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Un mode de vie

Posted by Chedly on 13 January 2008

Souvent on trouve dans les CV une rubrique “hobbies” où on indique nos passe-temps, et il existe sans doute une panoplie de réponses possibles, mais certains répondent: “la lecture”. Et là, je m’étonne! Est-ce possible pour un musulman de dire: mon passe-temps est de manger ou de boire de l’eau?! Non, parce que ce sont des nécessités, et non pas des passe-temps. De même, je pense que la lecture est une nécessité pour tout être humain. Nous ne devons pas se contenter de lire un livre ou deux, et de le faire un jour par semaine ou quelques mois par an… Mais nous devons considérer la lecture comme un “mode de vie”: pas un jour qui passe sans lire quelque chose. Et je vise ici la lecture utile bénéfique et pas n’importe quelle lecture (on peut bien sur préférer un sujet par rapport à un autre).

Si on regarde la biographie du Prophète, paix et salutation sur lui, on trouve une attention particulière à la lecture. Par exemple, je vous invite à réfléchir sur la première révélation: “Lis!”. La révélation aurait pu commencer par n’importe quel autre mot, mais ce coran révélé sur 23 ans a commencé par le mot: “Lis!”. Bien que le Prophète, paix et salutation sur lui, était illettré, bien qu’il a des milliers de vertus et de qualités avec lesquelles le Coran aurait pu commencer, mais la révélation lui a dressé un ordre clair et direct qui englobe un mode de vie de la Nation de l’Islam: “Lis!”.

Etant donné que le Prophète, paix et salutation sur lui, était illettré, il a répondu: “je ne sais pas lire”, en pensant que cette réponse est suffisante, mais l’archange Gabriel a répété deux fois le même mot avant de lui dire Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé(1) qui a créé l’homme d’une adhérence(2) Lis! Ton Seigneur est le Très Noble(3) qui a enseigné par la plume [le calame](4) a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas.(5)“.

Cette histoire entre le Prophète, paix et salutation sur lui, et l’archange Gabriel s’est passée avant que ce dernier explique qu’il est un ange, que le Prophète, paix et salutation sur lui, est le messager de Dieu, que ces paroles sont le Coran, et que c’est le début d’une nouvelle religion: l’Islam… Ceci ne constitue-t-il pas un message fort à la nation de l’islam?! Est-il concevable que les premiers mots du Coran parlent d’un passe-temps que certains apprécient et d’autres n’aiment pas? Le Coran contient plus de soixante dix-sept mille mots et des milliers de commandes: prière, aumône, pèlerinage… et parmi tout ceci, le premier mot était: “Lis!”. Et ce n’est pas que le premier mot, mais les cinq premiers versets parlent de la lecture. On peut alors se demander: Pourquoi est-ce que nous lisons?

Dieu l’a expliqué dans ces premiers versets: nous lisons pour apprendre. Toutefois, Dieu n’a pas commencé le Coran par: “apprentissage”, mais par: “la lecture”. Sans doute il y a de nombreux moyens d’apprentissage, comme l’audition et la vision… Mais la lecture reste le moyen le plus important.

Dieu tout-puissant nous définit, dans ces cinq premiers versets, deux principes importants:

“Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé”: il faut lire au nom de Dieu, donc on ne lit pas ce qui fâche Dieu mais on lit pour apporter du profit à la terre et aux êtres humains.

– Jamais la lecture ne doit nous faire oublier la modestie, mais rappelons nous toujours que c’est Dieu qui nous a permis de lire: “Lis! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume [le calame]” et que c’est lui qui a “enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas”. Jamais nous ne devons oublier que quel que soit le haut degré de connaissance que nous pouvons atteindre, c’est Dieu Tout-Puissant qui nous l’a appris. Le Tout-Puissant dit: “Et craignez Dieu. Alors Dieu vous enseigne” et il dit : Et on ne vous a donné que peu de connaissance”. Ce principe est lié à un autre défini par Dieu. Il s’agit bien entendu de l’intention «enniya». En effet, le Prophète, paix et salutation sur lui, dit dans un hadith: “من طلب العلم ليماري به السفهاء، أو ليباهي به العلماء، أو ليصرف وجوه الناس إليه، فهو في النار. Chacun d’entre nous a donc intérêt à penser à l’intention avant de commencer chaque lecture.

En passant en revu la biographie du Prophète, paix et salutation sur lui, un événement étrange attire notre attention, compte tenu de l’époque et de la situation. Il s’agit du moment où le Prophète, paix et salutation sur lui, Mohamed a demandé aux prisonniers de la bataille de Badr, en contre partie de leur libération, d’apprendre à dix musulmans à lire et à écrire! C’est une demande très étrange: Si on regarde les musulmans à l’époque de Badr, nous les trouvons en manque d’argent, ayant besoin de garder leurs prisonniers pour les échanger contre les prisonniers musulmans… mais le Prophète, paix et salutation sur lui, paix et salutation sur lui, savait que la lecture, l’écriture et l’apprentissage sont des pré-requis pour toute nation qui veut le développement, le progrès et la prospérité…

On voyait aussi que les compagnons avaient un estime particulier pour ceux d’entre eux qui savent lire et l’exemple en est Zaid ben Thabet. Ce jeune compagnon (de treize ans !!) qui a occupé une place si convoité. Regardons ensemble, Zaid Ben Thabet, parmi le grand nombre de compagnons, était devenu en permanence avec le Prophète, paix et salutation sur lui, paix et salutation sur lui, parce qu’il maîtrise la lecture et l’écriture. Il est devenu même un de ceux qui écrivent la révélation (le Coran), un rédacteur des lettres du Prophète, paix et salutation sur lui, et un traducteur de la langue syriaque et de l’hébreu.

Nous connaissons tous Abou Hourayra, qui était le compagnon qui mémorise le plus les paroles du Prophète, paix et salutation sur lui. Mais malgré cette prestigieuse distinction, il considère que Abdullah Ben Amr Bin Al Aas est mieux que lui. Pourquoi? Il dit: “je suis celui qui raconte le plus les citations du Prophète, paix et salutation sur lui, sauf Abdullah Ben Amr, il sait écrire et je ne le sais pas”

Ces attitudes – et d’autres – ont mis l’amour de la lecture dans les cœurs des musulmans. Les bibliothèques de l’histoire islamique ont été pendant des siècles les plus grandes bibliothèques du monde: les bibliothèques de Bagdad, Cordoue, Séville, Grenade, le Caire, Damas, Tripoli, Jérusalem… Une très longue histoire de la culture, de la civilisation et de la science…

Telle est l’importance de la lecture dans l’équilibre islamique. Et telle est l’importance de la lecture dans l’histoire des musulmans.

Avec toute cette histoire et toute cette importance, toutefois, la Nation de l’islam, malheureusement, souffre aujourd’hui d’un taux élevé d’analphabétisme! Les derniers chiffres (du 7-1-2008: source) parlent de 100 millions analphabètes, d’un taux de 29,7% qui atteint 46,5% chez les femmes!! Ce chiffre concerne l’analphabétisme clair, mais ce n’est pas le seul analphabétisme dont souffre notre nation. Un autre analphabétisme est le manque d’organisation de nos lectures, l’ignorance dans des domaines indispensables. Un analphabétisme qui existe parmi des gens qui savent très bien lire et écrire, et qui pourraient même avoir terminé leurs études universitaires, mais qui ne sont pas au courant de beaucoup d’importantes choses dans ce monde où nous vivons.

Certains ont un analphabétisme religieux. On peut trouver un professeur d’université, un médecin ou un avocat qui ne connait pas les fondements de sa religion, qui ne sait pas comment faire les ablutions, comment prier… Il se produit également pour les femmes qui doivent apprendre les commandements à suivre pendant la période des règles, chose importante et de laquelle dépend leur prière et leur jeûne. Ceci se produit avec la prière, le jeune… les piliers de l’Islam! Que dire alors des autres points !!

D’autres ont un analphabétisme politique; ils ne savent pas ce qui se passe autour d’eux, ni comment les choses évoluent. Ils ne savent pas ce qui se passe en Palestine ou en Iraq, ni ce qui se passe en Amérique ou en Europe… Ils ne savent même pas ce qui se passe dans le pays où ils vivent !!

Il y a des gens qui ont un alphabétisme lié à la loi, ils ne savent pas quels sont leurs droits et quels sont leurs devoirs…

Et on pourra énumérer toutes les sciences possibles. Beaucoup sont ceux qui aujourd’hui ne lisent pas ce qui leur assure une vie saine, ne parlons pas du savoir, des lectures spécialisées, de la culture générale …

La clé de la création de cette nation est le mot: “Lis !”. Il ne peut y avoir une nation sans lecture … et c’est pour ça que ça a été dit: “Nous ne craignons pas telle nation, car c’est une nation qui ne lit pas”.

Nous voyons donc que beaucoup de personnes passant du temps à la lecture, ne savent pas choisir leurs lectures. Nous ne sommes pas contre le divertissement mais contre l’abus de divertissement. La question qui se pose: qu’est ce qu’on retient après des heures de ce genre de lecture ? La lecture est d’une grande importance, mais l’objet des lectures est aussi important.

Donc, nous avons des problèmes majeurs:

La première: que certaines personnes n’ont pas l’habitude de lire, s’ennuient rapidement, et à chaque fois où ils commencent à lire, leur motivation disparait rapidement. Ils ont donc besoin de méthodes qui leur aident à lire.

Le deuxième problème: c’est que certaines personnes effectivement lisent, et passent de longues heures en lecture, mais ne le font pas pour un objectif précis, et n’ont pas une stratégie pour que leur lecture devienne utile et efficace. Ils ont donc besoin de propositions de lectures intéressantes.

La réponse à ces deux problématiques se trouve au lien suivant (rédigé en arabe par Dr Ragheb ElSergany en attendant de faire une traduction).

 

Remarque: Cet article est une traduction (avec des modifications minimes) de l’article du lien ci-dessus.

 

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Ibn Khaldoun (ابن خلدون)

Posted by Nidhal on 7 January 2008

 Pierre LEPAPE, journaliste dans le Monde diplomatique, affirme en parlant de Ibn Khaldoun :

“Son immense culture et sa curiosité intellectuelle insatiable lui permettent de brasser les apports les plus divers, arabes, grecs, hébreux, perses, berbères, romains, byzantins, dans une synthèse ordonnée. Mais en même temps, sa pensée rompt à ce point avec l’horizon d’attente de son époque, elle propose une logique d’interprétation si différente des catégories traditionnelles, si “moderne”, qu’elle ne pénètre pas dans les débats savants, politiques, religieux et philosophiques de son temps. Elle parle en revanche au nôtre.”

Philosophe historien et précurseur de la sociologie moderne, Ibn Khaldoun est l’une des figures les plus marquantes de la civilisation Arabo-Musulmane. Dans cet article j’essayerai de présenter la biographie de cet homme en m’attardant sur son apport intellectuel.

I.Biographie d’Ibn Khaldoun

1) Ibn Khaldoun : naissance et enfance.

Ibn Khaldoun, ou Abou Zeid Abd ar-Rahman ibn Mohammed ibn Khaled al-Hadhrami (ابو زيد عبد الرحمن بن محمد بن خالد الحضرمي), né le 27 mai 1332 à Tunis et décédé le 19 mars 1406 au Caire, est le descendant d’une famille venue d’Andalousie avec la première vague d’émigration du début du XIIIe siècle. Mais ses véritables et lointaines origines sont arabes de Hadhramaout au Yémen comme il l’a affirmée dans son autobiographie « et notre ascendance est de Hadhramout , des Arabes du Yémen, par l’intermédiaire de l’Ibn Hajar de Wa’il, du meilleur des Arabes. »

La situation aisée de sa famille lui a permis d’étudier avec les meilleurs professeurs de L’Afrique du nord de son époque. Il reçoit alors une éducation arabe classique en étudiant les sciences religieuses la langue arabe, mais aussi les mathématiques et la philosophie à travers les travaux d’Avicenne, d’Averroès et d’Al-Razi. À l’âge de 17 ans, Ibn Khaldoun perd ses deux parents suite à l’épidémine de la peste qui frappa Tunis.

2) Ibn Khaldoun : une vie mouvementée

Dès la mort de ses parents Ibn Khaldoun commence un parcours riche . Il l’entame en devenant «Garde du Sceau» du sultan hafside Abû-Ishâq. Trois ans après il quitte Tunis pour rejoindre la cours du sultan Fès , ou il est resté neuf ans pour terminer sa formation scientifique auprès des grands oulémas de l’université Qarawin. En 1363 il décide de partir en Andalousie, à Grenade ou il fait la connaissance du grand historien Lisân ad-dîn Ibn al-KhatibA l’âge de 32 ans, Ibn Khaldoun décide de retourner au maghreb où il passe 10 années en élargissant ces connaissances biais les diverses cours de la région . Il décide ensuite de quitter cette « marais de la politique » et de faire une Khalwa (خلوة) ou retraite spirituelle à la Qal’a d’Ibn Salama en Algérie. Pendant les quarte années de retraite il entame un travail de réflexion et d’écriture qui bouleversera la pensée Arabo-Musulmane, et qui l’inscrira dans l’histoire pour l’éternité. La Muqaddima (المقدمة) ou Prolégomènes selon la traduction littérale, fut l’oeuvre la plus considérable de notre historien et sociologue. Il disait en parlant de son travail «C’est là que j’ai commencé à rédiger ce livre et que j’ai achevé La Muqaddima avec son caractère original et inédit qui la distingue et qui m’a été inspiré par cette  khalwa» . Traduite en français par l’orientaliste et l’islamologue Vincent Monteil en 1967, La Muqaddima fait plus de 1.300 pages : «Une véritable encyclopédie» disait Monteil, et un vrai «discours sur l’histoire universelle».

Il commence ensuite à rédiger son histoire universelle « Kitâb al ‘ibar » (كتاب العبر) ou il a traité l’histoire ancienne et moderne des Arabes, des Persans, et des Berbère, sans s’arrêter sa vie durant d’apporter des modifications à ce livre.

Après cette retraite passée dans le désert Ibn Khaldoun renoue avec la vie citadine. Il va à Tunis où il est bien accueilli par le Sultan. Il enseigne alors dans la grande université de la Zitouna, mais suite à une violente controverse religieuse et scientifique avec l’Imam Muhammed Ibn ‘Arafa, bien connu par sa stricte orthodoxie malikite, il se trouve dans l’obligation de quitter sa terre natale pour le Caire en Égypte, ainsi il s’investit dans l’enseignement à l’université d’Al Azhar et de prendre la fonction de cadi ( قاضي) juge, jusqu’à sa mort.

Ainsi fut la vie mouvementé d’Ibn Khaldoun, passé entre les cours des sultans de l’époque, et les grandes universités du nord d’Afrique. Ibn Khaldoun mourra au Caire le 17 mars 1406. Il est enterré au cimetière des Soufis réservé aux savants et aux hommes de lettres. Il est parti en laissant un grand patrimoine à la civilisation humaine. Ses ouvres et ses idées trouvent jusqu’à nos jours leurs place dans la pensé moderne.

II. Apport d’Ibn Khaldoun à la civilisation humaine.

1)Oeuvres d’Ibn Khaldoun:

Contrairement à la plupart des savants arabes Ibn Khaldoun a laissé peu d’écrit. On peut citer par exemple(لباب المحصل في أصول الدين) « loubèb élmouhassil fi oussoul eddin » un commentaire sur la théologie, (شفاء السائل) chifa éssaiil, petit livre sur l’histoire des berbères , mais son oeuvre la plus considérable reste son livre d’histoire universelle qui s’intitule ( كتاب العبر وديوان المبتدأ والخبر في أيام العرب والعجم والبربر ومن عاصرهم من ذوي السلطان ) « Le Livre des Exemples et le Registre des commencements et de l’histoire des Arabes, des non-Arabes et des Berbères, ainsi que des peuples les plus puissants parmi leurs contemporains ».

Cette encyclopédie historique se compose : d’une Introduction, d’une autobiographie et de 3 livres. On appelle Muqaddima : l’Introduction et le 1er Livre ( les deux étant appelés : Prolégomènes )

Le contenu des Prolégomènes : Des considérations générales sur la science de l’histoire et sur les deux formes de civilisation résultant de la vie nomade et de la vie sédentaire, sur les caractères qui les distinguent, sur les institutions, les sciences et les arts.

Le 2e Livre : renferme l’histoire des Arabes et des peuples étrangers, depuis les temps les plus anciens jusqu’à l’époque de l’auteur.

Le 3e Livre : traite de l’histoire des tribus berbères de l’Afrique septentrionale et des royaumes qu’elles ont fondés.

encore faut il signaler ici que le livre évoque d’autres nations comme les Juifs, les Babyloniens, les Coptes, les Perses, les Grecs, Romains, Byzantins, les Francs, les Turcs et les Noirs.

2)Ibn Khaldoun le précurseur

Ibn Khaldoun est cité par plusieurs intellectuels européens et arabes, comme précurseur de la sociologie.

Il est décrit par Arnold Toynbee comme celui qui « a conçu et formulé une philosophie de l’Histoire qui est sans doute le plus grand travail qui ait jamais été créé par aucun esprit dans aucun temps et dans aucun pays.» .

L’islamologue et orientaliste français affirme que «Son discours sur l’Histoire Universelle, annonce trois siècles à l’avance celui de Bossuet ( 1627-1704 , avec son œuvre portant le même titre ) Ibn Khaldoun se présente comme historien, ce qu’il est en effet ; mais il est aussi, cinq siècles, avant Auguste Comte, l’inventeur de la sociologie : Ibn Khaldoun dit dans sa Préface : “Notre propos actuel est d’une conception nouvelle, c’est une science indépendante, dont l’objet spécifique est la civilisation humaine et la société humaine.” Il s’agit pour ibn Khaldoun, d’étudier la nature de la civilisation, à savoir : La vie sauvage et la vie sociale, les particularismes dus à l’esprit de clan et les modalités par lesquelles un groupe humain en domine un autre ; ce qui le conduit à examiner la naissance du pouvoir, des dynasties et des classes sociales, des professions lucratives et des manières de gagner sa vie, enfin des sciences et des arts. Articulée en 6 grands chapitres, c’est une somme des connaissances de son temps que nous livre ainsi le lointain précurseur de nos encyclopédistes. »

Ibn Khaldoun, porteur de nouvelles visions qui trouvent leurs intérêts dans leur modernité, est aussi considéré comme précurseur des sciences économiques modernes .

Il s’est beaucoup intéressé aux questions économiques ainsi qu’au problème du travail et du profit. Le géopoliticien Yves Lacoste considère son travail comme « une forme de pensée marxiste matérialiste avant la lettre ». Il est vraiment intéressant de remarquer qu’Ibn Khaldoun bien avant Marx affirme dans la Muqaddima que toute la valeur vient du bénéfice. Il est parmi les premiers à décrire l’économie politique: selon lui un produit prend toute sa valeur dans les processus qui aboutissent à sa création : les techniques employés, les matériaux utilisés détermine sa valeur. Il a aussi fait la distinction entre le bénéfice et la sustainance.

3) Ibn Khaldoun l’éducateur

Le génie de cet homme ne s’arrête pas là. En effet Ibn Khaldoun traite dans son livre des droits de l’homme, Vincent Monteil affirme: «On ne s’étonnera pas davantage de rencontrer, sous la plume d’Ibn Khaldoun, l’expression de conceptions ou d’institutions que le monde musulman avait mises en honneur avant le nôtre», telles que «les règles concernant la guerre, les non-combattants (les civils), les prisonniers, les trêves, élaborées en terre d’Islam du VIIe siècle au XIIIe siècle,  ou encore les questions relevant de l’exercice de la justice ». Notre historien met en relief ainsi les valeurs nobles sur lesquelles s’est construite la civilisation Arabo-Musulmane. Notre civilisation est pionnière dans le respects des droits de l’homme, comme l’affirme l’historien Edmond Roulbâth qualifiant ces actions de «respect silencieux des droits de l’homme». On devrait alors être fier de ces valeurs et s’engager avec force à répandre ses valeurs dans nos pays.

Ibn Khaldoun traite de l’éducation. Je trouve qu’il est très intéressant de réecrire les citations suivantes, prise du premier article publié dans racines , et qui illustrent son esprit critique et la modernité de sa pensée

اللإبتعاد عن الإستبداد في التأديب حتى لا تكسل النفس في إكتساب الفضيلة و الجميلة”

Le comportement autoritaire dans l’éducation est à la source de paresse et handicap mental dans l’acquisition des valeurs et des savoir”

من كان مُرباه بالعسف و القهر . . . سطا به القهر و ضَيقَ على النفس في إنبساطها و ذهب بنشاطها . . . و حُمل على الكذب و الخبث”

Celui éduqué par la violence perd le sens créatif, perd toute activité d’esprit et s’enfonce dans les mensonges et la délinquance”.

إتباع وسائل التوضيح الحسية حتى يستولي على الغايات العلمية”

Les objectifs de tout acte d’enseignement/apprentissage sont atteint par l’utilisation de supports didactiques et la concrétisation des notions scientifiques”

. . . ملكة التصرف بفتق اللسان بالمناظرة والمناورة و المحاورة في العلم”

Le développement des compétences est atteint par la discussion, L’apprentissage collectif et la résolution des conflits cognitifs par le co-apprentissage”

استنباط الجزئيات من الكليات”

L’utilisation de la méthode inductive comme approche pédagogique”

Ibn Khaldoun a même évoqué la question de la mondialisation culturelle en affirmant

المغلوب مولع أبدا بالإقتداء بالغالب في شعاره و زيه و نحلته و سائر أحواله و عوائده”

Le vaincu s’identifie à son vainqueur dans son comportement, ses traditions, ses valeurs et sa culture” (le vaincu est souvent une personne, un peuple, une nation ou encore une civilisation)

Tel était l ‘apport considérable d’Ibn Khaldoun. Cette brève autobiographie prouve bien, je l’éspère, que la culture Arabo-Musulmane a mis au monde des personnes qui ont influencé la pensée humaine et s’identifier à ces personnages n’est donc qu’une humble reconnaissance de ce qu’il ont fait pour notre culture . Un effort de production et d’excellence est demandé à chaque individu appartenant à notre civilisation afin de rendre possible une nouvelle renaissance. Et comme l’a affirmé Ibn Khaldoun pour qu’une civilisation persiste elle doit miser sur la reproduction des élites “صناعة القادة” .

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Le monde à l’émergement de l’Islam

Posted by youfes on 31 December 2007

Dans la perspective de mettre en exergue le plus apporté par la civilisation arabomusulmane à l’Humanité, il était d’une évidence de commencer par faire une étude préliminaire des conditions dans laquelle étaient les différentes sociétés vivant ou non sous la tutelle d’un empire à l’apparition de l’Islam notamment au 6ème et 7ème siècle. Ce diagnostic s’avère très vite indispensable si on veut faire une appréciation objective de l’apport de notre civilisation au monde.

Sans vouloir être excessif, on peut dire que le monde à cet épisode de l’histoire de l’Humanité, vivant le déclin de la civilisation gréco-latine était un monde qui souffrait les affres de la mort. En effet les empires alors gouvernant le monde à savoir Romain, Byzantin et Perse étaient frappés, ce dernier néanmoins à un degré moindre, par les signes de déliquescence les plus sombres.

A Rome, c’est à cause de quelques Basileus ignorants stimulés par le fanatisme religieux que non seulement l’empire fut précipité dans un gouffre infini mais ont de plus constitué un véritable danger pour le trésor du savoir de l’antiquité qui a frôlé l’extinction. En effet, c’est par l’Édit du 28 février 380, dit l’Édit de Thessalonique que les empereurs Théodose Ier, pour l’Empire d’Orient et Gratien, pour l’Empire d’Occident, tous deux catholiques, élèvent le christianisme au rang de seule religion officielle et obligatoire. Les suites de l’Édit sont catastrophiques pour les tenants de l’ancienne religion romaine et pour la culture gréco-romaine. Les rôles sont drastiquement renversés: ce sont maintenant les païens et leurs oeuvres qui sont interdits, traqués, exterminés. Toutes les oeuvres et manifestations jugées païennes sont progressivement interdites, et en 415, une émeute fomentée par des moines cénobites, à Alexandrie, et tacitement encouragée par l’évêque Cyrille avec l’agréation de Théodose II (408-450) alors empereur romain d’Orient à Constantinople, aboutit au lynchage d’Hypatie, mathématicienne et responsable de la fameuse Bibliothèque d’Alexandrie. Selon Socrate le Scolastique, son corps mis en pièces est porté au sommet du Cinâron pour y être brûlé, tandis que les émeutiers se dirigent vers la Bibliothèque pour l’incendier. Il est à noter qu’il existe une autre hypothèse qui impute la destruction de la bibliothèque au calife Omar (que Dieu l’agrée) qui aurait donné en 642 l’ordre de détruire la bibliothèque à son chef militaire ‘Amr Ibn al-‘As qui n’aurait d’ailleurs obéi à ses ordres qu’à contrecœur, aidant secrètement les bibliothécaires pour qu’au moins les textes d’Aristote puissent être sauvés. Mais à présent, plusieurs données archéologiques récentes ont permis d’infirmer de manière sérieuse cette calomnieuse légende car on sait maintenant que la bibliothèque n’existait plus depuis déjà un certain temps lorsque la conquête arabomusulmane a commencé. Ce fanatisme marié à une corruption qui telle une épidémie s’est répandue parmi la classe politique dirigeante, accabla les populations et souilla la société par d’innombrables vices.

Byzance, quant à elle ne vivait pas une meilleure situation puisque avec la montée en puissance du fanatisme religieux plusieurs problèmes surgirent, la religion elle-même ne sut en échapper : c’était en effet à cette époque qu’un conflit éclata à Byzance au sujet de la nature du Christ et que fut soutenue une rude polémique sur les attributs de cette nature. En outre, l’acharnement sur l’héritage de la civilisation grecque continu. C’est ainsi que Zénon, empereur Byzantin (430-491), décida en 489 de fermer la fameuse Ecole d’Edesse d’oû depuis le IIème siècle la langue syriaque et les connaissances grecques rayonnaient sur l’orient. Justinien, empereur byzantin (527-565), à son tour clôture en 529 la non moins célèbre Ecole Platonicienne d’Athènes ainsi que les Ecoles d’Alexandrie.

La situation à cette époque dans l’empire Sassanide était un peu moins sombre. Sous le règne de Khosrow I Anushirvan (531-579), appelé Chosroès par les Grecs, des réformes mettent en place un nouveau système d’impôts, qui fut plus tard repris par les Arabes. L’empire s’étend sur l’Arabie méridionale, permettant le contrôle du commerce entre Byzance et l’Extrême-Orient (Inde, Chine). Les victoires qui mettent fin à la domination des Hephtalites, entraînent également une expansion importante vers l’est, jusqu’à l’Oxus. Ce même empereur réalise de grands travaux publics, comme des canaux d’irrigation, ou la fondation à Jund-i Shapur d’une école médicale fondée sur les théories grecques. C’est également sous son règne que sont accueillis à la cour les moines nestoriens d’Edesse et de Nisibie ainsi que les philosophes d’Athènes et d’Alexandrie persécutés par l’Eglise et les autorités byzantines. Sous la protection des Sassanides, ces savants continuèrent à traduire des ouvrages scientifiques et philosophiques. Et c’est grâce à leurs travaux, que les Arabes lors des conquêtes arabomusulmanes de la Perse et de Syrie retrouvèrent une partie importante du patrimoine grec. Néanmoins, à cause de la décomposition des principes, de la disparité des castes et la propagation des doctrines bancales, cette nation n’a pu éviter la dégradation. Entre le symbolisme de Zoroastre qui a posé les bases de la religion mage et le nihilisme de Manès qui a interdit le mariage pour accélérer l’extinction de l’espèce humaine, en passant par l’existentialisme de Mazdak qui considère que les hommes doivent mettre en commun leurs biens et partager leurs femmes, nous entrevoyons une situation sociale putride et un système politique maladif sur la base desquels aucune autorité ne pourrait persister. Une nation émiettée et une anarchie qui ne s’achèvera qu’avec les conquêtes arabomusulmanes.

Ainsi Byzance, appelée à perpétuer la tradition d’Athènes et de Rome, avait failli à sa mission. Non seulement elle n’avait pas su garder les trésors de la culture dont elle était la dépositaire, mais s’était rendue coupable de la destruction d’un grand nombre d’ouvrages scientifiques et de monuments artistiques de l’antiquité. Cet héritage de la connaissance humaine qui n’a pu être sauvé, préservé et enrichi que grâce à l’intervention des conquêtes arabomusulmanes comme nous le verrons dans de prochains articles.

Un prochain article sera également dédié à la situation de la péninsule arabe à l’aube de l’Islam. Ce cas mis à part étant donné qu’une étude plus approfondie serait plus judicieuse.

Références :

  • « Défense du dogme et de la loi de l’Islam contre les atteintes des orientalistes », traduction du livre de Sheikh Muhammad Al-Ghazâlî, Difâ` `an Al-`Aqîdah Wash-Sharî`ah didd Matâ`in Al-Mustashriqîn, éditions Nahdat Misr, deuxième édition, janvier 1997.
  • « Apport des musulmans à la civilisation », livre de Haidar Bammate, éditions Tawhid, Lyon, 1998.

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Ibn Badis: La culture au service de la décolonisation

Posted by chams on 31 December 2007

 

Nombreux sont ceux qui ont lutté contre la colonisation, la plupart d’entre eux ont axé leurs luttes dans les champs politique, syndical et militaire. Un champ a été souvent négligé par de nombreux militants : « la décolonisation culturelle ».Abd Al Hamid Ibn Badis fut le leader de cette lutte dans le contexte algérien. Nous allons au cours de cet article présenter les aspects les plus importants de la vie de ce personnage tout en montrant l’efficacité de son approche « se cultiver pour se libérer »

La crise culturelle algérienne après la colonisation :

Au début du 19ème siècle, l’Algérie était parmi les états les plus civilisés de l’empire ottoman, le taux d’analphabétisme était plus bas qu’en France. Ceci était acquis grâce aux mosquées et aux écoles coraniques qui jouaient un rôle culturel et éducatif très important.

Lorsque la France a mis les pieds en Algérie et devant les difficultés militaires que trouvaient ses forces pour envahir le pays, les dirigeants français étaient conscients que la colonisation culturelle pourrait faciliter la tache aux militaires.

C’est pour cela qu’elle s’est attaquée en premier lieu aux écoles coraniques et aux centres éducatifs, de nombreux d’entre eux ont été fermés, et l’enseignement de la langue arabe a été prohibé, seules les écoles francophones étaient autorisées à diffuser le savoir.

En conséquence, le taux d’alphabétisme a chuté rapidement pour atteindre les trois pour cent à la fin du 19ème siècle et le maraboutisme s’est répandu de façon très significative.

Naissance et éducation

Ibn Badis est né à Constantine en 1889. Il a reçu un enseignement traditionnel, et a éprouvé depuis son enfance une passion pour le savoir.

A l’age de 19 ans, il se rendit à Tunis pour poursuivre ses études dans l’école prestigieuse de la Zitouna, là il fut diplômé après quatre ans d’études.

De retour en Algérie, il commença à donner des cours à la mosquée de Constantine, mais de nombreux obstacles l’ont empêché de continuer. En effet, les responsables de culte de la ville de Constantine étaient jaloux et mettaient les bâtons dans les roues afin que ses cours ne se passent pas dans des meilleures conditions.

En 1917, il se rendit à la Mecque pour faire le pèlerinage et il décida de ne plus revenir chez lui car l’acquisition et la diffusion de savoir et beaucoup plus aisée à la Mecque qu’en Algérie.

Mais quatre ans plus tard, il décida de revenir chez lui afin de contribuer à la libération de son pays. Il rencontra juste avant de rentrer Al Béchir Al Ibrahimi et les deux hommes se sont mis d’accord sur une stratégie de libération de l’Algérie.

Ibn Badis l’éducateur

De retour en Algérie, Ibn Badis se consacra à la diffusion du savoir. Il donnait des cours tout au long de la journée ; cela va des sciences éducatives telles: la littérature, l’histoire, la géographie aux disciplines civiques et religieuses. Son action pédagogique ciblait aussi bien la jeunesse, garçons et filles, que les adultes.

Son but au départ était de former un corps enseignant pouvant l’aider à diffuser le savoir dans toute l’Algérie.

Une fois ce corps enseignant prêt, il passa à la deuxième étape de sa stratégie : la création des écoles.

Ibn Badis créa en 1926 la première école primaire arabophone en Algérie. En 1930, il créa l’association de l’éducation et de l’enseignement islamique qui avait pour but de diffuser les connaissances et l’éthique islamique dans la société Algérienne. L’association a fait un travail énorme de formation des jeunes algériens. En 1930, le nombre d’écoles faisant partie de l’association a atteint les 70 écoles et le nombre d’étudiants a atteint les 30000 étudiants.

Ibn Badis le journaliste

Ibn Badis créa en 1925 un journal intitulé « al muntakid » -Le Censeur-, qui avait pour but de montrer les aspects négatifs de la société Algérienne afin de les remédier. Il s’est attaqué dans pas mal d’articles au maraboutisme qu’il considéra en contradiction avec les valeurs musulmanes authentiques.

Il n’a pas hésité dans certains articles de critiquer la politique colonialiste française et d’appeler les algériens à s’unifier contre la colonisation. A cause de cela, le journal a été censuré en 1926.

Il créa un autre journal « achihab » -Le Météore-. Dans ce journal, Ibn Badis a évité de parler de politique, mais mettait en avant ses idées réformistes afin de libérer les algériens des idées mortes qu’ils ont reçus et de rectifier leurs fois. A travers son journal, il a entrepris une vigoureuse défense de la langue arabe et de la liberté du culte.

Ibn Badis : Le réformateur religieux

Ibn Badis a subi l’influence du mouvement salafi réformiste musulman prônant le retour à un Islam purifié de toutes les déformations qui l’ont dénaturé. Ce mouvement a trouvé son inspiration dans la pensée de Jamal Eddine Al Afghani, Mohamed Abdou et Mohamed Iqbal.

Il appelait au retour aux sources de l’islam, tout en évitant le traditionalisme, ceci sans rompre avec les réalités et les défis de son époque.

Cette influence s’est concrétisée par la réforme de la pratique religieuse en Algérie en combattant les pratiques obscurantistes d’un certain nombre de confréries soufis.

Grâce à son talent d’orateur, à son action journalistique, à sa pédagogie, à son esprit d’ouverture et à son contact permanent avec toutes les classes du peuple algérien, Ibn Badis avait plus de succès que ses prédécesseurs : ses idées réformatrices se sont propagées rapidement dans les milieux populaires et le maraboutisme a pratiquement disparu dans les villes vers la fin des années trente.

Ibn Badis et la libération de l’Algérie

Bien qu’oeuvrant loin du champ politique, la contribution d’Ibn Badis à la libération de l’Algérie était très importante.

En luttant pour sauvegarder la personnalité algérienne et éliminer les déformations maraboutiques qui défiguraient l’islam et en faisaient un instrument au service de la domination coloniale, il forma une génération d’hommes bien attachés à leur culture, à leur religion et à leur patrie, conscients des défis de leur époque. Cette génération constitua le noyau dur de la révolution algérienne qui s’est déclenchée cinq ans après son décès.

Paroles d’Ibn Badis:

La nation algérienne n’est pas la France, ne peut pas être la France et ne veut pas être la France.” (Echihab – Avril 1936)

Le peuple musulman, imprégné de principes démocratiques islamiques, ne peut suivre une doctrine qui ne préconise l’évolution humaine que par l’hégémonie d’une race sur les autres. Les principes islamiques sont basés sur l’égalité de tous les êtres humains.” (Déclaration faite le 3 avril 1937 au journal “La Lutte sociale”,organe du Parti communiste algérien).

L’indépendance est un droit naturel pour chaque peuple de la terre. Plusieurs nations qui nous étaient inférieures du point de vue de la puissance, de la science, de la force potentielle et de la civilisation ont recouvré leur indépendance. Nous ne sommes pas des devins et ne prétendons pas – à l’image de ceux qui déclarent que l’ Algérie demeurera éternellement ce qu’elle est – partager avec Dieu la connaissance de l’avenir, De même que l’Algérie a changé à travers l’histoire, de même il est possible qu’elle continue à se transformer.” (Echihab – Juin 1936).

L’islam a libéré l’intelligence de toutes croyances fondées sur l’autorité. Il lui a rendu sa complète souveraineté dans laquelle elle doit tout régler, par son jugement et sa sagesse“.

“(…) Et nous aimons l’humanité que nous considérons comme un tout et nous aimons notre patrie comme une partie de ce tout. Et nous aimons ceux qui aiment l’humanité et sont à son service et nous détestons ceux qui la détestent et lui portent tort.” (El Mountaquid – juillet 1925)

 

Référence: Site officiel d’Ibn badis http://www.binbadis.net

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Le trésor du passé

Posted by wajdi on 31 December 2007

 

 

 

 

Plusieurs gens, lorsqu’ils vont lire le titre de cet article, vont dire : Ah! Il va commencer à parler du passé, ce n’est pas la peine de continuer, on n’a pas de temps à perdre pour lire des histoires, on doit tout d’abord trouver des solutions pour les problèmes qui nous enveloppent.

Cette réaction, tout à fait fausse, peut être justifiée par la méconnaissance du principe qui dit :  « Pour comprendre le présent et construire le futur, il faut aller à l’école primaire ».

Mais, ne vous vous inquiétez pas, pour être admis à cette école, vous n’avez pas besoin ni de préparer les papiers d’inscription ni d’acheter la fourniture scolaire, vous avez seulement besoin d’un

livre et surtout d’un esprit éveillé.

Quelle est donc cette école ? C’est l’école du passé.

Est-ce-que vous savez le premier à utiliser cette méthode pour éduquer les gens et leur montrer le chemin qu’ils devront suivre pour atteindre le bonheur. C’est notre dieu.

On peut remarquer ça à travers le verset Coranique suivant :

{نَحْنُ نَقُصُّ عَلَيْكَ أَحْسَنَ الْقَصَصِ بِمَا أَوْحَيْنَا إِلَيْكَ هَـذَا الْقُرْآنَ وَإِن كُنتَ مِن قَبْلِهِ لَمِنَ الْغَافِلِينَ }يوسف3

« Nous allons te narrer, grâce à la révélation de ce Coran, l’un des plus beaux récits dont tu n’avais auparavant aucune connaissance.

D’ailleurs le tiers du Coran est composé d’histoires.

Et pour mieux comprendre le profit qu’on peut tirer de son passé pour améliorer sa situation actuelle je vais parler de la civilisation islamique et son apport à la civilisation humaine ni pour pleurer ni aussi pour faire l’éloge mais pour répondre à deux questions fondamentales:

Comment les musulmans sont-ils-arrivés à atteindre ce degré de prospérité dans tous les domaines de la vie ?

Quelles sont les causes du déclin actuel qui a poussé beaucoup de gens à formuler des critiques de passivité et de fatalisme contre l’islam?

La réponse à ces deux questions s’obtient facilement en méditant sur le sens de l’affirmation suivante :

« La contribution musulmane à la civilisation humaine a été assurée par des gens dont le génie scientifique a réussi des merveilles harmonieusement liées à une foi sincère en dieu et donc harmonieusemnt liée aux valeurs morales ».

En effet ces gens là ont bien compris le sens de leur existence, ils ont compris qu’ils avaient une mission à accomplir et ils étaient aptes à faire des énormes sacrifices pour être parmis ceux dont le prophète de l’islam a dit à leur égard  « Les meilleurs des gens sont ceux qui sont les utiles aux gens ».

Il existe aussi une loi connue chez tous les juristes musulmans qui dit: « Quand et où il en va de l’intérêt commun, l’action est un ordre divain ». Cette loi était vraiment la base sur laquelle était bâtie la civilisation islamique, et le fait que plusieurs musulmans qui ont excellé dans tous les domaines de la vie étaient en même temps des dirigeants des prières dans les mosquées et parfois des conseillers réputés dans les querelles théologiques témoigne cette réalité, et c’est pourquoi en occident, l’absence de ce principe si évident dans la loi islamique a conduit à un divorce violent entre l’église et l’état.

Finalement, pour illustrer concrètement ce que j’ai dit précédemment, je vais citer l’exemple de deux musulmans qui ont beaucoup influé l’histoire de la science sachant que les apports de la culture islamique à la civilisation humaine sont beaucoup plus vastes.

Le premier est Abou Ali Al-Hussein Ibn Abd-Allah, connu en orient sous le nom d’Ibn Sina et dans le monde entier sous celui d’Avicenne qui fut sans doute le plus grand des médecins de l’orient musulmans.Son ouvrage nommé Règles de médecine fut édité en arabe à Rome en 1593.

Divisé en cinq livres, il comprend la physiologie, l’hygiène, la pathologie, la thérapeutique et la matière médicale. Pendant six siècles, du XIIe au XVIIe siècle, cette oeuvre maîtresse servit de base de’études médicales dans toutes les universités de France et d’Italie. Pendant le XVe siècle, elle connut quinze éditions en latin et une en hébreu. Elle fut réimprimée jusqu’au XVIIIe siècle, et encore au début du XIXe siècle, on la commentait à la faculté de Médecine de Montpellier.

Avicenne composa, en outre, un livre sur les Remèdes pour le coeur et un certain nombres de poèmes sur la médecine. Sa pharmacopée comportait environ 760 drogues…

Le deuxième est Hassan Ibn AL-Haytham. Son traité d’optique a été un événement scientifique de toute première importance. M. Charles estime qu’il fut « l’origine de nos connaissances en optique »

Cet ouvrage traite du lieu apparent des images dans les miroirs, de la réfraction, de la grandeur apparente des objets, de l’usage de la chambre noire qui devait se révéler si important dans la photographie, etc. Les travaux de Hassan Ibn Al-Haytham relatifs aux lentilles grossissantes inspirèrent les recherches de Roger Bacon, de Kepler et d’autres Occidentaux sur le microscope et le téléscope. Critiquant la théorie d’Euclide et de Ptolémée, il donna le premier une description exacte de l’oeil, des lentilles et de la vision binoculaire…

J’espère à travers ce court aperçu vous avoir convaincu sur l’importance d’étudier notre histoire afin de tirer des leçons qui pourront nous éclairer le chemin et nous aider à répandre le bien dans tout le monde et secourir l’humanité en n’oubliant jamais que c’est un ordre divain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le sel dans nos bouches

Posted by islem on 28 December 2007

 

Tu te réveilles un beau matin (ou peut être pas), tu l’accueilles avec un beau sourire et tant de rêves. Tu prépares ton café, et peut être tu cherches un journal à lire pour accomplir ta tâche universelle: connaître les actualités dans le monde. S’y sentir impliquer ou non présente une autre problématique. Et durant tous ces instants magnifiques pour certains et ordinaires pour d’autres, n’oublie pas de remercier Dieu que tu possèdes encore le droit de mettre du sucre dans ton café car il y a des gens dans ce monde qui sont obligés chaque matin de prendre un café bourré de sel, si ce n’est pas à chaque instant de leur vie.

Si tu jouis encore dans ta vie du pouvoir de distinction entre le sel et le sucre, il y a des hommes et des femmes qui ont été privé de ce simple et inné droit sans même avoir besoin de leur couper la langue. Quand on a commencé à apprendre notre langue maternelle (l’arabe), on a acquis la logique de la conjugaison des verbes. A titre d’exemple, on ne peut pas dire il ‘détournent’ la réalité, ‘définissent’ le sens du terrorisme et ‘redessinent’ sur terre les frontières des pays et des cerveaux humains. Mais aujourd’hui cette règle est devenue possible car tout ce conjugue selon la nouvelle loi ‘celle du plus fort’ : le singulier avec la puissance est devenu ‘un pluriel’ à C’est la définition de la démocratie de notre siècle.

Un jour, nous étions les fondateurs de l’histoire, et notre histoire aujourd’hui fond comme un morceau d’iceberg entre nos mains froides et s’évapore pour donner “le droit” aux médias de redéfinir l’histoire et d’énoncer le théorème de “la civilisation de la force” et non celui de “la force de la civilisation”. C’est le même théorème qui a conduit à l’effondrement du royaume de la reine de Palmyre (une oasis du désert de Syrie à 210 km au nord-est de Damas) Zénobie vers 272. Et l’histoire évaporée vient chatouiller nos pieds, enlacer nos oreillers et s’insinuer dans les ports de nos peaux… Mais notre froideur tue toute tentative en oubliant la sueur de ceux qui sont morts pour bâtir Bagdad… Et les Kalachnikovs de ceux qui sont venus pour la détruire.

On écrit toujours des poèmes en sentant le sel qui ravage nos bouches comme il a ravagé un jour Carthage ; une amertume qui cherche à retrouver dans l’art un moyen pour rafraîchir notre conscience, redessiner la réalité déformée et la diffuser dans le monde entier. Peut être on sent le sel qui brûle nos langues fouettés par des cris de renonciations (même instantanés). Mais il faut continuer à écrire, à s’exprimer et à crier même à travers la voie des touches de nos claviers :

« NON ! » pour toutes les atrocités de l’homme sur terre contre Musulmans ou Non Musulmans. En effet, même si tu n’as pas de voix, tu peux crier car il y a plusieurs façons de le faire: écrire c’est crier, s’exprimer c’est crier, aimer son histoire et son identité et les défendre c’est crier.

Je ne vous demande pas de crier à haute voix même si ça nous soulagera, mais d’entendre les cris des autres et de leurs passer le message que nous ne sommes pas sourds à leurs douleurs et oppressions. Pour cela, je vous invite à entendre ces cris différents par le coeur et la raison et à consulter les deux liens suivants :

– Le premier illustre une scène d’un feuilleton Syrien (l’acteur principale est Jamal Suleimane):

http://youtube.com/watch?v=E0JcsDAdMPM&mode=related&search=

Le deuxième est un vidéo clip d’une chanson du chanteur iraquien Kathem al Saher qui s’intitule

« Cowboys and fire » رعاة و نار

http://youtube.com/watch?v=rBhXSgGAFEg&mode=related&search=

J’ai aussi traduit les paroles de la chanson en anglais :

Cowboys and fire

The taste of Euphrates has become bitter

From everywhere it passes and its water flows

And the homeland who suffers from its grieves is being driven to a tomb

Besides, Iraq has his own tears and candles

And it is not a secret that Iraq has secret

He has been torn

And his water is an amalgam of crossed Rivers

Are we really Arabs?

Though, in Iraq death is betrayal

Are we really Arabs?

Though, in Iraq News are shocking

And the war in his law (Bush) is fleeing and coming back to attacking

And betrayal in his law has become a victory.

Because of the poles of power, demolition is continuing

And the obscure scene has not been crossed by the lightening voice of the

Morning’s prayer (Athan of Fajr)

Allah is the Greatest One, Allah is the Greatest One. (Allahu Akbar)

You who is aspiring to violate our Iraq did you find an excuse?

You, who is slandering in our blood,

You’ll find in our chest the courage to get shut

You, who are unconscious of your acts,

Do you really know our names?

And that we have brown foreheads?

And the cicadas had embroidered for our Irakiens a dress of poverty

Without a proof, they attacked us

But the patience of Nations has boundaries

And every tiran in spite of his overshadows: he does have an end

And the darkness is not eternal

History taught those who read it

That oppression is finite

It has also taught those who wrote it

That letters are red

Iraaaaaaaaaaaaaaaq, Iraaaaaaaaq, Iraq

You are the beacon of the glory and still is

We need nowadays a day like Badr’s day

Which will teach those who are pressing dreadfully on our chests

That Iraq is FREEFREEFREE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

We are FREE if only we want it to be. Freedom can’t be a wish but it is an act. {Nous sommes libres si nous voulons l’être. La liberté n’est pas un voeu mais un acte}. Cette idée résume ma pensée sur la notion de la liberté. Et la liberté suprême c’est celle qu’on découvre dans l’Amour d’Allah (Dieu) et dans son obéissance. Quand un jour on peut atteindre cette liberté, on pourrait se libérer de tous nos vices et toutes nos craintes de soi et d’autrui. On aura la bravoure et le courage d’affronter tous ceux qui veulent nous faire croire que la lune était un oiseau et le volcan dérive d’un poisson. Le jour où on retrouve cette liberté, on trouvera la force dans les douleurs de la belle Shéhérazade qu’on flagelle et verse impitoyablement l’urine sur ses blessures… Notre Shéhérazade a oublié l’art de raconter des contes des « Milles et Une Nuit » car personne ne l’écoute et personne ne veut regarder une femme dont le visage a été brûlé.

Shéhérazade n’as pas encore terminé son conte sur le Cow-boy venant de Texas cherchant à voler son or, ses bijoux et sa beauté et la forçant à oublier toutes les belles histoires qu’elle avait un jour racontées. Mais un lendemain, elle se réveillera pour terminer l’histoire inachevée sous la voix de l’appel à la prière de l’aube (‘Fajr’) puis le premier rayon du soleil d’Allah qui unit les coeurs de tous ceux qui cherchent la LIBERTE.

Le jour où on retrouvera cette liberté, nos terres seront libérées.

 

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Numbers and digits

Posted by alhayetamal on 9 December 2007

10+1=11, even a little child at primary school can perform this “simple” mathematical calculation. He can also explain that 10 > 1 because in the first number we have a one on the tens position and in the second number the one is in the units position. But can you convince the little child how it took a very long time for humanity to discover what he consider as a “simple” calculation system. How the Indian was the first to use these digits and to make some relatively big calculation. How Arabs used the same system in the 8th century, developed new mathematical calculation methods and helped it propagating and how it didn’t spread in Europe until the 12th century.

In the Roman numeral system different symbols were used to represent a numerical value. they used I for one, V for five, X for ten, L for fifty, C for one hundred…using these symbols is not adapted for big numbers, in fact representing numbers can become rapidly hard and confusing.

For instance, the number 487 is represented as follow: CCCCLXXXVII. Such representation can not enable using big numbers and does not permit calculations.

On their side, the Indians used only one symbol for every digit and used a positional numeral system to make numbers. In their system, every position has a specific value; the first position on the right is for units the second for tens, the third for hundreds, the forth for thousands…

Using the positional numeral system simplifies too much the representation of numbers. Up to the 6th century, the positional numeral system was used only by the Hindus and the Mayas, therefore they was the only ones able to carry out big mathematical calculations.

But until the year 400, there was no digit representing the naught. To write down the number 408, Hindus put a symbol between the four and the eight to differentiate it from 48, and they called it a hollow. They used to put a dot or a circle in this hollow and then it became a digit, the nought.

In the year 776, after meeting an Indian mathematician and astronomer, the Abbasid caliph, Al-Mansur, ordered to translate numerous books about astronomy and calculations into Arabic. We site as example the book “Sind Hind”. These books helped Arabs to know Indians numbers and the positional numeral system so they started using it. Understanding the new systems needed a lot of effort, but still that it was rapidly spread and used by Arabs.

At the same period, “Al-Khwārizmī”, who is an Islamic mathematician, astronomer and geographer, wrote a little book to explain how to use the Indian system of numeration. He explained the operations of addition, subtraction, multiplication, division and calculating quotients. He also wrote a book about resolving the linear and quadratic equations “al-Kitab al-mukhtasar fi hisab al-jabr wa’l-muqabala” which means “The Compendious Book on Calculation by Completion and Balancing”. This book was first translated into Latin in the twelfth century, and the word algebra is derived from the name of the book.

Thanks to the books of Al-Khwārizmī, the west learnt how to use digits and to make calculations. Note that the word “algorithm” derives from the name of this mathematician.

References :

Shams al-‘Arab tasta‘ ‘ala al-Gharb Arabic translation of the book “Allahs Sonne über dem Abendland” – Sigrid Hunke

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La civilisation islamique: une civilisation d’idées

Posted by chams on 15 August 2007

Chaque culture a sa nature, ses spécificités et ses racines. La littérature populaire peut être révélatrice de quelque unes de ces caractéristiques.

En examinant l’histoire de deux symboles de la littérature arabe et occidentale, on peut se rendre compte des différences fondamentales entre ces deux cultures.

Deux personnages, se sont trouvés seuls, isolés du monde humain, et face à ce vide cosmique, ils ont agit différemment. Il s’agit de Robinson Crusoé et Hay Ibn Yakdhan.

Le personnage de Foé remplit son emploi du temps en construisant des outils lui permettant de survivre et de vivre plus confortablement. Tout son intérêt était tourné vers le monde des choses. Le personnage d’Ibn Tufail passe son temps à méditer et à réfléchir sur des questions existentielles et sur les phénomènes qui se passent dans son environnement.

On peut élaborer à partir de ces deux exemples le constat suivant: la civilisation islamique est une civilisation d’idées alors que la civilisation occidentale est une civilisation de choses. La 1ère est née suite à une révélation, une idée, l’autre est née suite à une révolution technique, industrielle.

Nous allons essayer de montrer dans cet exposé la centralité de l’idée dans la culture islamique.

L’environnement culturel pendant l’ère préislamique dans la péninsule arabe était riche. La poésie était très évoluée et avait une certaine influence sur l’individu de l’époque. Cependant, cette richesse culturelle n’a pas crée une civilisation. Bien au contraire, elle n’a cessé de créer les subdivisions au sein des tribus arabe. La raison est à mon avis que cet univers culturel se concentrait sur les choses et les idoles. Le poète de l’époque n’avait pas d’autre message à transmettre que pour glorifier un bien-aimé ou flatter un homme au pouvoir. Ainsi, l’univers des idées est resté inerte, jusqu’au jour ou dans une grotte, une voix a déclenché sa naissance: « lis, lis au nom de ton seigneur qui t’a crée… »

C’est la révélation du coran qui a crée un nouvel univers : l’univers des idées. Cet univers était centré autour d’une idée maîtresse : l’unicité de dieu. « tawhid ».

La dynamique qu’a crée la révélation du coran dans le monde des idées s’explique ainsi : le croyant n’est pas appelé seulement à travers le coran à croire à cette idée, mais il doit l’imprimer dans son cœur et sa conscience par la méditation et la réflexion afin qu’elle puisse transformer le sens de sa vie. Cette réflexion porte sur les 3 axes suivants : l’homme, l’espace et le temps. Les références coraniques sont nombreuses, on va se contenter ici de citer quelques unes :

“Dans leurs récits il y a certes une leçon pour les gens doués d’intelligence. Ce n’est point là un récit fabriqué. C’est au contraire la confirmation de ce qui existait déjà avant lui, un exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour des gens qui croient.” (1)

“N’ont-ils pas médité en eux-mêmes ? Dieu n’a créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux, qu’à juste raison et pour un terme fixé. Beaucoup de gens cependant ne croient pas en la rencontre de leur Seigneur.” (2)

“Certes la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens, dans l’eau que Dieu fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents, et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela il y a des signes, pour un peuple qui raisonne.” (3)

“Cela ne leur a-t-il pas servi de direction, que Nous ayons fait périr avant eux tant de générations dans les demeures desquelles ils marchent maintenant? Voilà bien là des leçons pour les doués d’intelligence.” (4)

Une idée née et entretenue suite à une réflexion permanente autour de ces trois axes a pu transformer brutalement les passions des croyants de l’époque du prophète sur lui bénédiction et salut. Le monde des choses ne représente plus rien par rapport à la grandeur de l’idée qu’ils défendent. Allahou akbar « allah est le plus grand » avait un sens profond dans leurs cœurs.

C’est la force de cette idée qui a permis à un compagnon du prophète , Bilel Ibn Rebeh, soumis à d’atroces tortures de défier de son index, en le levant témoignant de l’unicité de Dieu, toute la Djahiliya. Elle a permis aussi à un autre compagnon de refuser l’offre de l’empereur de Rome de se convertir au christianisme, à l’encontre de la moitié de son royaume.

Les idées étaient si imprimées dans les coeurs qu’elles mettaient leur note sacrée dans toutes les idées exprimées, dans toutes les attitudes, dans tous lieux aboutissant à des changements sociaux radicaux dans la 1ère société islamique : celle de Médine.

Les tribus arabes longuement déchirées par les guerres les plus sanglantes, se sont réunies autour de l’idée islamique. Ils ont oublié toutes leurs rivalités lorsqu’ils ont répondu au message de l’islam.

La hiérarchie sociale basée sur la richesse et le pouvoir a été remplacée par une société ou la richesse matérielle et le pouvoir représentent des devoirs supplémentaires et non pas des faveurs.

Les discriminations raciales et ethniques ont soudainement disparu : « Il n’y a pas de différence entre un arabe et un non arabe ni entre un blanc et un noir si ce n’est par la piété. »(5)

Après la mort du prophète sur lui bénédiction et Satut, le message de l’islam a été transmis de génération en génération et l’idée fondatrice du tawhid était restée imprimée dans les cœurs des musulmans pendant un certain temps. D’ailleurs, les musulmans ne se sont pas contentés de consommer les connaissances religieuses qu’on leur a transmises. Ils n’ont pas hésité pour comprendre l’essence du message de l’islam de créer de nouvelles sciences religieuses: la jurisprudence, l’exégèse du coran, la science du hadith…

L’apogée de la civilisation musulmane a été atteinte grâce à une génération d’hommes qui ont su imprimer l’idée du tawhid dans leurs cœurs et l’exprimer de la meilleur des façons : par la science.

Le mystique à travers son expérience personnelle transmet son propre cheminement vers la connaissance et l’amour de son créateur. Le philosophe transmet son cheminement intellectuel vers la vérité. L’historien transmet les enseignements des histoires des autres peuples offrant une réflexion par rapport au temporel. L’astronome, le géographe transmettent leurs recherches et réflexions par rapport à l’espace confirmant l’unicité divine.

Cette harmonie dans le monde des idées a duré quelques siècles, après lesquelles l’idée fondatrice a commencé à s’effacer des cœurs et les musulmans se sont contentés de consommer les travaux de leurs prédécesseurs, ce qui a conduit à une décadence progressive de cette civilisation.

On a vu l’univers culturel se réduire au 19ème siècle à des Zaouïas, des magiciens, des chefs religieux. C’est le retour au monde des choses et des idoles qui a marqué le maximum de décadence du monde musulman et son retour au stade pré civilisé.

Bien que l’ère des Zaouïas soit dépassée aujourd’hui, l’idée de l’unicité divine “tawhid” n’est pas encore bien imprimée dans les cœurs des musulmans. Le musulman se trouve déchiré entre deux mondes : le musulman pratiquant qui fait ses prières à la mosquée et sort de là pour devenir le musulman pratique plongé dans un autre univers….

Références:

(1) Sourate Joseph verset 111

(2) Sourate les romains verset 8

(3) Sourate La vache verset 164

(4) Sourate Taha verset 20

(5) Hadith rapporté par Ahmad

 

 

 

 

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Les glaives de l’esprit (2/2)

Posted by chams on 12 July 2007

On s’est interrogé lors de la première partie sur la source de la passion des livres chez les arabes au Xème siècle que Sigride Hunke considéra parmi les évènements les plus étonnants de l’histoire des civilisations.

Nous allons au cours de cet exposé essayer d’apporter quelques éléments de réponse à cette question.

La tradition islamique insiste sur la recherche de la connaissance, un mot qui revient à plus de 800 reprises dans le Coran. A cela s’ajoute une somme importante de références faites par le Coran aux phénomènes célestes et à la question de la création de l’univers.

Toutes ces références traduisent clairement une formule simple : « Plus tu sais, mieux tu crois ».

Cependant ceci ne semble pas expliquer directement la passion des livres chez les musulmans de l’époque. En revanche la raison idéologique la plus profonde de cette passion est me semble-t-il traduite par ce hadith du prophète sur lui bénédiction et Salut: « Nul d’entre vous n’atteindra les hauts degrés de la foi que si sa passion soit conforme à mon message ».

لا يؤمن احدكم حتى يكون هواه تبعا لما جئت به

Ce hadith traduit l’aspect « civilisateur » du message de l’Islam capable de transformer les passions des hommes en forces motrices du développement de la cité…

Etant donné que la science est parmi les bases du message de l’Islam, on peut dégager d’après ce hadith une nouvelle formule : « plus tu crois, plus tu aimes la science ».

En reliant cette formule avec la formule précédente (« Plus tu sais, mieux tu crois »), on peut comprendre le cheminement intellectuel (et spirituel) des musulmans de l’époque:

SAVOIR —->AUGMENTER SA FOI —-> AIMER LE SAVOIR —->SAVOIR

 

En outre, d’autres raisons ont bien contribué à cette passion :

* La langue arabe qui s’est forgée et qui s’est imposée comme un instrument de communication internationale : ce qui a facilité l’échange intellectuel et la transmission du savoir;

*Une société multiculturelle et de droits : ce qui a permis aux non musulmans et aux non arabes de contribuer à cette richesse intellectuelle surtout par la traduction des ouvrages perses, grecs et latins.

* Une volonté politique : qui s’est manifesté par l’encouragement des savants et des traducteurs et par la création des bibliothèques et des foyers scientifiques.

En conclusion, on pourrait estimer que les sources de la passion des livres chez les arabes du Xème siècle sont nombreuses et que leur étude est très importante non pas seulement pour la valorisation de notre patrimoine mais aussi car elle nous permet de nous rendre compte des causes profondes de la paresse intellectuelle qui nous envahit depuis quelques siècles.

 

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Présence islamique au Royaume-Uni

Posted by racine on 22 May 2007

Dans le cadre de ses activités culturelles, EMF Bordeaux a organisé le 28 Avril 2007 la journée de la diversité. Des représentants de différentes communautés dans le campus ont exposé quelques aspects de leurs cultures.
Nous allons vous faire partager l’intervention de Mr Omar Nour un étudiant anglais ERASMUS à Bordeaux, nous transmettons intégralement le texte que nous a proposé Mr Omar.

Je voudrais parler aujourd’hui de la présence islamique au Royaume-Uni parce que la culture musulmane anglaise est, en effet, une mélange de différentes cultures elle-même. Je propose, aussi, de parler de questions qui se posent autour de l’Islam en Grande-Bretagne de nos jours, et les problèmes qu’ils suscitent pour nous les croyants là-bas.
Je vais commencer cette présentation par l’histoire l’islam en Angleterre.Il me semble important de signaler au début que la présence de l’islam en Angleterre ne date pas de la deuxième guerre mondiale comme pense la plupart des gens; en effet, l’Islam a tracé ses liens avec la Grande-Bretagne dès le 8eme siècle, quand le roi de Mercia (qui était un royaume anglo-saxon existant à la fois) a décidé de battre les pièces avec une inscription islamique pour faciliter le commerce avec l’empire musulman en Espagne.
Puis, au Moyen Age, les textes musulmans (surtout ceux de médicine) étaient bien connus parmi les savants anglais – le livre médical de Ibn Sina, par exemple, était une référence pour les étudiants de médicine jusqu’au 17eme siècle.
Un certain John Nelson était le premier anglais enregistré avoir converti à l’islam au 16eme siècle. Deux cents ans après, on apprend du premier grand groupe de musulmans arrivés en Grande-Bretagne; ils furent partie de “The East India Company”/”L’entreprise Est Inde” en tant que marins. Pourtant, ces communautés n’étaient que temporaires (même si la première mosquée au Royaume-Uni a été construite à Cardiff en 1860) .La première communauté qui s’est installée de une façon permanente, peu après 1900, était composée des marins yéménites qui sont arrivés aux ports à Swansea (en Pays de Galles), Liverpool et Newcastle (en Angleterre). Certains d’entre eux ont migrés aux cités intérieures comme Manchester, Birmingham, et Sheffield.
Apres la deuxième guerre mondiale, le Royaume-Uni avait besoin d’ouvriers pour la reconstruction des grandes villes quasiment détruites par le Luftwaffe; comme d’habitude, le problème était celui d’argent. Les autochtones demandaient des salaires moyennes (une demande qui semblait juste), mais étant donné la grandeur des taches et la faiblesse de l’économie de l’époque, c’était tout simplement impossible. La solution était évidente au gouvernement qui avait au bout des doigts un vaste réseau des citoyens du Commonwealth attirés par une apparente amélioration de la qualité de vie, une autonomie économique qui n’était pas possible chez eux, et (le plus important) qui séraient content de travailler pour un salaire plus bas (par rapport à ceux des autochtones). Ceux qui arrivaient, étaient notamment d’origine Sud Asie et des Iles Caraïbes. Evidemment, on est plus intéressé aux communautés Sud Asiatiques – ceux qui, aujourd’hui, font la base de la communauté musulmane. On dirait que jusqu’à 60% (voire 65%) de la population musulmane est originaire de cette zone, alors que le 40% restant se compose des autochtones convertis , somaliens, nigérians, soudanais, malaisiens, bosniaques, albanais, et une communauté de plus en plus forte des kurdes. Récemment, il y avait une croissance étonnante de la population arabe, surtout à Londres et à Manchester, venue principalement de la Libye et l’Egypte, J’espère que ça vous a donné une meilleure idée de la composition de la présence musulmane en Angleterre.
Passant maintenant à la vie quotidienne pour les musulmans en 2007, et plus précisément aux deux sujets dont je voudrais parler. Le radicalisme et les difficultés d’être musulman en Angleterre.
Ca serait très simpliste d’entamer cette partie avec les événements du onze septembre, et surtout ceux du sept juillet, mais la vérité est que le radicalisme a les racines plus profondes. Disant que depuis environ vingt ans, on a témoigné, comme dans le reste de l’Europe, à un changement de génération. L’événement symbolique de ce changement a été chez nous l’affaire Rushdie en 1988, qui a marqué l’insertion dans la vie politique de la génération issue de l’immigration dont j’ai parlé tout à l’heure. Avant, la question de l’islam ne figurait même pas dans le débat politique intérieur, encore moins dans le débat public. Les images passées le plus souvent à la télévision montraient un islam réactionnaire sans aucune profondeur intellectuelle. Heureusement, c’était facile d’écarter ces gens comme une minorité folle, même si après on a dépensé beaucoup de temps et d’efforts pour restaurer l’image de l’islam. Néanmoins, le terrain était préparé pour les radicalistes et les islamophobes de la même façon, de nos jours.
Les attentats de l‘onze septembre et sept juillet n’ont servi qu’à aggraver le situation, car ces fois-là, on ne pourrait pas justifier les événements, quelque chose qui nous a rendu toujours à la défensive et ouvert aux assauts des islamophobes. De leur part, les radicalistes ont profité de la liberté d’expression et des medias qui sont toujours prêts à rapporter les histoires les plus choquantes pour montrer leurs messages de haine et pour transmettre un islam tordu. Par exemple, le Hizb-ut-Tahrir (dont je vais montrer une vidéo prochainement) ; un certain nombre de musulmans ont demandé au gouvernement britannique d’interdire cette organisation, une demande à laquelle il n’a pas répondu. Il y a deux thèses a l’intérieur des communautés musulmanes : i) qu’il s’agit d’un jeu du gouvernement avec ces partis-là pour justifier sa politique sécuritaire , ou, ii) qu’ils font partie du champ légitime et qu’il faut qu’ils puissent s’exprimer. Je comprends que, en tant que pays de refuge pour les activités politiques, c’est difficile d’arrêter quelqu’un ou une groupe préventivement, mais ces groupes font énormément de bruit au champ public qui est souvent montrer comme exemple de l’islam en Angleterre aujourd’hui, non seulement par les medias anglais, mais aussi par les medias internationaux, comme cette extrait de la télévision française.
Le problème, comme toujours, est celui d’argent. Ces groupes sont souvent financés de l’argent saoudite, et, qu’il est évident avec l’affaire de la vente des armes à l’Arabie saoudite l’année dernière (quand Tony Blair était accusé d’avoir profité directement, quelque chose qui est bien sur interdite pour les chefs d’état) ce pays est capable d’exercer beaucoup d’influence au niveau économique, donc il est vu comme un allié (et est ainsi protégé) plutôt comme un ennemi, et donc, le flot d’argent n’est pas interrompu.
L’autre problème principal, c’est que le problème susmentionné du radicalisme mette en pleine vue, ou plus précisément, sous l’inspection minutieux, les vies quotidiennes de la majorité des autres musulmans, du coup d’une suspicion dans la société britannique, même s’il y a de la part des autorités des précautions pour distinguer entre les individus dangereux et les communautés musulmanes pacifiques. Les cibles pour ces suspicions sont évidements ceux qui sont le plus évident et le plus facile à cibler ; malheureusement, ça veut dire nos sœurs. Nous avons déjà entendu des affreux exemples des sœurs qui ont été rejetées aux entretiens a cause de la voile, et, encore pire, d’une sœur qui a subi une agression sexuelle il y a deux mois dans un jardin public (en Ecosse) pour la simple raison qu’elle était musulmane. Le prochain clip que je vais montrer est la première instance qu’une telle histoire a tient le niveau national. Il avait lieu il y a trois ans.
Je ne sais pas quoi est le plus inquiétant ; le fait que l’accusée est une femme, ou le fait qu’elle est noire (un peuple que l’on attend de la compréhension de notre situation, ayant été persécuté lui-meme pendant 300 ans). De toute façon, j’espère que ça vous a montré la mesure et la profondeur à laquelle la société britannique se méfie de la communauté musulmane.

Je voudrais conclure en disant que l’avenir pour les musulmans en Grande-Bretagne peut encore être un avenir plein des espoirs. Nous attendons la mois prochaine la démission des responsabilités de Tony Blair, et il est probable que Gordon Brown, un homme qui a déjà dit qu’il voudrait s’éloigner des Etats-Unis et qui a visité l’Afrique pour les raisons humanitaires (quelque chose que M. Blair n’a jamais fait), serait le successeur. On espère que M. Brown a une meilleure compréhension des besoins de la communauté musulmane et sa volition de vivre et faire partie d’un Royaume-Uni paisible.

Omar Nour

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