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Archive for the ‘Histoire’ Category

Ibn Khaldoun (ابن خلدون)

Posted by Nidhal on 7 January 2008

 Pierre LEPAPE, journaliste dans le Monde diplomatique, affirme en parlant de Ibn Khaldoun :

“Son immense culture et sa curiosité intellectuelle insatiable lui permettent de brasser les apports les plus divers, arabes, grecs, hébreux, perses, berbères, romains, byzantins, dans une synthèse ordonnée. Mais en même temps, sa pensée rompt à ce point avec l’horizon d’attente de son époque, elle propose une logique d’interprétation si différente des catégories traditionnelles, si “moderne”, qu’elle ne pénètre pas dans les débats savants, politiques, religieux et philosophiques de son temps. Elle parle en revanche au nôtre.”

Philosophe historien et précurseur de la sociologie moderne, Ibn Khaldoun est l’une des figures les plus marquantes de la civilisation Arabo-Musulmane. Dans cet article j’essayerai de présenter la biographie de cet homme en m’attardant sur son apport intellectuel.

I.Biographie d’Ibn Khaldoun

1) Ibn Khaldoun : naissance et enfance.

Ibn Khaldoun, ou Abou Zeid Abd ar-Rahman ibn Mohammed ibn Khaled al-Hadhrami (ابو زيد عبد الرحمن بن محمد بن خالد الحضرمي), né le 27 mai 1332 à Tunis et décédé le 19 mars 1406 au Caire, est le descendant d’une famille venue d’Andalousie avec la première vague d’émigration du début du XIIIe siècle. Mais ses véritables et lointaines origines sont arabes de Hadhramaout au Yémen comme il l’a affirmée dans son autobiographie « et notre ascendance est de Hadhramout , des Arabes du Yémen, par l’intermédiaire de l’Ibn Hajar de Wa’il, du meilleur des Arabes. »

La situation aisée de sa famille lui a permis d’étudier avec les meilleurs professeurs de L’Afrique du nord de son époque. Il reçoit alors une éducation arabe classique en étudiant les sciences religieuses la langue arabe, mais aussi les mathématiques et la philosophie à travers les travaux d’Avicenne, d’Averroès et d’Al-Razi. À l’âge de 17 ans, Ibn Khaldoun perd ses deux parents suite à l’épidémine de la peste qui frappa Tunis.

2) Ibn Khaldoun : une vie mouvementée

Dès la mort de ses parents Ibn Khaldoun commence un parcours riche . Il l’entame en devenant «Garde du Sceau» du sultan hafside Abû-Ishâq. Trois ans après il quitte Tunis pour rejoindre la cours du sultan Fès , ou il est resté neuf ans pour terminer sa formation scientifique auprès des grands oulémas de l’université Qarawin. En 1363 il décide de partir en Andalousie, à Grenade ou il fait la connaissance du grand historien Lisân ad-dîn Ibn al-KhatibA l’âge de 32 ans, Ibn Khaldoun décide de retourner au maghreb où il passe 10 années en élargissant ces connaissances biais les diverses cours de la région . Il décide ensuite de quitter cette « marais de la politique » et de faire une Khalwa (خلوة) ou retraite spirituelle à la Qal’a d’Ibn Salama en Algérie. Pendant les quarte années de retraite il entame un travail de réflexion et d’écriture qui bouleversera la pensée Arabo-Musulmane, et qui l’inscrira dans l’histoire pour l’éternité. La Muqaddima (المقدمة) ou Prolégomènes selon la traduction littérale, fut l’oeuvre la plus considérable de notre historien et sociologue. Il disait en parlant de son travail «C’est là que j’ai commencé à rédiger ce livre et que j’ai achevé La Muqaddima avec son caractère original et inédit qui la distingue et qui m’a été inspiré par cette  khalwa» . Traduite en français par l’orientaliste et l’islamologue Vincent Monteil en 1967, La Muqaddima fait plus de 1.300 pages : «Une véritable encyclopédie» disait Monteil, et un vrai «discours sur l’histoire universelle».

Il commence ensuite à rédiger son histoire universelle « Kitâb al ‘ibar » (كتاب العبر) ou il a traité l’histoire ancienne et moderne des Arabes, des Persans, et des Berbère, sans s’arrêter sa vie durant d’apporter des modifications à ce livre.

Après cette retraite passée dans le désert Ibn Khaldoun renoue avec la vie citadine. Il va à Tunis où il est bien accueilli par le Sultan. Il enseigne alors dans la grande université de la Zitouna, mais suite à une violente controverse religieuse et scientifique avec l’Imam Muhammed Ibn ‘Arafa, bien connu par sa stricte orthodoxie malikite, il se trouve dans l’obligation de quitter sa terre natale pour le Caire en Égypte, ainsi il s’investit dans l’enseignement à l’université d’Al Azhar et de prendre la fonction de cadi ( قاضي) juge, jusqu’à sa mort.

Ainsi fut la vie mouvementé d’Ibn Khaldoun, passé entre les cours des sultans de l’époque, et les grandes universités du nord d’Afrique. Ibn Khaldoun mourra au Caire le 17 mars 1406. Il est enterré au cimetière des Soufis réservé aux savants et aux hommes de lettres. Il est parti en laissant un grand patrimoine à la civilisation humaine. Ses ouvres et ses idées trouvent jusqu’à nos jours leurs place dans la pensé moderne.

II. Apport d’Ibn Khaldoun à la civilisation humaine.

1)Oeuvres d’Ibn Khaldoun:

Contrairement à la plupart des savants arabes Ibn Khaldoun a laissé peu d’écrit. On peut citer par exemple(لباب المحصل في أصول الدين) « loubèb élmouhassil fi oussoul eddin » un commentaire sur la théologie, (شفاء السائل) chifa éssaiil, petit livre sur l’histoire des berbères , mais son oeuvre la plus considérable reste son livre d’histoire universelle qui s’intitule ( كتاب العبر وديوان المبتدأ والخبر في أيام العرب والعجم والبربر ومن عاصرهم من ذوي السلطان ) « Le Livre des Exemples et le Registre des commencements et de l’histoire des Arabes, des non-Arabes et des Berbères, ainsi que des peuples les plus puissants parmi leurs contemporains ».

Cette encyclopédie historique se compose : d’une Introduction, d’une autobiographie et de 3 livres. On appelle Muqaddima : l’Introduction et le 1er Livre ( les deux étant appelés : Prolégomènes )

Le contenu des Prolégomènes : Des considérations générales sur la science de l’histoire et sur les deux formes de civilisation résultant de la vie nomade et de la vie sédentaire, sur les caractères qui les distinguent, sur les institutions, les sciences et les arts.

Le 2e Livre : renferme l’histoire des Arabes et des peuples étrangers, depuis les temps les plus anciens jusqu’à l’époque de l’auteur.

Le 3e Livre : traite de l’histoire des tribus berbères de l’Afrique septentrionale et des royaumes qu’elles ont fondés.

encore faut il signaler ici que le livre évoque d’autres nations comme les Juifs, les Babyloniens, les Coptes, les Perses, les Grecs, Romains, Byzantins, les Francs, les Turcs et les Noirs.

2)Ibn Khaldoun le précurseur

Ibn Khaldoun est cité par plusieurs intellectuels européens et arabes, comme précurseur de la sociologie.

Il est décrit par Arnold Toynbee comme celui qui « a conçu et formulé une philosophie de l’Histoire qui est sans doute le plus grand travail qui ait jamais été créé par aucun esprit dans aucun temps et dans aucun pays.» .

L’islamologue et orientaliste français affirme que «Son discours sur l’Histoire Universelle, annonce trois siècles à l’avance celui de Bossuet ( 1627-1704 , avec son œuvre portant le même titre ) Ibn Khaldoun se présente comme historien, ce qu’il est en effet ; mais il est aussi, cinq siècles, avant Auguste Comte, l’inventeur de la sociologie : Ibn Khaldoun dit dans sa Préface : “Notre propos actuel est d’une conception nouvelle, c’est une science indépendante, dont l’objet spécifique est la civilisation humaine et la société humaine.” Il s’agit pour ibn Khaldoun, d’étudier la nature de la civilisation, à savoir : La vie sauvage et la vie sociale, les particularismes dus à l’esprit de clan et les modalités par lesquelles un groupe humain en domine un autre ; ce qui le conduit à examiner la naissance du pouvoir, des dynasties et des classes sociales, des professions lucratives et des manières de gagner sa vie, enfin des sciences et des arts. Articulée en 6 grands chapitres, c’est une somme des connaissances de son temps que nous livre ainsi le lointain précurseur de nos encyclopédistes. »

Ibn Khaldoun, porteur de nouvelles visions qui trouvent leurs intérêts dans leur modernité, est aussi considéré comme précurseur des sciences économiques modernes .

Il s’est beaucoup intéressé aux questions économiques ainsi qu’au problème du travail et du profit. Le géopoliticien Yves Lacoste considère son travail comme « une forme de pensée marxiste matérialiste avant la lettre ». Il est vraiment intéressant de remarquer qu’Ibn Khaldoun bien avant Marx affirme dans la Muqaddima que toute la valeur vient du bénéfice. Il est parmi les premiers à décrire l’économie politique: selon lui un produit prend toute sa valeur dans les processus qui aboutissent à sa création : les techniques employés, les matériaux utilisés détermine sa valeur. Il a aussi fait la distinction entre le bénéfice et la sustainance.

3) Ibn Khaldoun l’éducateur

Le génie de cet homme ne s’arrête pas là. En effet Ibn Khaldoun traite dans son livre des droits de l’homme, Vincent Monteil affirme: «On ne s’étonnera pas davantage de rencontrer, sous la plume d’Ibn Khaldoun, l’expression de conceptions ou d’institutions que le monde musulman avait mises en honneur avant le nôtre», telles que «les règles concernant la guerre, les non-combattants (les civils), les prisonniers, les trêves, élaborées en terre d’Islam du VIIe siècle au XIIIe siècle,  ou encore les questions relevant de l’exercice de la justice ». Notre historien met en relief ainsi les valeurs nobles sur lesquelles s’est construite la civilisation Arabo-Musulmane. Notre civilisation est pionnière dans le respects des droits de l’homme, comme l’affirme l’historien Edmond Roulbâth qualifiant ces actions de «respect silencieux des droits de l’homme». On devrait alors être fier de ces valeurs et s’engager avec force à répandre ses valeurs dans nos pays.

Ibn Khaldoun traite de l’éducation. Je trouve qu’il est très intéressant de réecrire les citations suivantes, prise du premier article publié dans racines , et qui illustrent son esprit critique et la modernité de sa pensée

اللإبتعاد عن الإستبداد في التأديب حتى لا تكسل النفس في إكتساب الفضيلة و الجميلة”

Le comportement autoritaire dans l’éducation est à la source de paresse et handicap mental dans l’acquisition des valeurs et des savoir”

من كان مُرباه بالعسف و القهر . . . سطا به القهر و ضَيقَ على النفس في إنبساطها و ذهب بنشاطها . . . و حُمل على الكذب و الخبث”

Celui éduqué par la violence perd le sens créatif, perd toute activité d’esprit et s’enfonce dans les mensonges et la délinquance”.

إتباع وسائل التوضيح الحسية حتى يستولي على الغايات العلمية”

Les objectifs de tout acte d’enseignement/apprentissage sont atteint par l’utilisation de supports didactiques et la concrétisation des notions scientifiques”

. . . ملكة التصرف بفتق اللسان بالمناظرة والمناورة و المحاورة في العلم”

Le développement des compétences est atteint par la discussion, L’apprentissage collectif et la résolution des conflits cognitifs par le co-apprentissage”

استنباط الجزئيات من الكليات”

L’utilisation de la méthode inductive comme approche pédagogique”

Ibn Khaldoun a même évoqué la question de la mondialisation culturelle en affirmant

المغلوب مولع أبدا بالإقتداء بالغالب في شعاره و زيه و نحلته و سائر أحواله و عوائده”

Le vaincu s’identifie à son vainqueur dans son comportement, ses traditions, ses valeurs et sa culture” (le vaincu est souvent une personne, un peuple, une nation ou encore une civilisation)

Tel était l ‘apport considérable d’Ibn Khaldoun. Cette brève autobiographie prouve bien, je l’éspère, que la culture Arabo-Musulmane a mis au monde des personnes qui ont influencé la pensée humaine et s’identifier à ces personnages n’est donc qu’une humble reconnaissance de ce qu’il ont fait pour notre culture . Un effort de production et d’excellence est demandé à chaque individu appartenant à notre civilisation afin de rendre possible une nouvelle renaissance. Et comme l’a affirmé Ibn Khaldoun pour qu’une civilisation persiste elle doit miser sur la reproduction des élites “صناعة القادة” .

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Le monde à l’émergement de l’Islam

Posted by youfes on 31 December 2007

Dans la perspective de mettre en exergue le plus apporté par la civilisation arabomusulmane à l’Humanité, il était d’une évidence de commencer par faire une étude préliminaire des conditions dans laquelle étaient les différentes sociétés vivant ou non sous la tutelle d’un empire à l’apparition de l’Islam notamment au 6ème et 7ème siècle. Ce diagnostic s’avère très vite indispensable si on veut faire une appréciation objective de l’apport de notre civilisation au monde.

Sans vouloir être excessif, on peut dire que le monde à cet épisode de l’histoire de l’Humanité, vivant le déclin de la civilisation gréco-latine était un monde qui souffrait les affres de la mort. En effet les empires alors gouvernant le monde à savoir Romain, Byzantin et Perse étaient frappés, ce dernier néanmoins à un degré moindre, par les signes de déliquescence les plus sombres.

A Rome, c’est à cause de quelques Basileus ignorants stimulés par le fanatisme religieux que non seulement l’empire fut précipité dans un gouffre infini mais ont de plus constitué un véritable danger pour le trésor du savoir de l’antiquité qui a frôlé l’extinction. En effet, c’est par l’Édit du 28 février 380, dit l’Édit de Thessalonique que les empereurs Théodose Ier, pour l’Empire d’Orient et Gratien, pour l’Empire d’Occident, tous deux catholiques, élèvent le christianisme au rang de seule religion officielle et obligatoire. Les suites de l’Édit sont catastrophiques pour les tenants de l’ancienne religion romaine et pour la culture gréco-romaine. Les rôles sont drastiquement renversés: ce sont maintenant les païens et leurs oeuvres qui sont interdits, traqués, exterminés. Toutes les oeuvres et manifestations jugées païennes sont progressivement interdites, et en 415, une émeute fomentée par des moines cénobites, à Alexandrie, et tacitement encouragée par l’évêque Cyrille avec l’agréation de Théodose II (408-450) alors empereur romain d’Orient à Constantinople, aboutit au lynchage d’Hypatie, mathématicienne et responsable de la fameuse Bibliothèque d’Alexandrie. Selon Socrate le Scolastique, son corps mis en pièces est porté au sommet du Cinâron pour y être brûlé, tandis que les émeutiers se dirigent vers la Bibliothèque pour l’incendier. Il est à noter qu’il existe une autre hypothèse qui impute la destruction de la bibliothèque au calife Omar (que Dieu l’agrée) qui aurait donné en 642 l’ordre de détruire la bibliothèque à son chef militaire ‘Amr Ibn al-‘As qui n’aurait d’ailleurs obéi à ses ordres qu’à contrecœur, aidant secrètement les bibliothécaires pour qu’au moins les textes d’Aristote puissent être sauvés. Mais à présent, plusieurs données archéologiques récentes ont permis d’infirmer de manière sérieuse cette calomnieuse légende car on sait maintenant que la bibliothèque n’existait plus depuis déjà un certain temps lorsque la conquête arabomusulmane a commencé. Ce fanatisme marié à une corruption qui telle une épidémie s’est répandue parmi la classe politique dirigeante, accabla les populations et souilla la société par d’innombrables vices.

Byzance, quant à elle ne vivait pas une meilleure situation puisque avec la montée en puissance du fanatisme religieux plusieurs problèmes surgirent, la religion elle-même ne sut en échapper : c’était en effet à cette époque qu’un conflit éclata à Byzance au sujet de la nature du Christ et que fut soutenue une rude polémique sur les attributs de cette nature. En outre, l’acharnement sur l’héritage de la civilisation grecque continu. C’est ainsi que Zénon, empereur Byzantin (430-491), décida en 489 de fermer la fameuse Ecole d’Edesse d’oû depuis le IIème siècle la langue syriaque et les connaissances grecques rayonnaient sur l’orient. Justinien, empereur byzantin (527-565), à son tour clôture en 529 la non moins célèbre Ecole Platonicienne d’Athènes ainsi que les Ecoles d’Alexandrie.

La situation à cette époque dans l’empire Sassanide était un peu moins sombre. Sous le règne de Khosrow I Anushirvan (531-579), appelé Chosroès par les Grecs, des réformes mettent en place un nouveau système d’impôts, qui fut plus tard repris par les Arabes. L’empire s’étend sur l’Arabie méridionale, permettant le contrôle du commerce entre Byzance et l’Extrême-Orient (Inde, Chine). Les victoires qui mettent fin à la domination des Hephtalites, entraînent également une expansion importante vers l’est, jusqu’à l’Oxus. Ce même empereur réalise de grands travaux publics, comme des canaux d’irrigation, ou la fondation à Jund-i Shapur d’une école médicale fondée sur les théories grecques. C’est également sous son règne que sont accueillis à la cour les moines nestoriens d’Edesse et de Nisibie ainsi que les philosophes d’Athènes et d’Alexandrie persécutés par l’Eglise et les autorités byzantines. Sous la protection des Sassanides, ces savants continuèrent à traduire des ouvrages scientifiques et philosophiques. Et c’est grâce à leurs travaux, que les Arabes lors des conquêtes arabomusulmanes de la Perse et de Syrie retrouvèrent une partie importante du patrimoine grec. Néanmoins, à cause de la décomposition des principes, de la disparité des castes et la propagation des doctrines bancales, cette nation n’a pu éviter la dégradation. Entre le symbolisme de Zoroastre qui a posé les bases de la religion mage et le nihilisme de Manès qui a interdit le mariage pour accélérer l’extinction de l’espèce humaine, en passant par l’existentialisme de Mazdak qui considère que les hommes doivent mettre en commun leurs biens et partager leurs femmes, nous entrevoyons une situation sociale putride et un système politique maladif sur la base desquels aucune autorité ne pourrait persister. Une nation émiettée et une anarchie qui ne s’achèvera qu’avec les conquêtes arabomusulmanes.

Ainsi Byzance, appelée à perpétuer la tradition d’Athènes et de Rome, avait failli à sa mission. Non seulement elle n’avait pas su garder les trésors de la culture dont elle était la dépositaire, mais s’était rendue coupable de la destruction d’un grand nombre d’ouvrages scientifiques et de monuments artistiques de l’antiquité. Cet héritage de la connaissance humaine qui n’a pu être sauvé, préservé et enrichi que grâce à l’intervention des conquêtes arabomusulmanes comme nous le verrons dans de prochains articles.

Un prochain article sera également dédié à la situation de la péninsule arabe à l’aube de l’Islam. Ce cas mis à part étant donné qu’une étude plus approfondie serait plus judicieuse.

Références :

  • « Défense du dogme et de la loi de l’Islam contre les atteintes des orientalistes », traduction du livre de Sheikh Muhammad Al-Ghazâlî, Difâ` `an Al-`Aqîdah Wash-Sharî`ah didd Matâ`in Al-Mustashriqîn, éditions Nahdat Misr, deuxième édition, janvier 1997.
  • « Apport des musulmans à la civilisation », livre de Haidar Bammate, éditions Tawhid, Lyon, 1998.

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Le trésor du passé

Posted by wajdi on 31 December 2007

 

 

 

 

Plusieurs gens, lorsqu’ils vont lire le titre de cet article, vont dire : Ah! Il va commencer à parler du passé, ce n’est pas la peine de continuer, on n’a pas de temps à perdre pour lire des histoires, on doit tout d’abord trouver des solutions pour les problèmes qui nous enveloppent.

Cette réaction, tout à fait fausse, peut être justifiée par la méconnaissance du principe qui dit :  « Pour comprendre le présent et construire le futur, il faut aller à l’école primaire ».

Mais, ne vous vous inquiétez pas, pour être admis à cette école, vous n’avez pas besoin ni de préparer les papiers d’inscription ni d’acheter la fourniture scolaire, vous avez seulement besoin d’un

livre et surtout d’un esprit éveillé.

Quelle est donc cette école ? C’est l’école du passé.

Est-ce-que vous savez le premier à utiliser cette méthode pour éduquer les gens et leur montrer le chemin qu’ils devront suivre pour atteindre le bonheur. C’est notre dieu.

On peut remarquer ça à travers le verset Coranique suivant :

{نَحْنُ نَقُصُّ عَلَيْكَ أَحْسَنَ الْقَصَصِ بِمَا أَوْحَيْنَا إِلَيْكَ هَـذَا الْقُرْآنَ وَإِن كُنتَ مِن قَبْلِهِ لَمِنَ الْغَافِلِينَ }يوسف3

« Nous allons te narrer, grâce à la révélation de ce Coran, l’un des plus beaux récits dont tu n’avais auparavant aucune connaissance.

D’ailleurs le tiers du Coran est composé d’histoires.

Et pour mieux comprendre le profit qu’on peut tirer de son passé pour améliorer sa situation actuelle je vais parler de la civilisation islamique et son apport à la civilisation humaine ni pour pleurer ni aussi pour faire l’éloge mais pour répondre à deux questions fondamentales:

Comment les musulmans sont-ils-arrivés à atteindre ce degré de prospérité dans tous les domaines de la vie ?

Quelles sont les causes du déclin actuel qui a poussé beaucoup de gens à formuler des critiques de passivité et de fatalisme contre l’islam?

La réponse à ces deux questions s’obtient facilement en méditant sur le sens de l’affirmation suivante :

« La contribution musulmane à la civilisation humaine a été assurée par des gens dont le génie scientifique a réussi des merveilles harmonieusement liées à une foi sincère en dieu et donc harmonieusemnt liée aux valeurs morales ».

En effet ces gens là ont bien compris le sens de leur existence, ils ont compris qu’ils avaient une mission à accomplir et ils étaient aptes à faire des énormes sacrifices pour être parmis ceux dont le prophète de l’islam a dit à leur égard  « Les meilleurs des gens sont ceux qui sont les utiles aux gens ».

Il existe aussi une loi connue chez tous les juristes musulmans qui dit: « Quand et où il en va de l’intérêt commun, l’action est un ordre divain ». Cette loi était vraiment la base sur laquelle était bâtie la civilisation islamique, et le fait que plusieurs musulmans qui ont excellé dans tous les domaines de la vie étaient en même temps des dirigeants des prières dans les mosquées et parfois des conseillers réputés dans les querelles théologiques témoigne cette réalité, et c’est pourquoi en occident, l’absence de ce principe si évident dans la loi islamique a conduit à un divorce violent entre l’église et l’état.

Finalement, pour illustrer concrètement ce que j’ai dit précédemment, je vais citer l’exemple de deux musulmans qui ont beaucoup influé l’histoire de la science sachant que les apports de la culture islamique à la civilisation humaine sont beaucoup plus vastes.

Le premier est Abou Ali Al-Hussein Ibn Abd-Allah, connu en orient sous le nom d’Ibn Sina et dans le monde entier sous celui d’Avicenne qui fut sans doute le plus grand des médecins de l’orient musulmans.Son ouvrage nommé Règles de médecine fut édité en arabe à Rome en 1593.

Divisé en cinq livres, il comprend la physiologie, l’hygiène, la pathologie, la thérapeutique et la matière médicale. Pendant six siècles, du XIIe au XVIIe siècle, cette oeuvre maîtresse servit de base de’études médicales dans toutes les universités de France et d’Italie. Pendant le XVe siècle, elle connut quinze éditions en latin et une en hébreu. Elle fut réimprimée jusqu’au XVIIIe siècle, et encore au début du XIXe siècle, on la commentait à la faculté de Médecine de Montpellier.

Avicenne composa, en outre, un livre sur les Remèdes pour le coeur et un certain nombres de poèmes sur la médecine. Sa pharmacopée comportait environ 760 drogues…

Le deuxième est Hassan Ibn AL-Haytham. Son traité d’optique a été un événement scientifique de toute première importance. M. Charles estime qu’il fut « l’origine de nos connaissances en optique »

Cet ouvrage traite du lieu apparent des images dans les miroirs, de la réfraction, de la grandeur apparente des objets, de l’usage de la chambre noire qui devait se révéler si important dans la photographie, etc. Les travaux de Hassan Ibn Al-Haytham relatifs aux lentilles grossissantes inspirèrent les recherches de Roger Bacon, de Kepler et d’autres Occidentaux sur le microscope et le téléscope. Critiquant la théorie d’Euclide et de Ptolémée, il donna le premier une description exacte de l’oeil, des lentilles et de la vision binoculaire…

J’espère à travers ce court aperçu vous avoir convaincu sur l’importance d’étudier notre histoire afin de tirer des leçons qui pourront nous éclairer le chemin et nous aider à répandre le bien dans tout le monde et secourir l’humanité en n’oubliant jamais que c’est un ordre divain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La civilisation islamique: une civilisation d’idées

Posted by chams on 15 August 2007

Chaque culture a sa nature, ses spécificités et ses racines. La littérature populaire peut être révélatrice de quelque unes de ces caractéristiques.

En examinant l’histoire de deux symboles de la littérature arabe et occidentale, on peut se rendre compte des différences fondamentales entre ces deux cultures.

Deux personnages, se sont trouvés seuls, isolés du monde humain, et face à ce vide cosmique, ils ont agit différemment. Il s’agit de Robinson Crusoé et Hay Ibn Yakdhan.

Le personnage de Foé remplit son emploi du temps en construisant des outils lui permettant de survivre et de vivre plus confortablement. Tout son intérêt était tourné vers le monde des choses. Le personnage d’Ibn Tufail passe son temps à méditer et à réfléchir sur des questions existentielles et sur les phénomènes qui se passent dans son environnement.

On peut élaborer à partir de ces deux exemples le constat suivant: la civilisation islamique est une civilisation d’idées alors que la civilisation occidentale est une civilisation de choses. La 1ère est née suite à une révélation, une idée, l’autre est née suite à une révolution technique, industrielle.

Nous allons essayer de montrer dans cet exposé la centralité de l’idée dans la culture islamique.

L’environnement culturel pendant l’ère préislamique dans la péninsule arabe était riche. La poésie était très évoluée et avait une certaine influence sur l’individu de l’époque. Cependant, cette richesse culturelle n’a pas crée une civilisation. Bien au contraire, elle n’a cessé de créer les subdivisions au sein des tribus arabe. La raison est à mon avis que cet univers culturel se concentrait sur les choses et les idoles. Le poète de l’époque n’avait pas d’autre message à transmettre que pour glorifier un bien-aimé ou flatter un homme au pouvoir. Ainsi, l’univers des idées est resté inerte, jusqu’au jour ou dans une grotte, une voix a déclenché sa naissance: « lis, lis au nom de ton seigneur qui t’a crée… »

C’est la révélation du coran qui a crée un nouvel univers : l’univers des idées. Cet univers était centré autour d’une idée maîtresse : l’unicité de dieu. « tawhid ».

La dynamique qu’a crée la révélation du coran dans le monde des idées s’explique ainsi : le croyant n’est pas appelé seulement à travers le coran à croire à cette idée, mais il doit l’imprimer dans son cœur et sa conscience par la méditation et la réflexion afin qu’elle puisse transformer le sens de sa vie. Cette réflexion porte sur les 3 axes suivants : l’homme, l’espace et le temps. Les références coraniques sont nombreuses, on va se contenter ici de citer quelques unes :

“Dans leurs récits il y a certes une leçon pour les gens doués d’intelligence. Ce n’est point là un récit fabriqué. C’est au contraire la confirmation de ce qui existait déjà avant lui, un exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour des gens qui croient.” (1)

“N’ont-ils pas médité en eux-mêmes ? Dieu n’a créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux, qu’à juste raison et pour un terme fixé. Beaucoup de gens cependant ne croient pas en la rencontre de leur Seigneur.” (2)

“Certes la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens, dans l’eau que Dieu fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents, et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela il y a des signes, pour un peuple qui raisonne.” (3)

“Cela ne leur a-t-il pas servi de direction, que Nous ayons fait périr avant eux tant de générations dans les demeures desquelles ils marchent maintenant? Voilà bien là des leçons pour les doués d’intelligence.” (4)

Une idée née et entretenue suite à une réflexion permanente autour de ces trois axes a pu transformer brutalement les passions des croyants de l’époque du prophète sur lui bénédiction et salut. Le monde des choses ne représente plus rien par rapport à la grandeur de l’idée qu’ils défendent. Allahou akbar « allah est le plus grand » avait un sens profond dans leurs cœurs.

C’est la force de cette idée qui a permis à un compagnon du prophète , Bilel Ibn Rebeh, soumis à d’atroces tortures de défier de son index, en le levant témoignant de l’unicité de Dieu, toute la Djahiliya. Elle a permis aussi à un autre compagnon de refuser l’offre de l’empereur de Rome de se convertir au christianisme, à l’encontre de la moitié de son royaume.

Les idées étaient si imprimées dans les coeurs qu’elles mettaient leur note sacrée dans toutes les idées exprimées, dans toutes les attitudes, dans tous lieux aboutissant à des changements sociaux radicaux dans la 1ère société islamique : celle de Médine.

Les tribus arabes longuement déchirées par les guerres les plus sanglantes, se sont réunies autour de l’idée islamique. Ils ont oublié toutes leurs rivalités lorsqu’ils ont répondu au message de l’islam.

La hiérarchie sociale basée sur la richesse et le pouvoir a été remplacée par une société ou la richesse matérielle et le pouvoir représentent des devoirs supplémentaires et non pas des faveurs.

Les discriminations raciales et ethniques ont soudainement disparu : « Il n’y a pas de différence entre un arabe et un non arabe ni entre un blanc et un noir si ce n’est par la piété. »(5)

Après la mort du prophète sur lui bénédiction et Satut, le message de l’islam a été transmis de génération en génération et l’idée fondatrice du tawhid était restée imprimée dans les cœurs des musulmans pendant un certain temps. D’ailleurs, les musulmans ne se sont pas contentés de consommer les connaissances religieuses qu’on leur a transmises. Ils n’ont pas hésité pour comprendre l’essence du message de l’islam de créer de nouvelles sciences religieuses: la jurisprudence, l’exégèse du coran, la science du hadith…

L’apogée de la civilisation musulmane a été atteinte grâce à une génération d’hommes qui ont su imprimer l’idée du tawhid dans leurs cœurs et l’exprimer de la meilleur des façons : par la science.

Le mystique à travers son expérience personnelle transmet son propre cheminement vers la connaissance et l’amour de son créateur. Le philosophe transmet son cheminement intellectuel vers la vérité. L’historien transmet les enseignements des histoires des autres peuples offrant une réflexion par rapport au temporel. L’astronome, le géographe transmettent leurs recherches et réflexions par rapport à l’espace confirmant l’unicité divine.

Cette harmonie dans le monde des idées a duré quelques siècles, après lesquelles l’idée fondatrice a commencé à s’effacer des cœurs et les musulmans se sont contentés de consommer les travaux de leurs prédécesseurs, ce qui a conduit à une décadence progressive de cette civilisation.

On a vu l’univers culturel se réduire au 19ème siècle à des Zaouïas, des magiciens, des chefs religieux. C’est le retour au monde des choses et des idoles qui a marqué le maximum de décadence du monde musulman et son retour au stade pré civilisé.

Bien que l’ère des Zaouïas soit dépassée aujourd’hui, l’idée de l’unicité divine “tawhid” n’est pas encore bien imprimée dans les cœurs des musulmans. Le musulman se trouve déchiré entre deux mondes : le musulman pratiquant qui fait ses prières à la mosquée et sort de là pour devenir le musulman pratique plongé dans un autre univers….

Références:

(1) Sourate Joseph verset 111

(2) Sourate les romains verset 8

(3) Sourate La vache verset 164

(4) Sourate Taha verset 20

(5) Hadith rapporté par Ahmad

 

 

 

 

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Les glaives de l’esprit (2/2)

Posted by chams on 12 July 2007

On s’est interrogé lors de la première partie sur la source de la passion des livres chez les arabes au Xème siècle que Sigride Hunke considéra parmi les évènements les plus étonnants de l’histoire des civilisations.

Nous allons au cours de cet exposé essayer d’apporter quelques éléments de réponse à cette question.

La tradition islamique insiste sur la recherche de la connaissance, un mot qui revient à plus de 800 reprises dans le Coran. A cela s’ajoute une somme importante de références faites par le Coran aux phénomènes célestes et à la question de la création de l’univers.

Toutes ces références traduisent clairement une formule simple : « Plus tu sais, mieux tu crois ».

Cependant ceci ne semble pas expliquer directement la passion des livres chez les musulmans de l’époque. En revanche la raison idéologique la plus profonde de cette passion est me semble-t-il traduite par ce hadith du prophète sur lui bénédiction et Salut: « Nul d’entre vous n’atteindra les hauts degrés de la foi que si sa passion soit conforme à mon message ».

لا يؤمن احدكم حتى يكون هواه تبعا لما جئت به

Ce hadith traduit l’aspect « civilisateur » du message de l’Islam capable de transformer les passions des hommes en forces motrices du développement de la cité…

Etant donné que la science est parmi les bases du message de l’Islam, on peut dégager d’après ce hadith une nouvelle formule : « plus tu crois, plus tu aimes la science ».

En reliant cette formule avec la formule précédente (« Plus tu sais, mieux tu crois »), on peut comprendre le cheminement intellectuel (et spirituel) des musulmans de l’époque:

SAVOIR —->AUGMENTER SA FOI —-> AIMER LE SAVOIR —->SAVOIR

 

En outre, d’autres raisons ont bien contribué à cette passion :

* La langue arabe qui s’est forgée et qui s’est imposée comme un instrument de communication internationale : ce qui a facilité l’échange intellectuel et la transmission du savoir;

*Une société multiculturelle et de droits : ce qui a permis aux non musulmans et aux non arabes de contribuer à cette richesse intellectuelle surtout par la traduction des ouvrages perses, grecs et latins.

* Une volonté politique : qui s’est manifesté par l’encouragement des savants et des traducteurs et par la création des bibliothèques et des foyers scientifiques.

En conclusion, on pourrait estimer que les sources de la passion des livres chez les arabes du Xème siècle sont nombreuses et que leur étude est très importante non pas seulement pour la valorisation de notre patrimoine mais aussi car elle nous permet de nous rendre compte des causes profondes de la paresse intellectuelle qui nous envahit depuis quelques siècles.

 

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Omar Mukhtar (عمر المختار) : le lion du désert

Posted by Nidhal on 19 April 2007

 

 

نحن لن نستسلم …. ننتصر أو نموت سوف تأتي أجيال من بعدي تحارب الظلمأما أنا فحياتي سوف تكون أطول من حياة شانقي

 

 

« Nous ne céderons jamais, … nous réussirons ou nous mourons, après moi viendront des personnes qui combattraient l’injustice…. ma vie sera plus longue que celle de ceux qui me pendent »

 

Tels étaient les derniers mots qu’a prononcés Omar Mukhtar devant le publique qui assistait à sa pendaison. Cet homme qui a passé sa vie à combattre l’injustice des colons, et des fascistes Italiens, était un vrai symbole du sacrifice et de la persévérance.

Dans cet article je vais essayer de présenter l’histoire de cet homme, et les enseignements tirés de sa vie.

 

 

 

 

 

I Naissance et éducation

 

Omar Mukhtar est née en 1861 dans le petit village de Janzour à Cyrénaïque( en Arabe Barqah برقه) en Libye. Dans son milieu tribal il a puisé le savoir auprès des maîtres soufis de sa région. Il a appris alors le Coran, la langue Arabe et les sciences religieuses. Dès sa jeunesse il est connu des chefs tribaux par l’excellence de son caractère : un grand orateur, une aptitude remarquable à diriger les individus et une modestie exemplaire.

 

 

Ces traits de personnalité lui ont permis de participer avec succès dans l’élaboration de la paix entre les tribus Libyennes en conflit, construisant ainsi un grand réseau de connaissances, et prenant une place de leader dans toute la Libye. Omar Mukhtar n’a pas voulu se restreindre à sa tribu mais il a fait l’effort de s’ouvrir aux autres factions de son pays, sculptant ainsi ses traits de caractère et profitant de l’expérience des hommes, des femmes qu’il a rencontrés.

 

A travers cette conduite, on perçoit l’importance de l’ouverture sur les autres. Ce n’est pas en se repliant sur sa communauté qu’on peut réussir dans la société dans laquelle on se trouve. Certes notre confession, nos origines peuvent influencer notre rapport à la vie et avec autrui, mais ce n’est pas une raison pour se fermer sur soi. La civilisation Arabo-Musulmane n’a pu excellé qu’en s’ouvrant aux savoir des grecques des indiens et des chinois. C’est en créant une société solidaire où l’individu a la liberté de créer indépendamment de sa religion ou de sa race qu’on a pu voir les savants persans, les médecins juifs et les poètes Arabes travailler ensemble afin de bâtir notre civilisation. C’est aussi en s’ouvrant aux autres tribus qu’Omar Mukhtar a pu rassembler les hommes de son pays dans son combat contre l’injustice et l’occupation Italienne. Et c’est en s’ouvrant aux autres communautés qui constituent la toile du pays dans lequel on se trouve qu’on peut bien réussir, et montrer le vrai visage de notre culture Arabo-Musulmane et ses valeurs qui appellent à l’excellence au respect et à la tolérance.

 

 

 

 

II. Les premières batailles contre les Italiens

 

 

Jusqu’en 1911 la Libye est restée le dernier bastion Ottoman au nord d’Afrique : l’Algérie et la Tunisie passent successivement sous la domination Française en 1830 et en 1881 , ensuite la l’Égypte tombe sous la main des Anglais en 1882. Dans cet environnement hostile un sentiment d’appartenance à la culture Arabo-Musulmane monte chez les chefs tribaux Libyen, Omar Mukhtar se prépare alors à d’éventuelles hostilités contre son pays, en consolidant ses relations avec ses compatriotes, et en participant dans le mouvement de résistance contre l’invasion française au centre d’Afrique en 1899. Ce n’était pas donc une surprise qu’Omar Mukhtar a pris le flambeau de la résistance dès les premiers bombardements Italien sur les côtes Libyennes le 19 octobre 1911 et après l’appel général à la résistance lancé par le chef religieux de l’école soufis des snoussis répondu dans tout le pays, Ahmed Charif. Dès lors Omar Mukhtar se place à la tête d’une guérilla et combat avec bravoure les envahisseurs. Certes la balance n’était pas en faveur des libyens et surtout après le départ des turques en 1912 mais la foi le courage et la force qu’a pu enraciner le lion du désert dans le coeur de ses hommes lui ont permis de remporter des batailles importantes comme la bataille du jour du Vendredi le 16 mai 1913 et la bataille de Bouchamal le 6 octobre 1913. A travers son bravoure cet homme âgée jusqu’ici de la cinquantaine nous enseigne que la résistance est un devoir et une fierté à chaque personne indépendamment de son âge et de sa situation. Le lecteur peut affirmer que de nos jours la colonisation militaire, n’est plus d’actualité (mis à part quelques pays comme l’Irak et la Palestine ) et donc quel est l’intérêt de parler de mouvement de résistance, mais personnellement je trouve que c’est réducteur de se limiter à l’aspect militaire de la question. L’aspect le plus dangereux de la colonisation est l’aspect culturel. Personne ne peut nier que la culture Arabo-Musulmane comme d’autres cultures subit l’invasion occidentale, sur tout les plans.

 

Notre manière de nous habiller, nos moyens de divertissement, et même notre manière de vivre s’occidentalisent. Les textes et les personnages fondateurs de notre culture sont de plus en plus remis en cause et pour clore le tout une poignée de personnes qui se disent appartenir à notre culture et qui se proclament ses fervents défenseurs menacent de mort tous ceux qui nous portent critiques. On peut dire qu’Omar Mukhtar a porté les armes devant les envahisseurs, mais si on réfléchit, le lion du désert n’a combattu les Italiens que par leurs propres armes, et donc on doit combattre l’invasion culturelle par ses propres armes. Une personne qui a une vision sombre sur notre culture et notre histoire et qui l’exprime dans plusieurs articles et livres, ne doit pas recevoir des menaces mais doit recevoir des écrits qui démentent ce qu’il a prétendu et qui montrent les valeurs nobles de la culture Arabo-Musulmane. Un effort de production et de créativité est demandé aux individus appartenant à notre civilisation afin de renouer avec l’excellence ce qui permettra de se protéger contre cette « nouvelle » forme de colonisation et de préserver la diversité culturelle dans le monde. Mes propos ne signifient pas qu’on doit rester fermer sur soi bien au contraire, il faut s’ouvrir aux autres tout en gardant sa spécificité et en améliorant ce qu’il y a de mauvais en soi.

 

 

Pendant la première guerre mondiale Omar Mukhtar et sous les ordres de Ahmed Charif conduit ses troupes en Égypte pour combattre les Anglais, mais malgré quelques victoires la méconnaissance du terrain n’a pas permis au lion du désert de combler la différence de forces comme il le faisait dans son pays. Suite à cette mésaventure le chef religieux Charif quitte le pays pour la Turquie et il est remplacé par Idriss Snoussi qui commence une politique de rapprochement avec les Italiens. Il signe avec eux une convention leurs donnant une partie du pays. Cette nouvelle politique n’a pas plu à Mukhtar qui prend en charge le mouvement de résistance. Le nom de notre personnage devient le symbole de l’union et la fierté de tout les Libyens. Ses frappes faisait mal aux intérêts des Italiens en Libye ce qui poussa ces derniers à essayer de corrompre notre homme en août 1922 avec un très beau salaire de belles maisons et des terres. Omar Mukhtar cet homme de 60 ans qui a tant donné pour son pays va- t- il accepter de mener la belle vie de profiter de ces délices et de suivre le chemin de plusieurs des chefs tribaux et religieux de son pays? Non, le lion du désert ne vend pas ses principes. Certes il va souffrir et il va risquer sa vie mais c’est un porteur de messages. Ce qui l’anime est la volonté de combattre l’injustice coloniale. Sans cette résistance il savait que le peuple Libyen va perdre son pays mais aussi sa liberté et donc ses ressources humaines et matérielles. Il est vrai que la vie dans nos pays est plus difficile que celle des pays européens, on a moins d’opportunités, mais Omar Mukhtar nous apprend le sens du sacrifice. A l’instar du lion du désert il faut prendre les armes, les armes du savoir pour développer nos pays et préserver notre culture et nos valeurs pour le bien de l’humanité entière.

 

 

 

 

III. Omar Mukhtar et les fascistes :

 

En Octobre 1922 les fascistes prennent le pouvoir en Italie. Le mouvement de la résistance Libyen prend un autre tournent. Ces nouveaux colonisateurs annulent tous les accords entre l’Italie et les Libyens, et partent à la conquête du reste du pays. Bien que la balance des forces penchait incontestablement du côté fasciste mais cela n’a jamais démotivé le Lion du désert, il savait que ce qui permettait au mal de triompher était l’inaction des gens du Bien. Le réalisateur Moustapha Akkad , à travers son film Omar Mukhtar a bien montré le quotidien des résistants et a dessiné le tableau de leurs bravoures et leurs exploits. Une des batailles qu’a montré ce film et qui m’a marqué est celle où le lion du désert et ses hommes ont pu détruire tout un groupe de militaires fasciste, bien armé. Tout les soldats étaient morts dans la bataille, sauf un. Omar Mukhtar va t il tuer ce soldats comme le fait les nouveaux maître de l’Italie avec les libyens? Non, ce ne sont pas les valeurs que défend le lion du désert. Il l’a libéré et lui a rendu le drapeau Italien. Le problème n’était pas les Italiens ou L’Italie mais la colonisation fasciste.

 

 

Malgré les difficiles victoires qu’a emportés le régime de Mussolini , celui ci est resté sous le feu des résistants. Les Italiens décident d’entrer dans des négociations avec Omar Mukhtar en juin 1929. Ce dernier accepte pour essayer de limiter la souffrance de la population prise comme bouc émissaire par les fascistes. Mais lors des conversations il remarqua que ses interlocuteurs n’étaient pas sérieux et qu’ils essayent de nouveau de le corrompre. Mais le lion du désert était toujours aussi ferme : on pouvait tout tuer sauf la volonté des peuples à être libres.

 

 

 

Les combats continuent avec autant de ferveurs ce qui poussa Mussolini à mettre le terrible maréchal Graziani à la tête des troupes en Libye. Il prendra des mesures très sévères envers toute la population en fermant les frontières du pays, en bâtissant des prisons dans toute les régions, et en exécutant dans des village à la manière Romaine le un dixième des hommes pris au hasard. Les forces de ce sanguinaire ont aussi réussi à conquérir des régions stratégiques comme alkafra, ce qui a affaibli considérablement le mouvement de la résistance.

 

 

Le 11 septembre 1931, alors qu’il est âgé de 69 ans le lion du désert tomba sous la main des Italien pendant la bataille. Celui qui tant donné pour défendre son pays et ses valeurs, fatigué par ses années de résistance par son âge et par la maladie tombe de son cheval, mais il tombe pour se relever et marquer à jamais son nom dans l’histoire des grands hommes et des figures phares de notre civilisation. Il tombe de son cheval mais il reste fier de ce qu’il a fait. Il savait bien les graines qu’il a semé vont un jour germer, pour le bien de son pays.

 

Le maréchal Graziani jusqu’ici critiqué en Italie puisqu’il n’a pas pu arrêter les attaques des résistants, décide d’interrompre ses vacances à Paris et d’aller personnellement à la rencontre du Lion du désert. Dans son livre « Barqah calmé » le fasciste dit en décrivant la première rencontre avec Omar Mukhtar: « Je voyais en Omar des milliers de résistants … Il m’a semblé que l’homme qui était devant moi n’était pas comme les autres, il avait une présence, un charisme. »

 

 

 

Le maréchal tente de nouveau de corrompre Omar Mukhtar pour qu’il ordonne aux résistants de jeter leurs armes, mais ce dernier refuse comme il l’a toujours fait. Il savait très bien que sa vie est le symbole et la lumière qui guidera ses compatriotes vers leur liberté. Certes il va descendre du train de la vie mais ses enseignements vont perdurer dans l’histoire. Sa ténacité et ses principes lui ont prévalu un grand respect de tous ceux qui l’ont côtoyé même ses pires ennemis. Graziani rajoute dans son livre « Quand il s’est mis debout pour repartir en prison son front brillait comme si une lumière l’enveloppait, mon coeur battait très fort, mes lèvres tremblaient et je n’ai pas pu dire un mot.»

 

 

 

 

Le 15 septembre le lion du désert est condamné à mort et le lendemain il est pendu devant vingt mille des habitants de Barqah et des prisonniers politiques venus voir leurs chefs tombé en martyrs. Le corps de ce grand homme tombe mais ses principes s’élèvent dans les coeurs de tout ceux qui croient à la liberté et la justice humaine.

 

 

 

 

 

Sidi Omar Mukhtar, comme aimaient vous appeler les libyens qui vous ont côtoyé, votre vie était plus longue que celle de ceux qui vous ont pendu. Elle est restée porteuse d’enseignements. Vos sacrifices nous rappellent nos devoirs envers notre civilisation et notre culture. Votre ouverture d’esprit enracine en nous la volonté d’aller vers les autres cultures afin d’instaurer un dialogue équitable. Sidi Omar vous êtes entré dans l’histoire par sa grande porte et vous allez y rester pour longtemps comme figure phare de notre civilisation.

 

 

 

 

 

 

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Les glaives de l’esprit

Posted by chams on 23 March 2007

Tout au long de l’histoire, la passion prédominante des hommes était celle de posséder les biens matériels et de gouverner. Mais pendant l’age d’or de la civilisation islamique (9ème et 10ème siècle), une nouvelle passion est apparu et s’est propagée telle une course automobile : la passion des livres. Le niveau économique et social ne se mesurait plus par la fortune et le pouvoir qu’on détient mais en fonction des livres qu’on possède. Les bibliothèques sortaient de la terre comme des champignons. On comptait au Caire une centaine de bibliothèques contenant pas moins de 2 millions de volumes.

Cette passion fut partagée par toutes les classes sociales.

D’abord les hommes au pouvoir étaient parmi les plus fous des livres : le prince fatimide Al-Assis possédait six millions de volumes. Un certain vizir ne partait jamais en voyage sans emmener avec lui trente charges de chameaux uniquement constituées de livres.

Alors qu’on déposséda généralement le vaincu de ses richesses matérielles et de ses armes, les califes arabes de l’époque se sont intéressés plutôt aux richesses et aux armes intellectuelles : Harun al-Rachid, après la conquête d’Ankara n’exigea rien de plus que la livraison de tous les manuscrits grecs anciens.

Les plus passionnés étaient sans doute les intellectuels qui ont bien profité de ces richesses et de la multiplication des foyers scientifiques qui a crée une réelle émulation entre les différents groupes de savants et développant entre eux des liens multiples (échanges de lettres et de livres, visites, coopération autour d’un projet). L’époque a connu par conséquent l’apparition d’une génération de scientifiques polyvalents qu’on qualifierait d’encyclopédistes tel Ibn Sina, Al Kindi et Ibn Hazm, Abou Bakr al razi, al Tabari, Al Farabi, Jâbir Ibn Hayyan

On peut affirmer d’après ce qui a été rapporté (et qu’on a du mal à imaginer) que le moins chanceux parmi aurait lu des milliers de livres. Par exemple, le fameux médecin de Kairouan Ibn Al Jazar se vit dans l’obligation de refuser l’offre du sultan de Boukhara de venir à sa cour parce qu’il a fallu 400 chameaux pour transporter l’ensemble de sa bibliothèque !

Les amateurs de livres ne constituaient pas une petite élite car on en trouva parmi les gens de toutes les classes. Tout homme instruit qu’il soit commerçant ou charbonnier, Cadi ou Muezzin fréquentait les librairies. Sigride Hunke(1) rapporte que la bibliothèque moyenne d’un particulier contient plus d’ouvrages à elle seule que toutes les bibliothèques de l’occident réunies !

On peut s’interroger maintenant sur la source de cette passion pour un peuple qui n’avait pas à l’époque d’héritage scientifique et culturel énorme par rapport à celui des romains, des perses et des grecs…

A suivre

(1)Orientaliste allemande née en 1913.Elle a écrit un ouvrage très intéressant sur l’apport de la civilisation islamique intitulé « le Soleil d’Allah brille sur l’Occident »

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Omar Ibn Abdelaziz : le sens de la justice

Posted by Nidhal on 4 March 2007

Introduction

Dans cet article je vais essayer de présenter un des symboles de la justice de la civilisation Arabo-musulmane. Certainement, il faudrait des livres pour tracer le parcours exceptionnel de cet homme mais je tenterai à travers ces quelques lignes de présenter les éléments clé de sa vie et de vous communiquer tout le respect et l’admiration que je porte envers ce personnage

I. Présentation


Omar ibn Abdelaziz fut le huitième calife omeyyade et le cinquième des califes « bien dirigé » (الخلفاء الراشدين) de l’islam. Il est né en 680 (l’an 61 du calendrier musulman) à Médine, et mort à Damas l’an 720 (an 102 de l’hégire). Son père est Abdelaziz ibn Marouen ibn alhakem l’omeyyade et sa mère est Um Assem Leyla, la petite fille d’ Omar ibn Elkhatab.
Il vécut toute son enfance à Médine dans la famille pieuse de sa mère. Il puisa le savoir auprès des grands oulémas de la ville, ce qui sculpta sa personnalité et forgera ses qualités humaines formidables. A la mort de son père, le calife Abd Al-Malik le convoqua à Damas centre du califat et le mariera avec sa fille Fatima.

II Omar sous le règne d’Al-Walid Ibn Abd-Al-Malik


A la mort de Abd Al-Malik, son fils aîné Al-Walid devient calife, il nomma Omar comme gouverneur (wali : والي) de médine puis du Hijaz. Commença alors le parcours exceptionnel de cette homme. Il commença son règne sur Médine par appeler les oulémas les plus pieux de la ville et les informa qu’ils seraient ses conseillers auprès des gens. Ses actions à cette époque là étaient multiples. On peut citer qu’il organisa personnellement, et sous la demande du calife de Damas l’élargissement de la mosquée du prophète que la bénédiction et la paix soient sur lui. Il ordonna la construction de puits et de routes dans toute la région. Il ouvra ses portes à tous les pauvres et les démunis. Sa justice était tel qu’un jour, il a reçu l’ordre du calife de punir un habitant de Médine parce qu’il avait refusé de donner sa maison pour permettre l’élargissement de la mosquée du prophète paix sur son âme. Il alla lui même à Damas pour demander grâce à cet homme auprès d’ Al-Walid. N’est ce pas une belle leçon sur les droits de l’homme. Omar, en traversant des centaines de kilomètres pour défendre le droit de cet homme de s’exprimer et donc son droit à la liberté, montre importance de l’être humain dans notre civilisation. Omar n’était il pas par son action un défenseur des droits de l’homme bien avant que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen n’a vu le jour qu’en 1789 ? Il faut donc prendre son exemple, et affirmer avec force l’engagement de notre civilisation envers les valeurs de la liberté et de la justice.
Pendant la période que passa Omar à Médine les réclamations auprès du calife cessèrent et de nombreux émigrés venaient de l’Irak pour échapper aux tyran Al- Hajej Ibn Youssef Athakafi. Ce dernier incita Al-Walid à révoquer Omar de son poste de gouverneur. Omar fut révoqué mais sa bonne réputation se répandit dans l’empire.
Après son retour à Damas, il continua d’agir pour aider les plus démunis. Il n’avait pas peur de défendre les bonnes causes auprès du calife. Il le conseilla de contrôler ses gouverneurs et de les empêcher d’exécuter les gens pour n’importe quelle raison. Ses attitudes lui ont prévalu plusieurs fois la colère du calife et voire être emprisonné pendant trois jours. Mais il ne renonça jamais à défendre la justice. Omar était toujours prêt à risquer sa vie pour la vérité. Sa foi pour un monde juste comme celui du temps du prophète que la bénédiction et la paix soient sur lui était grande, et il accompagné cette foi par des actions pour contribuer à rétablir ce monde.

III Omar sous le règne de Sulayman Ibn Abd-Al-Malik


Les années passèrent et voilà qu’Al-Walid Meurt. Son frère Sulayman prend le pouvoir. Omar devient alors le vésir et le conseiller personnel du calife. Il lui suggéra de changer les mauvais gouverneurs, et de rendre les biens volés par ces gouverneurs à leurs propriétaires. Un jour Sulayman alla à Médine, il donna beaucoup de présents aux riches de la ville. Fier de sa générosité il demanda à Omar ce qu’il pensait de son action. Ce dernier répondit: j’ai vu que tu as rendu les riches plus riche et laisser les pauvres dans leurs états. Omar rappelait toujours le calife qu’il était responsable devant Dieu de tout ce qui se passait dans l’empire. Pendant le pèlerinage (al-Hajj) le jour de Arafat (9ème jour du dernier mois du calendrier musulman), le calife était étonné de voir tant de personnes . Alors Ibn Abdelaziz lui dit : Aujourd’hui ils sont tes sujets mais demain tu devra rendre compte de ce que tu as fait d’eux devant Dieu (هؤلاء رعيّتُك اليوم ، وأنت مسئول عنهم غداً ) . Il multiplia ses conseils auprès du calife toujours dans le but d’établir une certaine justice dans le monde où il évoluait.

IV Règne d’Omar Ibn Abdelaziz


A la fin de son règne vers l’année 717 (an 99 du calendrier musulman) Sulayman tomba malade. Sous le conseil du savant Rajè Elkindi il désigna dans son testament Omar comme successeur. Dès que ce dernier a apprit qu’il est devenu le calife, il alla à la mosquée des omeyades de Damas et tout ému il prononça son premier discours. « Que celui qui veut devenir calife et me libérer de ce fardeaux le devient » cria t-il. Mais tout les gens présent à la mosquée le clamait. Ils l’aimaient comme jamais des sujets n’aimaient leurs roi. C’était la lueur d’une nouvelle ère qui s’annonçait un rayon de soleil qui éclairerait leurs chemins et qui renouerait avec la justice qu’aurait reconnu les gens pendant le règne des califes « bien dirigé ».
Ce jour là Omar, le prince omeyyade très riche, qui a passé toute sa jeunesses dans le luxe va se métamorphoser. Ce jour là on a offert la vie à Omar, on lui a offert le pouvoir et la richesse : il devient le maître d’un empire qui s’étendait sur les quatre coins du monde de l’Espagne au Pakistan passant par L’Afrique du nord, la Syrie la Palestine la péninsule Arabique et l’Iran mais ce jour là Omar décida de refuser le luxe, décida de vivre comme un mystique, un moine, tout en restant un homme d’action qui agit pour le bien de ses sujets et qui passe tout son temps à résoudre leurs tracas. Il commença alors par rendre à la caisse de l’empire tout l’argent qu’il possédait, tout ses vêtements de luxe, tout les bijoux de sa femme. Il quitta le palais royale pour habiter dans une petite chambre comme celle ou vivaient les pauvres et les veuves de son empire. Dès le premier jours de son règne il commença par changer les gouverneurs injustes et déposséder toute la famille royale des biens qu’elle a acquit injustement .Il rendit ainsi tout ces biens à leurs propriétaires. Un jour l’un de ces anciens gouverneurs (Ibn Al-Mouhaleb) rendit visite à Omar et lui apporta des cadeaux de valeurs inestimable, croyant qu’il gagnerait ainsi le coeur du roi, mais ce dernier prend tout ces cadeaux les mets dans la caisse de l’empire et le questionna sur l’origine de cet argent: Ce calife a toujours voulu combattre la corruption au sein de son empire. Ibn Abdelaziz et dès son arrivé au pouvoir a éradiqué les privilèges en commençant par sa famille. Chaque citoyen de l’empire, qu’il soit prince ou paysan, pauvre ou riche, a les même droits et les même devoirs. Je me demande souvent pourquoi il y a autant de corruption dans nos pays . Le problème c’est qu’on ne connaît pas notre histoire et nos valeurs. On croit à tort que les autres civilisations ont inventé les droits de l’homme, l’égalité entre les individus alors qu’Omar montre bien qu’au Septième siècle la civilisation Arabo-Musulmane a connu toutes ces valeurs et les a défendues avec ferveur. Il est donc de notre devoirs de continuer le chemin comme l’a fait nos prédécesseurs et essayer de changer en bien nos sociétés en combattant la corruption et les pots de vain.

Les actions sociales, du calife omeyyade étaient multiples. Il ordonna la constructions d’autoberges gratuites tout le long des routes. Il ordonna ses gouverneurs de subvenir aux besoins des pauvres et ceci en donnant à chaque personne un salaire qui lui permettrait de vivre dignement. Il construit des centres de soin et paya pour chaque personne non voyante et chaque deux malades de l’empire une personne qui l’aiderait dans le quotidien. Pendant ces deux années de règne les riches de l’empire ne pouvaient plus trouver de pauvres pour leurs donner l’aumône (Zakat زكاة), une telle justice sociale était possible dans cet empire très riche qui s’étendait sur les quatre continents. Il fallait juste un Omar, un homme qui pense aux plus démunit à ces gens qui peuvent tant donner s’ils ont la chance d’êtres aidé. Et c’est à nous aujourd’hui d’agir pour le bien de nos société en prenant son exemple. Un jour raconte sa femme Fatima je suis rentré dans la chambre du calife alors je l’ai vu en train de pleurer je lui ai demandé qu’est ce qui n’allait pas il répondit alors : « Fatima j’ai eu la responsabilité de gouverner le peuple du prophète Mohamed (Mahomet) que la bénédiction et la paix soient sur lui, j’ai songé alors au pauvre affamé, au malade perdu, à celui qui ne possède rien, à celui qui est injustement traité , à l’étranger, au prisonnier , au pauvre qui possède une grande famille, je me suis rappelé que Dieu me questionnera sur tout ces individus et que celui qui défendrait leurs intérêts était le prophète que la bénédiction et la paix soient sur lui. J’ai eu peur que je n’aurai aucun argument devant lui, je suis devenu triste et j’ai pleuré.

يا فاطمة إني تقلدت أمر أمة محمد صلى الله عليه و سلم فتفكرت في الفقير الجائع، والمريض الضائع،والعاري المجهود،و المظلوم المقهور،والغريب المأسور، وذي العيال في اقطار الأرض،فعلمت أن ربي سيسألني عنهم،وأن خصمي دونهم محمد صلى الله عليه و سلم،فخشيت أن لا تثبت لي حجة عن خصومته،فرحمت نفسي
فبكيت

Omar Ibn Abdelaziz était Généreux, humble, pieux, comme l’affirmait tout ceux qui l’ont côtoyé . Il a agit aussi pour créer une société de savoir . Il ordonna que tout les savants soient gracieusement payés pour qu’ils se consacraient entièrement à leurs messages. Il donna des aides à tout ceux qui partaient en quête du savoir. Il proposa sous le conseil des oulémas de rassembler les Hadiths (paroles du prophète que la bénédiction et la paix soient sur lui) de peur qu’ils ne disparaissent ou qu’ils subissent des modifications. Il a voulu une société de savoir, pieuse où les riches et pauvres vivaient en harmonie. Il donnait toujours l’exemple: Omar, qui pouvait dormir dans la soie, se couvrir d’or et manger les délices du monde, a décidé de vivre simplement, il mangeait du pain, des légumes, il avait deux vêtements simples et vivait dans une chambre. Il a voulu ainsi renouer avec le temps du prophète et des califes « bien dirigés » Il montra aussi à ses sujets que de peu on pouvait vivre mais aussi que de peu on pouvait agir pour le bien de l’humanité. Nos pays et bien qu’ils n’ont pas les moyens des pays développés, ont un grand potentiel humain. Il faut alors former des individus fiers de leur civilisation et qui se contentent de peu pour pouvoir changer la situations de nos pays. Omar l’a fait, de sa petite chambre il a bouleversé la face de son empire. Pourquoi pas nous? On doit contribuer aux progrès de l’humanité et celui de notre civilisation. C’est un message de paix et de réussite qu’on doit chercher. L’argent et les délices de la vie ne doivent pas être un but mais une conséquence de la réussite de notre civilisation.

Omar et sans qu’il se rende compte était un vrai démocrate. Les premiers jours de son règne il envoya des lettres aux oulémas les plus pieux de l’empire demandant leurs conseils. Il constitua ainsi une assemblée de dix savants qu’il consulta avant chaque action. Rares sont les rois aussi puissants qui prenaient compte des avis des savants et de leurs sujets. En effet et dans plusieurs de ses discours Omar affirmait qu’il n’était qu’une simple personne – lui le grand calife- qu’il pouvait se tromper et perdre le droit chemin. Il rajoutait que c’était du devoir de ces sujets de le conseiller et de le guider. C’était le principe fondateur de l’islam qui est Achoura ( الشورى ) qui l’animait. Encore une fois la justice de ce calife voulait que tous les « citoyens » soient impliqués dans le progrès et la réussite de la société. De nous vient le changement. On ne doit pas attendre que la démocratie nous soit livrer sur un plateau, on doit l’obtenir tout d’abord en l’enseignant à travers des exemples de notre civilisation Arabo-Musulmane. La démocratie à l’irakienne on n’en veut pas. On veut une démocratie comme celle qu’a instaurée Omar Ibn Abdelaziz, qui émane de nos principes et nos valeurs et c’est la seule voie possible pour qu’elle s’instaure dans nos pays. On ne reçoit pas la démocratie, on la mérite. Et pour la mériter il faut qu’elle voit le jour par nos actions et non pas qu’elle soit rapportée par les autres. Cela ne veut pas dire qu’on doit se fermer sur autrui mais il faut qu’on sort le changement de la profondeur de notre âme.

Maintenant nul ne peut s’étonner si j’affirme avec force que le peuple a aimé et a chéri Omar. Il est devenu le symbole de la justice, de la bonté et de l’humilité. Tout l’empire musulman a respiré le bonheur, la joie et l’harmonie pendant son règne de deux ans et demi. Il renoua avec l’époque du prophète que la bénédiction et la paix soient sur lui et des califes « bien dirigés », et il donna l’espoir d’un monde meilleur.

Conclusion


Tel était la grandeur d’Omar ibn Abdelaziz. L’homme pieux vertueux qui refusa les délices de la vie et qui s’est consacré à agir pour le bien de l’humanité.
Je pense qu’il faudrait sortir de la profondeur de notre âme les qualités qu’ incarnait Ibn Abdelaziz: l’humilité, le sens de la justice, l’amour des pauvres, mais aussi la volonté de changement. Un homme seul a pu bouleverser sa société et ré instaurer les valeurs de la justice. Cet homme a construit pendant son règne un état où l’individu est une valeur sûre, qui a tout ses droits : le droit de vivre dignement et d’exprimer ses opinions sans peur. Un état sans corruption, où le savoir est clé de la réussite. Si chacun de nous apprend à être Omar on pourra changer la face de nos sociétés pour le bien de l’humanité entière.

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