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Ibn Badis: La culture au service de la décolonisation

Posted by chams on 31 December 2007

 

Nombreux sont ceux qui ont lutté contre la colonisation, la plupart d’entre eux ont axé leurs luttes dans les champs politique, syndical et militaire. Un champ a été souvent négligé par de nombreux militants : « la décolonisation culturelle ».Abd Al Hamid Ibn Badis fut le leader de cette lutte dans le contexte algérien. Nous allons au cours de cet article présenter les aspects les plus importants de la vie de ce personnage tout en montrant l’efficacité de son approche « se cultiver pour se libérer »

La crise culturelle algérienne après la colonisation :

Au début du 19ème siècle, l’Algérie était parmi les états les plus civilisés de l’empire ottoman, le taux d’analphabétisme était plus bas qu’en France. Ceci était acquis grâce aux mosquées et aux écoles coraniques qui jouaient un rôle culturel et éducatif très important.

Lorsque la France a mis les pieds en Algérie et devant les difficultés militaires que trouvaient ses forces pour envahir le pays, les dirigeants français étaient conscients que la colonisation culturelle pourrait faciliter la tache aux militaires.

C’est pour cela qu’elle s’est attaquée en premier lieu aux écoles coraniques et aux centres éducatifs, de nombreux d’entre eux ont été fermés, et l’enseignement de la langue arabe a été prohibé, seules les écoles francophones étaient autorisées à diffuser le savoir.

En conséquence, le taux d’alphabétisme a chuté rapidement pour atteindre les trois pour cent à la fin du 19ème siècle et le maraboutisme s’est répandu de façon très significative.

Naissance et éducation

Ibn Badis est né à Constantine en 1889. Il a reçu un enseignement traditionnel, et a éprouvé depuis son enfance une passion pour le savoir.

A l’age de 19 ans, il se rendit à Tunis pour poursuivre ses études dans l’école prestigieuse de la Zitouna, là il fut diplômé après quatre ans d’études.

De retour en Algérie, il commença à donner des cours à la mosquée de Constantine, mais de nombreux obstacles l’ont empêché de continuer. En effet, les responsables de culte de la ville de Constantine étaient jaloux et mettaient les bâtons dans les roues afin que ses cours ne se passent pas dans des meilleures conditions.

En 1917, il se rendit à la Mecque pour faire le pèlerinage et il décida de ne plus revenir chez lui car l’acquisition et la diffusion de savoir et beaucoup plus aisée à la Mecque qu’en Algérie.

Mais quatre ans plus tard, il décida de revenir chez lui afin de contribuer à la libération de son pays. Il rencontra juste avant de rentrer Al Béchir Al Ibrahimi et les deux hommes se sont mis d’accord sur une stratégie de libération de l’Algérie.

Ibn Badis l’éducateur

De retour en Algérie, Ibn Badis se consacra à la diffusion du savoir. Il donnait des cours tout au long de la journée ; cela va des sciences éducatives telles: la littérature, l’histoire, la géographie aux disciplines civiques et religieuses. Son action pédagogique ciblait aussi bien la jeunesse, garçons et filles, que les adultes.

Son but au départ était de former un corps enseignant pouvant l’aider à diffuser le savoir dans toute l’Algérie.

Une fois ce corps enseignant prêt, il passa à la deuxième étape de sa stratégie : la création des écoles.

Ibn Badis créa en 1926 la première école primaire arabophone en Algérie. En 1930, il créa l’association de l’éducation et de l’enseignement islamique qui avait pour but de diffuser les connaissances et l’éthique islamique dans la société Algérienne. L’association a fait un travail énorme de formation des jeunes algériens. En 1930, le nombre d’écoles faisant partie de l’association a atteint les 70 écoles et le nombre d’étudiants a atteint les 30000 étudiants.

Ibn Badis le journaliste

Ibn Badis créa en 1925 un journal intitulé « al muntakid » -Le Censeur-, qui avait pour but de montrer les aspects négatifs de la société Algérienne afin de les remédier. Il s’est attaqué dans pas mal d’articles au maraboutisme qu’il considéra en contradiction avec les valeurs musulmanes authentiques.

Il n’a pas hésité dans certains articles de critiquer la politique colonialiste française et d’appeler les algériens à s’unifier contre la colonisation. A cause de cela, le journal a été censuré en 1926.

Il créa un autre journal « achihab » -Le Météore-. Dans ce journal, Ibn Badis a évité de parler de politique, mais mettait en avant ses idées réformistes afin de libérer les algériens des idées mortes qu’ils ont reçus et de rectifier leurs fois. A travers son journal, il a entrepris une vigoureuse défense de la langue arabe et de la liberté du culte.

Ibn Badis : Le réformateur religieux

Ibn Badis a subi l’influence du mouvement salafi réformiste musulman prônant le retour à un Islam purifié de toutes les déformations qui l’ont dénaturé. Ce mouvement a trouvé son inspiration dans la pensée de Jamal Eddine Al Afghani, Mohamed Abdou et Mohamed Iqbal.

Il appelait au retour aux sources de l’islam, tout en évitant le traditionalisme, ceci sans rompre avec les réalités et les défis de son époque.

Cette influence s’est concrétisée par la réforme de la pratique religieuse en Algérie en combattant les pratiques obscurantistes d’un certain nombre de confréries soufis.

Grâce à son talent d’orateur, à son action journalistique, à sa pédagogie, à son esprit d’ouverture et à son contact permanent avec toutes les classes du peuple algérien, Ibn Badis avait plus de succès que ses prédécesseurs : ses idées réformatrices se sont propagées rapidement dans les milieux populaires et le maraboutisme a pratiquement disparu dans les villes vers la fin des années trente.

Ibn Badis et la libération de l’Algérie

Bien qu’oeuvrant loin du champ politique, la contribution d’Ibn Badis à la libération de l’Algérie était très importante.

En luttant pour sauvegarder la personnalité algérienne et éliminer les déformations maraboutiques qui défiguraient l’islam et en faisaient un instrument au service de la domination coloniale, il forma une génération d’hommes bien attachés à leur culture, à leur religion et à leur patrie, conscients des défis de leur époque. Cette génération constitua le noyau dur de la révolution algérienne qui s’est déclenchée cinq ans après son décès.

Paroles d’Ibn Badis:

La nation algérienne n’est pas la France, ne peut pas être la France et ne veut pas être la France.” (Echihab – Avril 1936)

Le peuple musulman, imprégné de principes démocratiques islamiques, ne peut suivre une doctrine qui ne préconise l’évolution humaine que par l’hégémonie d’une race sur les autres. Les principes islamiques sont basés sur l’égalité de tous les êtres humains.” (Déclaration faite le 3 avril 1937 au journal “La Lutte sociale”,organe du Parti communiste algérien).

L’indépendance est un droit naturel pour chaque peuple de la terre. Plusieurs nations qui nous étaient inférieures du point de vue de la puissance, de la science, de la force potentielle et de la civilisation ont recouvré leur indépendance. Nous ne sommes pas des devins et ne prétendons pas – à l’image de ceux qui déclarent que l’ Algérie demeurera éternellement ce qu’elle est – partager avec Dieu la connaissance de l’avenir, De même que l’Algérie a changé à travers l’histoire, de même il est possible qu’elle continue à se transformer.” (Echihab – Juin 1936).

L’islam a libéré l’intelligence de toutes croyances fondées sur l’autorité. Il lui a rendu sa complète souveraineté dans laquelle elle doit tout régler, par son jugement et sa sagesse“.

“(…) Et nous aimons l’humanité que nous considérons comme un tout et nous aimons notre patrie comme une partie de ce tout. Et nous aimons ceux qui aiment l’humanité et sont à son service et nous détestons ceux qui la détestent et lui portent tort.” (El Mountaquid – juillet 1925)

 

Référence: Site officiel d’Ibn badis http://www.binbadis.net

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Le sel dans nos bouches

Posted by islem on 28 December 2007

 

Tu te réveilles un beau matin (ou peut être pas), tu l’accueilles avec un beau sourire et tant de rêves. Tu prépares ton café, et peut être tu cherches un journal à lire pour accomplir ta tâche universelle: connaître les actualités dans le monde. S’y sentir impliquer ou non présente une autre problématique. Et durant tous ces instants magnifiques pour certains et ordinaires pour d’autres, n’oublie pas de remercier Dieu que tu possèdes encore le droit de mettre du sucre dans ton café car il y a des gens dans ce monde qui sont obligés chaque matin de prendre un café bourré de sel, si ce n’est pas à chaque instant de leur vie.

Si tu jouis encore dans ta vie du pouvoir de distinction entre le sel et le sucre, il y a des hommes et des femmes qui ont été privé de ce simple et inné droit sans même avoir besoin de leur couper la langue. Quand on a commencé à apprendre notre langue maternelle (l’arabe), on a acquis la logique de la conjugaison des verbes. A titre d’exemple, on ne peut pas dire il ‘détournent’ la réalité, ‘définissent’ le sens du terrorisme et ‘redessinent’ sur terre les frontières des pays et des cerveaux humains. Mais aujourd’hui cette règle est devenue possible car tout ce conjugue selon la nouvelle loi ‘celle du plus fort’ : le singulier avec la puissance est devenu ‘un pluriel’ à C’est la définition de la démocratie de notre siècle.

Un jour, nous étions les fondateurs de l’histoire, et notre histoire aujourd’hui fond comme un morceau d’iceberg entre nos mains froides et s’évapore pour donner “le droit” aux médias de redéfinir l’histoire et d’énoncer le théorème de “la civilisation de la force” et non celui de “la force de la civilisation”. C’est le même théorème qui a conduit à l’effondrement du royaume de la reine de Palmyre (une oasis du désert de Syrie à 210 km au nord-est de Damas) Zénobie vers 272. Et l’histoire évaporée vient chatouiller nos pieds, enlacer nos oreillers et s’insinuer dans les ports de nos peaux… Mais notre froideur tue toute tentative en oubliant la sueur de ceux qui sont morts pour bâtir Bagdad… Et les Kalachnikovs de ceux qui sont venus pour la détruire.

On écrit toujours des poèmes en sentant le sel qui ravage nos bouches comme il a ravagé un jour Carthage ; une amertume qui cherche à retrouver dans l’art un moyen pour rafraîchir notre conscience, redessiner la réalité déformée et la diffuser dans le monde entier. Peut être on sent le sel qui brûle nos langues fouettés par des cris de renonciations (même instantanés). Mais il faut continuer à écrire, à s’exprimer et à crier même à travers la voie des touches de nos claviers :

« NON ! » pour toutes les atrocités de l’homme sur terre contre Musulmans ou Non Musulmans. En effet, même si tu n’as pas de voix, tu peux crier car il y a plusieurs façons de le faire: écrire c’est crier, s’exprimer c’est crier, aimer son histoire et son identité et les défendre c’est crier.

Je ne vous demande pas de crier à haute voix même si ça nous soulagera, mais d’entendre les cris des autres et de leurs passer le message que nous ne sommes pas sourds à leurs douleurs et oppressions. Pour cela, je vous invite à entendre ces cris différents par le coeur et la raison et à consulter les deux liens suivants :

– Le premier illustre une scène d’un feuilleton Syrien (l’acteur principale est Jamal Suleimane):

http://youtube.com/watch?v=E0JcsDAdMPM&mode=related&search=

Le deuxième est un vidéo clip d’une chanson du chanteur iraquien Kathem al Saher qui s’intitule

« Cowboys and fire » رعاة و نار

http://youtube.com/watch?v=rBhXSgGAFEg&mode=related&search=

J’ai aussi traduit les paroles de la chanson en anglais :

Cowboys and fire

The taste of Euphrates has become bitter

From everywhere it passes and its water flows

And the homeland who suffers from its grieves is being driven to a tomb

Besides, Iraq has his own tears and candles

And it is not a secret that Iraq has secret

He has been torn

And his water is an amalgam of crossed Rivers

Are we really Arabs?

Though, in Iraq death is betrayal

Are we really Arabs?

Though, in Iraq News are shocking

And the war in his law (Bush) is fleeing and coming back to attacking

And betrayal in his law has become a victory.

Because of the poles of power, demolition is continuing

And the obscure scene has not been crossed by the lightening voice of the

Morning’s prayer (Athan of Fajr)

Allah is the Greatest One, Allah is the Greatest One. (Allahu Akbar)

You who is aspiring to violate our Iraq did you find an excuse?

You, who is slandering in our blood,

You’ll find in our chest the courage to get shut

You, who are unconscious of your acts,

Do you really know our names?

And that we have brown foreheads?

And the cicadas had embroidered for our Irakiens a dress of poverty

Without a proof, they attacked us

But the patience of Nations has boundaries

And every tiran in spite of his overshadows: he does have an end

And the darkness is not eternal

History taught those who read it

That oppression is finite

It has also taught those who wrote it

That letters are red

Iraaaaaaaaaaaaaaaq, Iraaaaaaaaq, Iraq

You are the beacon of the glory and still is

We need nowadays a day like Badr’s day

Which will teach those who are pressing dreadfully on our chests

That Iraq is FREEFREEFREE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

We are FREE if only we want it to be. Freedom can’t be a wish but it is an act. {Nous sommes libres si nous voulons l’être. La liberté n’est pas un voeu mais un acte}. Cette idée résume ma pensée sur la notion de la liberté. Et la liberté suprême c’est celle qu’on découvre dans l’Amour d’Allah (Dieu) et dans son obéissance. Quand un jour on peut atteindre cette liberté, on pourrait se libérer de tous nos vices et toutes nos craintes de soi et d’autrui. On aura la bravoure et le courage d’affronter tous ceux qui veulent nous faire croire que la lune était un oiseau et le volcan dérive d’un poisson. Le jour où on retrouve cette liberté, on trouvera la force dans les douleurs de la belle Shéhérazade qu’on flagelle et verse impitoyablement l’urine sur ses blessures… Notre Shéhérazade a oublié l’art de raconter des contes des « Milles et Une Nuit » car personne ne l’écoute et personne ne veut regarder une femme dont le visage a été brûlé.

Shéhérazade n’as pas encore terminé son conte sur le Cow-boy venant de Texas cherchant à voler son or, ses bijoux et sa beauté et la forçant à oublier toutes les belles histoires qu’elle avait un jour racontées. Mais un lendemain, elle se réveillera pour terminer l’histoire inachevée sous la voix de l’appel à la prière de l’aube (‘Fajr’) puis le premier rayon du soleil d’Allah qui unit les coeurs de tous ceux qui cherchent la LIBERTE.

Le jour où on retrouvera cette liberté, nos terres seront libérées.

 

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Numbers and digits

Posted by alhayetamal on 9 December 2007

10+1=11, even a little child at primary school can perform this “simple” mathematical calculation. He can also explain that 10 > 1 because in the first number we have a one on the tens position and in the second number the one is in the units position. But can you convince the little child how it took a very long time for humanity to discover what he consider as a “simple” calculation system. How the Indian was the first to use these digits and to make some relatively big calculation. How Arabs used the same system in the 8th century, developed new mathematical calculation methods and helped it propagating and how it didn’t spread in Europe until the 12th century.

In the Roman numeral system different symbols were used to represent a numerical value. they used I for one, V for five, X for ten, L for fifty, C for one hundred…using these symbols is not adapted for big numbers, in fact representing numbers can become rapidly hard and confusing.

For instance, the number 487 is represented as follow: CCCCLXXXVII. Such representation can not enable using big numbers and does not permit calculations.

On their side, the Indians used only one symbol for every digit and used a positional numeral system to make numbers. In their system, every position has a specific value; the first position on the right is for units the second for tens, the third for hundreds, the forth for thousands…

Using the positional numeral system simplifies too much the representation of numbers. Up to the 6th century, the positional numeral system was used only by the Hindus and the Mayas, therefore they was the only ones able to carry out big mathematical calculations.

But until the year 400, there was no digit representing the naught. To write down the number 408, Hindus put a symbol between the four and the eight to differentiate it from 48, and they called it a hollow. They used to put a dot or a circle in this hollow and then it became a digit, the nought.

In the year 776, after meeting an Indian mathematician and astronomer, the Abbasid caliph, Al-Mansur, ordered to translate numerous books about astronomy and calculations into Arabic. We site as example the book “Sind Hind”. These books helped Arabs to know Indians numbers and the positional numeral system so they started using it. Understanding the new systems needed a lot of effort, but still that it was rapidly spread and used by Arabs.

At the same period, “Al-Khwārizmī”, who is an Islamic mathematician, astronomer and geographer, wrote a little book to explain how to use the Indian system of numeration. He explained the operations of addition, subtraction, multiplication, division and calculating quotients. He also wrote a book about resolving the linear and quadratic equations “al-Kitab al-mukhtasar fi hisab al-jabr wa’l-muqabala” which means “The Compendious Book on Calculation by Completion and Balancing”. This book was first translated into Latin in the twelfth century, and the word algebra is derived from the name of the book.

Thanks to the books of Al-Khwārizmī, the west learnt how to use digits and to make calculations. Note that the word “algorithm” derives from the name of this mathematician.

References :

Shams al-‘Arab tasta‘ ‘ala al-Gharb Arabic translation of the book “Allahs Sonne über dem Abendland” – Sigrid Hunke

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La civilisation islamique: une civilisation d’idées

Posted by chams on 15 August 2007

Chaque culture a sa nature, ses spécificités et ses racines. La littérature populaire peut être révélatrice de quelque unes de ces caractéristiques.

En examinant l’histoire de deux symboles de la littérature arabe et occidentale, on peut se rendre compte des différences fondamentales entre ces deux cultures.

Deux personnages, se sont trouvés seuls, isolés du monde humain, et face à ce vide cosmique, ils ont agit différemment. Il s’agit de Robinson Crusoé et Hay Ibn Yakdhan.

Le personnage de Foé remplit son emploi du temps en construisant des outils lui permettant de survivre et de vivre plus confortablement. Tout son intérêt était tourné vers le monde des choses. Le personnage d’Ibn Tufail passe son temps à méditer et à réfléchir sur des questions existentielles et sur les phénomènes qui se passent dans son environnement.

On peut élaborer à partir de ces deux exemples le constat suivant: la civilisation islamique est une civilisation d’idées alors que la civilisation occidentale est une civilisation de choses. La 1ère est née suite à une révélation, une idée, l’autre est née suite à une révolution technique, industrielle.

Nous allons essayer de montrer dans cet exposé la centralité de l’idée dans la culture islamique.

L’environnement culturel pendant l’ère préislamique dans la péninsule arabe était riche. La poésie était très évoluée et avait une certaine influence sur l’individu de l’époque. Cependant, cette richesse culturelle n’a pas crée une civilisation. Bien au contraire, elle n’a cessé de créer les subdivisions au sein des tribus arabe. La raison est à mon avis que cet univers culturel se concentrait sur les choses et les idoles. Le poète de l’époque n’avait pas d’autre message à transmettre que pour glorifier un bien-aimé ou flatter un homme au pouvoir. Ainsi, l’univers des idées est resté inerte, jusqu’au jour ou dans une grotte, une voix a déclenché sa naissance: « lis, lis au nom de ton seigneur qui t’a crée… »

C’est la révélation du coran qui a crée un nouvel univers : l’univers des idées. Cet univers était centré autour d’une idée maîtresse : l’unicité de dieu. « tawhid ».

La dynamique qu’a crée la révélation du coran dans le monde des idées s’explique ainsi : le croyant n’est pas appelé seulement à travers le coran à croire à cette idée, mais il doit l’imprimer dans son cœur et sa conscience par la méditation et la réflexion afin qu’elle puisse transformer le sens de sa vie. Cette réflexion porte sur les 3 axes suivants : l’homme, l’espace et le temps. Les références coraniques sont nombreuses, on va se contenter ici de citer quelques unes :

“Dans leurs récits il y a certes une leçon pour les gens doués d’intelligence. Ce n’est point là un récit fabriqué. C’est au contraire la confirmation de ce qui existait déjà avant lui, un exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour des gens qui croient.” (1)

“N’ont-ils pas médité en eux-mêmes ? Dieu n’a créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux, qu’à juste raison et pour un terme fixé. Beaucoup de gens cependant ne croient pas en la rencontre de leur Seigneur.” (2)

“Certes la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens, dans l’eau que Dieu fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents, et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela il y a des signes, pour un peuple qui raisonne.” (3)

“Cela ne leur a-t-il pas servi de direction, que Nous ayons fait périr avant eux tant de générations dans les demeures desquelles ils marchent maintenant? Voilà bien là des leçons pour les doués d’intelligence.” (4)

Une idée née et entretenue suite à une réflexion permanente autour de ces trois axes a pu transformer brutalement les passions des croyants de l’époque du prophète sur lui bénédiction et salut. Le monde des choses ne représente plus rien par rapport à la grandeur de l’idée qu’ils défendent. Allahou akbar « allah est le plus grand » avait un sens profond dans leurs cœurs.

C’est la force de cette idée qui a permis à un compagnon du prophète , Bilel Ibn Rebeh, soumis à d’atroces tortures de défier de son index, en le levant témoignant de l’unicité de Dieu, toute la Djahiliya. Elle a permis aussi à un autre compagnon de refuser l’offre de l’empereur de Rome de se convertir au christianisme, à l’encontre de la moitié de son royaume.

Les idées étaient si imprimées dans les coeurs qu’elles mettaient leur note sacrée dans toutes les idées exprimées, dans toutes les attitudes, dans tous lieux aboutissant à des changements sociaux radicaux dans la 1ère société islamique : celle de Médine.

Les tribus arabes longuement déchirées par les guerres les plus sanglantes, se sont réunies autour de l’idée islamique. Ils ont oublié toutes leurs rivalités lorsqu’ils ont répondu au message de l’islam.

La hiérarchie sociale basée sur la richesse et le pouvoir a été remplacée par une société ou la richesse matérielle et le pouvoir représentent des devoirs supplémentaires et non pas des faveurs.

Les discriminations raciales et ethniques ont soudainement disparu : « Il n’y a pas de différence entre un arabe et un non arabe ni entre un blanc et un noir si ce n’est par la piété. »(5)

Après la mort du prophète sur lui bénédiction et Satut, le message de l’islam a été transmis de génération en génération et l’idée fondatrice du tawhid était restée imprimée dans les cœurs des musulmans pendant un certain temps. D’ailleurs, les musulmans ne se sont pas contentés de consommer les connaissances religieuses qu’on leur a transmises. Ils n’ont pas hésité pour comprendre l’essence du message de l’islam de créer de nouvelles sciences religieuses: la jurisprudence, l’exégèse du coran, la science du hadith…

L’apogée de la civilisation musulmane a été atteinte grâce à une génération d’hommes qui ont su imprimer l’idée du tawhid dans leurs cœurs et l’exprimer de la meilleur des façons : par la science.

Le mystique à travers son expérience personnelle transmet son propre cheminement vers la connaissance et l’amour de son créateur. Le philosophe transmet son cheminement intellectuel vers la vérité. L’historien transmet les enseignements des histoires des autres peuples offrant une réflexion par rapport au temporel. L’astronome, le géographe transmettent leurs recherches et réflexions par rapport à l’espace confirmant l’unicité divine.

Cette harmonie dans le monde des idées a duré quelques siècles, après lesquelles l’idée fondatrice a commencé à s’effacer des cœurs et les musulmans se sont contentés de consommer les travaux de leurs prédécesseurs, ce qui a conduit à une décadence progressive de cette civilisation.

On a vu l’univers culturel se réduire au 19ème siècle à des Zaouïas, des magiciens, des chefs religieux. C’est le retour au monde des choses et des idoles qui a marqué le maximum de décadence du monde musulman et son retour au stade pré civilisé.

Bien que l’ère des Zaouïas soit dépassée aujourd’hui, l’idée de l’unicité divine “tawhid” n’est pas encore bien imprimée dans les cœurs des musulmans. Le musulman se trouve déchiré entre deux mondes : le musulman pratiquant qui fait ses prières à la mosquée et sort de là pour devenir le musulman pratique plongé dans un autre univers….

Références:

(1) Sourate Joseph verset 111

(2) Sourate les romains verset 8

(3) Sourate La vache verset 164

(4) Sourate Taha verset 20

(5) Hadith rapporté par Ahmad

 

 

 

 

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Les glaives de l’esprit (2/2)

Posted by chams on 12 July 2007

On s’est interrogé lors de la première partie sur la source de la passion des livres chez les arabes au Xème siècle que Sigride Hunke considéra parmi les évènements les plus étonnants de l’histoire des civilisations.

Nous allons au cours de cet exposé essayer d’apporter quelques éléments de réponse à cette question.

La tradition islamique insiste sur la recherche de la connaissance, un mot qui revient à plus de 800 reprises dans le Coran. A cela s’ajoute une somme importante de références faites par le Coran aux phénomènes célestes et à la question de la création de l’univers.

Toutes ces références traduisent clairement une formule simple : « Plus tu sais, mieux tu crois ».

Cependant ceci ne semble pas expliquer directement la passion des livres chez les musulmans de l’époque. En revanche la raison idéologique la plus profonde de cette passion est me semble-t-il traduite par ce hadith du prophète sur lui bénédiction et Salut: « Nul d’entre vous n’atteindra les hauts degrés de la foi que si sa passion soit conforme à mon message ».

لا يؤمن احدكم حتى يكون هواه تبعا لما جئت به

Ce hadith traduit l’aspect « civilisateur » du message de l’Islam capable de transformer les passions des hommes en forces motrices du développement de la cité…

Etant donné que la science est parmi les bases du message de l’Islam, on peut dégager d’après ce hadith une nouvelle formule : « plus tu crois, plus tu aimes la science ».

En reliant cette formule avec la formule précédente (« Plus tu sais, mieux tu crois »), on peut comprendre le cheminement intellectuel (et spirituel) des musulmans de l’époque:

SAVOIR —->AUGMENTER SA FOI —-> AIMER LE SAVOIR —->SAVOIR

 

En outre, d’autres raisons ont bien contribué à cette passion :

* La langue arabe qui s’est forgée et qui s’est imposée comme un instrument de communication internationale : ce qui a facilité l’échange intellectuel et la transmission du savoir;

*Une société multiculturelle et de droits : ce qui a permis aux non musulmans et aux non arabes de contribuer à cette richesse intellectuelle surtout par la traduction des ouvrages perses, grecs et latins.

* Une volonté politique : qui s’est manifesté par l’encouragement des savants et des traducteurs et par la création des bibliothèques et des foyers scientifiques.

En conclusion, on pourrait estimer que les sources de la passion des livres chez les arabes du Xème siècle sont nombreuses et que leur étude est très importante non pas seulement pour la valorisation de notre patrimoine mais aussi car elle nous permet de nous rendre compte des causes profondes de la paresse intellectuelle qui nous envahit depuis quelques siècles.

 

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