute autre langue humaine».
On ne peut pas aussi négliger l’apport prestigieux à l’oeuvre commune de l’Asie centrale, de l’Iran, de la Turquie et de l’Empire Mongol de l’Inde…A titre d’exemples, plusieurs passent à côté de l’importante contribution des Turc-Osmanlis à l’enrichissement la civilisation musulmane. En effet l’Empire Ottoman fut au seizième siècle un des pays les plus civilisés du monde .D’ailleurs Marcel Clergot écrit dans son livre ‘La Turquie passé et présent’ «De multiples preuves du niveau culturel élevé de l’Empire Ottoman sous son règne nous sont fournies par le développement des sciences et du droit, par la floraison des oeuvres littéraires en arabe, en persan et en turc, par les monuments contemporains d’Istambul, de Boursa et d’Edirné;par la prospérité des industries de luxe;la vie fastieuse de la cour et des hauts fonctionnaires; enfin par la tolérance religieuse».
Et pour avoir une simple idée sur l’estime tenu par les contemporains envers les institutions Ottomanes, il suffit de se rappeler qu’Henri VIII d’Angleterre avait envoyé en Turquie une commission chargée d’étudier la justice Ottomane pour réviser le système judiciaire Anglais.
L’empire Mongol de l’Inde «devenu un empire musulman» donnait aussi au monde le «Taj Mahal»dont la beauté architecturale n’a jamais été dépassée, et l’ «Akbar Nameh» d’Abul Fadl: «Cet extraordinaire ouvrage ,dit M Carra de Vaux, rempli de vie, d’idées et de science, où tous les compartiments de la vie sont examinés, inventoriés, mis en ordre et où le progrès éclate à chaque instant, est un document dont la civilisation orientale peut à juste titre être fière».

Ceci était une brève description de quelques aspects de la civilisation musulmane dans laquelle je me suis basé sur les points de vue de quelques historiens et écrivains non musulmans pour produire un effet plus important qui incite chacun de nous à méditer un peu et chercher les causes qui ont permis aux musulmans de détenir le savoir pendant longtemps et d’influencer sur le monde entier.
Je vais essayer dans d’autres articles de présenter d’une manière plus concrète les réalisations apportés par l’histoire des musulmans et je laisse au lecteur de deviner pourquoi la créativité, la sagesse et l’esprit critique des musulmans se sont transformés aujourd’hui en un état de mimétisme et de passivité absolue, et j’espère que vous allez trouver la réponse qui est vraiment évidente.

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Culture et mondialisation

Posted by chams on 11 December 2006

On a tant espéré que la révolution des technologies des communications puisse mettre fin aux rivalités entre les peuples (dues surtout à l’ignorance de l’autre), rapprocher les cultures et faire revivre celles qui étaient en voie de disparition… Ceci était techniquement possible, mais plusieurs facteurs ont empêché ce processus : Les pays du sud ne peuvent pas suivre le rythme de cette évolution (et donc ils ne pourront pas en profiter) car leurs problèmes sociaux, économiques et politiques sont loin d’être résolus

Dans ces circonstances, la mondialisation tendrait à uniformiser les cultures ou plutôt à américaniser le monde. Ainsi, les peuples des pays de sud se sont retrouvés devant un flux d’informations qui met en cause leurs cultures et promeut un mode de vie qui ne convient pas souvent au niveau de développement de leurs sociétés, à leurs histoires et à leur foi … Face à cela plusieurs réactions peuvent surgir.

La plus naturelle est l’effacement identitaire et l’imitation aveugle de l’autre ce qui est tout à fait explicable car selon Ibn Khaldûn :
« La raison en est que l’âme voit toujours la perfection dans l’individu qui occupe le rang supérieur et auquel elle est subordonnée. Elle le considère comme parfait, soit parce qu’elle suppose faussement que sa propre subordination n’est pas une suite naturelle de la défaite, mais résulte de la perfection du vainqueur. »
La deuxième réaction qui est plus « défensive » consisterait à un repli sur soi afin d’éviter toute influence extérieure.

Les deux réactions citées reflètent un manque de confiance en soi et conduiront toutes les deux aux désastres car elles engendreraient la continuité des rivalités ayant conduit aux guerres les plus destructrices de l’humanité.

La solution consisterait selon Roger Garaudy à:
« Réaliser une révolution culturelle profonde qui donne à la culture sa véritable mission : non plus nous acheminer par le positivisme athée et l’individualisme vers le désespoir, mais faire prendre conscience des fins et du sens de la vie et de l’histoire. »

Pour ceci, il fallait avant tout faire un effort personnel afin de bien connaître sa propre culture et son apport à la civilisation humaine, connaître la culture d’autrui loin de toute vision réductrice, et enfin faire valoir sa culture à la lumière des spécificités et des points communs qu’elle a avec celle d’autrui.

Je cite ici les propos de Goethe : « Qui se connaît soi même et connaît les autres saura également reconnaître ceci : L’Orient et l’Occident sont indissolublement liés. »

C’est en mettant en évidence la complémentarité et les richesses de leurs cultures que les humains pourraient construire une civilisation dans le cadre du respect de la planète, de l’environnement et de la dignité humaine. Ceci apporterait l’âme d’une nouvelle vie en commun pleine d’espérance et de progrès.

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Secours ou recours à notre patrimoine culturel et scientifique

Posted by racine on 18 November 2006

Pour commencer, j’ai choisi de vous faire partager cet article qui est apparu dans le premier numéro du magazine “khomssa” (revue de l’ATUGE-Bordeaux http://khomsa.wordpress.com/ . Cet article est dans le vif du sujet.

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Mr Hamza Triki m’a informé de la naissance de votre honorable revue et m’a demandé de contribuer à l’apparition du premier numéro. Depuis, plusieurs sujets d’orientations diverses me venaient à l’esprit dont le rapport avec notre patrimoine culturel et scientifique était d’une importance et lourdeur indéniable.

Pour commencer je dois avouer que je suis parmi ceux qui ont besoin de plus de conscience traduite en action.
J’ais assisté aux travaux du sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) ou WSIS (World Summit on the Information Society) mais ce qui m’a touché le plus c’est le mot du représentant du Pakistan “venant de loin pour le grand public” à la séance de clôture. Il avait comme axe Le rapport d’Ibn Khaldûn[1] avec la modernité et qu’il était à sa source, les apports de ses travaux sur le plan historique culturel et scientifique. Aucun n’a donné cette importance à notre chercheur, savant historien et politicien tunisien malheureusement peu ou non connu par les tunisiens. Les travaux et les apports d’Ibn Khaldûn sont loin de pouvoir être recensés dans cet espace limité mais je me contente ici de donner de brèves indications sur ses idées et synthèses en rapport avec l’éducation dont je suis membre.

De nos jours dans nos universités comme dans celles de l’occident on enseigne les théories d’apprentissage, les théories sur le développement cognitif (et autres) et les approches pédagogiques adoptées dans différents programmes d’enseignement.

Courants sur les théories d’apprentissage

  • Le behaviorisme (comportemental) : Pavlov, Watson, . . .
  • Le constructivisme : Piaget Vygotsky, . . .
  • Le cognitivisme : Gagné, Ausubel, . . .
  • Le socioconstructivisme : Perret Clermont, Gilly, . . .

On trouve des documents qui traitent ces sujets et dressent des diagrammes sur l’évolution dans ces domaines depuis l’avant jésus mais sans trouver de traces pour les chercheurs arabes ; Ceci m’a choqué et m’a poussé à essayer d’explorer cette piste pour tenter de répondre à une simple question, suivant deux éventualités :

 

  • Il n’y a pas de chercheurs arabes de taille dans ces domaines.
  • Il y a des chercheurs arabes respectables mais non connus, pour des raisons autres que scientifiques.

Des chercheurs et savants arabes existent sur le terrain même occidental[2] (malheureusement non reconnus par nos programmes d’enseignement) mais nécessitent d’être redécouverts et réétudiés pour faire émerger leurs recherches et synthèses bénéfiques pour le contemporain et le futur.

 

Récits d’Ibn Khaldûn dans le domaine de l’éducation

اللإبتعاد عن الإستبداد في التأديب حتى لا تكسل النفس في إكتساب الفضيلة و الجميلة”

“Le comportement autoritaire dans l’éducation est à la source de paresse et handicap mental dans l’acquisition des valeurs et des savoirs”

“من كان مُرباه بالعسف و القهر . . . سطا به القهر و ضَيقَ على النفس في إنبساطها و ذهب بنشاطها . . . و حُمل على الكذب و الخبث”

“Celui éduqué par la violence perd le sens créatif, perd toute activité d’esprit et s’enfonce dans les mensonges et la délinquance”.

On trouve souvent dans nos littératures le terme de « méthode traditionnelle d’éducation à éviter ». Ceci est souvent à l’origine d’une conception trop souvent erronée, que tout ce qui est ancien est dévalorisé et à rejeter et que le train de la modernité échappe au partisans de ces pensés

Ibn Khaldûn dit à ce propos que :

“المغلوب مولع أبدا بالإقتداء بالغالب في شعاره و زيه و نحلته و سائر أحواله و عوائده”

“Le vaincu s’identifie à son vainqueur dans son comportement, ses traditions, ses valeurs et sa culture” (le vaincu est souvent une personne, un peuple, une nation ou encore une civilisation)

Ceci est connu actuellement par les mécanismes de défense (l’identification) introduite par S. Freud (1894) dans ses études psychanalytiques ; encore une fois nous faisons référence aux références des autres (la science n’a pas de nationalité, c’est bon mais que ça soit vu ainsi par tous). Le problème est de négliger ou sous estimer ce qu’on a de bon comme héritage.

“إتباع وسائل التوضيح الحسية حتى يستولي على الغايات العلمية”

“Les objectifs de tout acte d’enseignement/apprentissage est atteint par l’utilisation de supports didactiques et la concrétisation des notions scientifiques”

“. . . ملكة التصرف بفتق اللسان بالمناظرة والمناورة و المحاورة في العلم”

“Le développement des compétences est atteint par la discussion, L’apprentissage collectif et la résolution des conflits cognitifs par le co-apprentissage”

“استنباط الجزئيات من الكليات”

“L’utilisation de la méthode inductive comme approche pédagogique”

Je ne fais ici que présenter des extraits brefs de ce qu’ Ibn Khaldûn a dit pour vous inciter à une recherche plus profonde, à reconnaître nos ancêtres dignes de respect et contribuer à notre futur sur des bases solides et avec une confiance intégrale en soi.

Je tiens pour finir à présenter la théorie d’Ibn Khaldûn sur l’âge des civilisations et l’alternance de leur dominance. Il dit que tout pouvoir de tout genre (politique, intellectuel, économique ou autre) ou toute civilisation passe dans sa durée de vie par quatre générations

  • 1ère génération des constructeurs
  • 2ème génération des continuateurs
  • 3ème génération des profiteurs
  • 4ème génération des destructeurs

Et pour qu’une civilisation persiste, elle doit miser sur la reproduction des élites “صناعة القادة”. J’espère que vous (lecteurs) faites partie des constructeurs pour une renaissance de votre nation, n’oubliez jamais votre rôle et surtout ne le sous-estimez pas ;

Les milles pas commencent toujours par un pas.

Les grands commencent toujours petits.

Un monument est un ensemble de pierres mises en position adéquates au moment adéquat

Aller doucement mais sûrement.

A. Jemaï


[1] Abderrahmen Ibn Khaldûn né à Tunis en1332 décédé le 17 Mars 1406 au Caire. Les œuvres les plus reconnues sont :

· La moukaddima

· Kitab Al ïbar

[2] L’académie tunisienne des sciences des lettres et des arts « Beït El Hikma » à Carthage a organisé du 13/3 au 18/3/2006 un colloque sou le titre ” Ibn Khaldûn aux sources de la modernité”.

90 intervenants venants des quatre coins du monde ont participé à ses travaux. Les pays occidentaux représentés sont l’USA, la France, l’Italie l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, l’Iran, le Canada et l’Angleterre.

Tous les participant ont apprécié et félicité les travaux de notre honorable Ibn Khaldûn

 

 

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